;;*és Wr^^anB 1^* w^^ mÊ Bibliothèque botanique EMILE BURNAT Cïalalotfu*; !\l" •Provient de X \. Livres provenant de la bibliotlièque botanique (l'Emile Burnat (1828-1920), insérés en octobre 1920 dans la hibliolhèqne du Conservatoire botanique de (lenève, conformément à l'Acte de donation d'Kmile Burnat en date des 21 et 25 jauvier 1911, § V. DU 0OW8BBV4TOIEB n m r r SOCIETE BOTANIQUE DE FRA^i'CE Paris. - liiiininienc île L. Mautinki, 2, rue Migi ion . BULLETIN DE LA SOC [ÉTÉ BOTANIOIIE DE FRANCE FONDÉE Lt; 23 AVRIL 18 5/4 TOME DEUX[EME ■jbf. W VOK.K >^«>i-»,nk:aLi . — >« !■ PARIS AU BUREAU Dlî LA SOCIETE RUK DU VIELX-COLOMBIER , 24 1 8;)5 M anr^l''^^'' ""^ ^^ BIBLIOTHEQUE ©X7 OOKSERVATOIRa BOTA.NIQUE DE GENEVIÎ VENDU EN 1922 LfSTE DES MEMBRES .::'^ DE J,A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DÉ FRANCE (MARS 1855). AC4RD (A.), pharmacien , à Rugles (Eure). AMBLARD (Louis), rue de Madame, Zi3, à Paris. AVICE DE LA VILLEJAIV, rue du Bac, 3h, à Paris. BAILLON (H.), interne des hôpitaux, à la Salpêlrière, à Paris. BALAA'SA (B.), nie Suger, 1, à Paris. BALL John), membre du parlement britannique, Siephen-Greens, à Dublin (Irlande). BARAT, professeur au lycée Impériald' Alger. BARRAU (Adolphe de), docteur en médecine, à Carcenac, près Rodez (Aveyron). BAtiDRlMOXT, pharmacien en chef de l'hospice Sainte-Eugénie , rue du Dragon. Zi5, à Paris. BALDRY (Frédéric), ancien bibliothécaire de Tinstitut agronomique, rue de la Paroisse, 12, à Versailles. BEAUTEMPS-BEAUPRÉ (CHARLES), substitut du procureur impérial, à Cher- bourg (.Manche). BILLOT (Charles), professeur au collège de Haguenau (Bas-Rhin). BLAIVCIIE (Isidore), vice-consul de France à Tripoli (Syrie). — (Correspondant à Paris: M. Puel, boulevard Beaumarchais, 72). BOISSIER (Edmond), à Genève (Suisse). BOXAl'OS PÈuE, docteur en médecine, rue Porle-de-l'Assaut, 2, ù Perpignan, j B0M10\!A1E (Jules), naturaliste, à .Milliau (Aveyron). BORDÈRE, instituteur primaire, à Gèdres, près Luz (ilaules-Pyrénées). BORXET (EDOUARD), rue de la Calandre, 27, à Paris. BOLCIIARDAT, professeur à la Faculté de médecine, à l'Hôtel-Dieu, à Paris. BOUDIER, pharmacien, à Montmorency (Seine-et-Oise). Oj BOEIS (de;, docteur en médecine, rue Saint-Louis, /i/i, au .Marais, ù Paris. 21 BOELOEMIÉ (LOUIS), rue du Vieux-Raisin, 26, a Toulouse. , BOERGKAIJ (Emile), naturaliste voyageur, rue Saint-Claude, lli, au Marais, k t-- Paris. CTj B0ERGEIG\AT, préparateur à la chaire de paléontologie du I\Iuséuni, rue Saiiit- ■^ (Uiillaume, 2, à l'aris. ij SOCIÉTÉ BOTANIQUE DR FRANCE. BOUTEILLE, à Magny-en-Vexin (Seine-et-Oise). BOUTEILLEU (Ed.), professeur à Provins (Seine-et-Marne). BOLTIGIVY, garde général des forêts, à Lourdes (Hautes-Pyrénées). BRICE (Georges), clief de bureau au ministère de la maison de l'Empereur, rue des Écuries-d'Artois, 13, à Paris, BRIMOIVT (le b;iron DE), rue de Grenelle-Saint-Germain, 53, à Paris. BROIMDEAU (Louis de), à Reignac, commune de Moirax, près Agen (Lot-et- Garonne). BRONGNIART (ADOLPHE), membre de TAcadémie des sciences, etc., au Jardin des Plantes, à Paris. BROU (l'abbé), curé à Oulins, par Anet (Eure-et-Loir). BRUTELETTE (B. DE), à Abbeviile (Somme). BUREAU (Edouard), rue Madame, 60, à Paris. CADET DE CHAMBIiVE (EDMOND), rue du Faubourg-Poissonnière, 31, à Paris. CAILLETTE DE L'HERVILLIERS (Edmond), membre de l'Institut historique de France, rue Vavin, 6, à Paris. CALLAY (A.), pharmacien, au Chêne (Ardennes). CALMEIL (le docteur), médecin en chef de la maison impériale de Charenton, près Paris. CAROIV (Henri), à Bulles (Oise). CARUEL (T.), au musée d'histoire naturelle de Florence (Toscane); "( CAVENTOU (Eugène), rue Gaillon, 20, à Paris. CHASTANET (A.), à Mussidan (Dordogne). CHATUM (A.) , professeur à l'École de pharmacie , rue du faubourg Sainl- Ilonoré, 208, à Paris. CHAVIX (l'abbé), curé à Compesières, près Genève (Suisse). CHEVALLIER, clief d'inslilulion, rue Villeneuve, 12, à la Rochelle. CHOIS Y (le professeur), à Genève (Suisse). CLARIIVVAL, colonel d'artillerie, à Metz. CLOS (D.), professeur à la Faculté des sciences, au jardin botanique, à Toulouse. Membre à vie. COMAR (Ferdinand), élève en pharmacie, rue de Poissy, 1, à Paris. COMTES le baron Gustave de), maison Laurencin, à Nice (États sardes). COSSOM (Ernest), docteur en médecine, rue du Grand-Chantier, 12, à Paris. COURTAUT (Henri), sous-chef à l'administration des Domaines, rue de l'Ouest, 35, à Paris. CROUAIV (Hippolyte), pharmacien, rue de la Fraternité, 6, à Brest. CUIGiMEAU (Th.), docteur en médecine, Allées-Damour, 16, à Bordeaux. DAEMEN (l'abbé), aumônier de la chapelle Saint-Louis, à Dreux (Eure-et-Loir). DARRACQ (Ulysse), pharmacien, à Saint-Esprit (Landes). DARRIEUX (ARSÈiNE) , docteur en médecine, maire de Sainl-Jean-Pied-dc-Port (Basses-Pyrénées). DAUDIM (H.), propriétaire, à Pouilly, par Méru (Oise). DEBEAUX (Odon), pharmacien aide-major, à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris. DECAISIV'E (J.), membre de l'Académie des sciences, etc., au Jardin des Plantes, à Paris. LISTE DES MEMBRES. llj DE CAIVDOLLE (ALPHONSE), à Genève (Suisse). DELASTRE, rue de l'Hospice, 23, à Poitiers. DELAUNAY, manufacturier, à Tours. DELESSERT (FRANÇOIS), membre de l'Académie des sciences, etc., rue Mont- martre, 172, à Paris. DELOIVDRE (AUGUSTE), à Graville-Havre (Seine-Inférieure). DELOI\DRE (Augustin), rue des Juifs, 20, à Paris. DERBÈS, professeur à la Faculté des sciences, rue des Minimes, 10, à Marseille. DEROLET, membre du conseil général d'Iudre-et-Loire, rue des Fossés-Saint- Georges, à, à Tours, et rue Gbabannais, 1, à Paris. DES MOULllVS (Ch.), membre de plusieurs académies, rue etliùtel de Gourgues, à Bordeaux. DORVAULT, pharmacien, rue de la Vrillière, 10, à Paris. DOUMET (E.), député au corps législatif, maire de Cette (Hérault). DOURS, docteur en médecine, à Péronne (Somme). DOVERGIVE, pharmacien, à Hesdin (Pas-de-Calais). DUBOC (EDOUARD), rue des Gobelins, 27, Ingouville, au Havre (Seine-Inféricme). DUBY (le pasteur), à Genève (Suisse). DUCHARTRE (P.), docteur es sciences, rue de Sèvres, lu, à Paris. DUCLAUX, vice-président du tribunal civil, à Laval (Mayenne). DUCOUDRAY-BOURGALLT (L.-H.), rue Cambronne, 2, à Nantes. DUFOUR (LÉON), à Saint-Sever-sur-Adour (Landes). DUHAMEL, employé au ministère de la Guerre, rue Saint-Honoré, oOl, à Paris. DIJM0L1I\I(J.-B.), à Saint-Maurin, par Puymiiol (Lot-et-Garonne). DUNAL (FÉLIX), professeur à la Faculté des sciences de Montpellier. DUPUY (l'abbé), professeur d'iiistoire naturelle au petit séminaire d'Auch (Gers). DURIEU DE MAISOIVIMEUVE, directeur du nouveau Jardin des Plantes, allée des Noyers, 28, à Bordeaux. DUSACQ, libraire-éditeur, rue Jacob, 26, à Paris. DUVAL-JOUVE, inspecteur d'Académie, rue des Veaux, 3, à Strasbourg. ÉLOl DE VICQ (LÉON), place de la Placetle, à Abbeville (Somme). FABRE, professeur d'histoire naturelle au lycée d'Avignon. FAIVRE, docteur en médecine, professeur au collège Stanislas, rue Bonaparte, 72, à Paris. FAUCIIIER (P.), pharmacien, à Nérondcs (Cher). FAIE (LÉON), conseiller à la Cour impériale de Poitiers. FÉE, professeur d'histoire naturelle à la Faculté de médecine de Strasbourg. FÉRALD (Hippolyte) , percepteur des contributions directes, à Carpentras (Vaucluse). FERMOND (Charles), pharmacien en chef de la Salpêtrière, à Paris. FOI^TÈS, docteur en médecine, rue du Bouloi, 17, à Paris. FOVll.LE (Achille), interne des hôpitaux, à la Salpêtrière, à Paris. FRAIVQUEVILLE (Albert de), rue Palatine, 5, à Paris, et au château de Bisanos, par Pau (Basses-Pyrénées). GAILLARDOT (G.), médecin de l'hôpital de Saïda (Syrie). — (Correspondant à Paris : M. Piiel, boulevard Beaumarchais, 72.) iv SOCIÉTÉ BOTAINIQIK DE FRANCE. GAY (Claude), boulevard Bonne-Nouvelle, 25, à Paris. Membre « vie. GAY (Jacques), rue de Vaugirard, 36, à Paris. GEXTlLHOMiVIE (E.), pharmacien à Plombicres-les-Bains (Vosges). GERMAIN DE SAINT-PIEURE, docteur en médecine, rue Pavée-Saint- André, 3, à Paris. GIDE (CAsmiR), libraire-éditeur, rue Bonaparte, 5, à Paris. GIRALDY, boulevard Chave, 90, à Marseille. GODROM, doyen de la Faculté des sciences, rue de la Monnaie, Zi, à Nancy. GOGOT, docteur en médecine, rue des Trois-Pavillons, h, à Paris. GOi\OD Eugène), élève en pharmacie, rue de Sorbonne, 20, hôtel RoUin, à Paris. GONTIER, docteur en médecine, rue Saint-Honoré, 36Zi, à Paris. GRAVES (Louis), directeur général des forêts, rue de Verneuil, 51, à Paris. GRENIER, professeur à la Faculté des sciences, rue de la Préfecture, Ih, à Besançon. GROENLAND (JiiAN), rue d'Enfer, 19, à Paris. GLBLER, agrégé à la Faculté de médecine, rue de Seine, 12, à Paris. GLÉPIN, docteur en médecine, rue des Lices, 11, à Angers (Maine-et-Loire). GLEYDON DE DIVES, à Mansac, par Saint-Aslier (Dordogne). GLIDI (Louis), à Pesaro (États de rÉglise). GLILLON (ANATOLE), contrôleur des contributions indirectes, rue de la Tour, 71, à Passy, près Paris. GUYOT-RESSIGEAC (CHARLES), capitaine d'artillerie, à Grenoble. HÉNON, interprète militaire, à Biskra (Algérie). HENNECART, ancien député, rue Neuve-des-Mathurins, 61, à Paris. HÉRÉTIEU, inspecteur des contributions directes, à Montauban (Tarn-et- Garonne). HÉRICART-FERRAND (le vicomte), rue Sainle-Calherine-d'Enfer, 1, â Paris. HÉRINCQ, attaché au Muséum d'histoire naturelle, rue Guy de la Brosse, 11, à Paris. HERLING (A.), rue des Petites-Ecuries, 53, à Paris. ÎIOORER (sir William), au jardin botanique de Kew, près Londres. HOWARD (John Elliot), à Tottenham, près Londres. HUBERT, pharmacien, à Brest (Finistère). HUGLENIN (AUGUSTE), à Chambéry (Savoie). IRAT (Albert), substitut du procureur impérial, à Cahors (Lot). JACQL'EL (l'abbé), curé à Liezey, canton de Gérardmer (Vosges). JAÎMAIN (A.), docteur en médecine, rue de Savoie, 13, à Paris. JAUBERT (le comte), ancien ministre, rue Saint-Dominique, 67, à Paris, et au domaine de Givry, par La Guerche-sur-Aubois (CherJ. .JORDAN (ALEXIS), rue Basseville, 10, à Lyon. JOUFFROY-GONSANS (M. DE), rue de la Préfecture, 20, à Besançon, et à Paris, nie de rAncionnc-Comédie, 21. JOUVIN, professeur à l'Ecole de médecine navale, rue Saint-Louis, 88, à Hoche- fort-sur-nier (Charcnlc-Inférieuro). LISTE DES MEMBRES. V JLLLIEN-CROSMER, conservaieur du Jardin des Plantes, rue d'illiers, 5/i bis, à Orléans. KIRSCHLEGER, professeur à l'Ecole supérieure de pharmacie de Strasbourg. KRESZ, docteur en médecine, rue des Bourdonnais, IZi, à Paris. LABOURET (J.), liôtel de l'ancienne sous-préfecture, ù Ruffec (Cliarenle). LACROIX (l'abbé de), à Saint-Romain-sur-Vienne, par les Ormes (Vienne). liAGRAXGE, docteur en médecine, rue des Francs-Bourgeois, l/i, au jMarais, à Paris. LAGRÈZE-FOSSAT (ADRIEN), avocat, à Moissac (Tarn-et-Garonne). LAlSiMÉ (A. -M.), ancien principal du collège, à Avranches (Manche). tiAMBERTYE (le comte Léonce de), à Chaltrait, par Montraort (Marne). LAMIABLE (G.), rue de l'Est, 23, à Paris. LAMOTTE (M.), pharmacien, à Riom (Puy-de-Dôme). LA PERRALDIÈRE (llENRi DE), rue du Cornet, 2/i, à Angers. LAPORTE (Edmond), boulevard de l'Étoile, 38, aux Thèmes, près Paris. LARAHIBERGUE (Henri de), à Castres (Tarn). LAREVELLIÈRE-LÉPEAIJX, au Gué du Berger, à Thouarcé (Deux-Sèvres), LASÈGL'E (A.), conservateur des collections botaniques de M. François Dclcssert, rue Montmartre, 172, à Paris. LAVAU (Gaston de), rue du Bac, 97, à Paris. LAVERNELLE (OscAR DE), hôtel de la préfecture, à Besançon. LEBAIL, docteur en médecine, au Mans. LEBEL (E.), docteur en médecine, à Valognes (Manche). LEBEUF (Ferdinand), pharmacien, à Rayonne (Basses-Pyrénées). LEBLANC, ancien ingénieur en chef des ponts et chaussées, rue du Oindre, 1, à Paris, LECLÈRE (Louis), chez M. Léon Denouette, à Montviller, près le Havre (Seine- Intérieure). LECOQ (Henri), professeur d'histoire naturelle, à Clermond-Ferrand (Puy-de- Dôme). Membre à vie. LEGRAND (de l'Oise), ancien député, rue Richepanse, 7, à Paris. LEGUAY (LÉON), inspecteur des jardins impériaux, rue du Cherche-Midi, 17, à Paris. LE MAOLT, docteur en médecine, quai de la Tournelle, 33, à Paris. LE\ORMA\T (François), rue Neuve-des-Pelits-Champs, 14, à Paris. LE PRÉVOST (Auguste), membre de l'Institut, à Bernay (Eure). LEROLV DE BRETAGNE, avocat, rue des Saints-Pères, Gl, à Paris. LESPIAULT (I\l.), peintre d'histoire naturelle, à Nérac (Lot-et-Garonne). LESPIXASSE (Gustave), agent de change, rue de l'Intendance, 9, à Bordeaux. LESTIBOLDOIS, conseiller d'État, rue de la Victoire, 92, à Paris. LEVENT, ancien pharmacien, place du Palais-de-Juslice, 16, à Reims (Marne), LIIÉRITIER, docteur en médecine, rue de la Victoire, 8, à Paris. LO:\IliARI) l-',), place d'Armes, li, à Dijon, LORIÈRE (Irénée de), rueChanoincsse, 12, à Paris. VI SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. LORT-MIALHE (de), à Narbonne (Aude). Membre à vie.- LOYSEL (François-Charles), rue Mazarine, 3, à Paris. MACKE1\IVA (Benjamin Vicunna), au Chili. — (Correspondant à Paris: M. Charles Valder, passage de la Madeleine, Zi.) MAILLARD (Adguste), rue Saint-Suipice, 1, à Paris. MAILLE (Alphonse), rue Madame, 1, à Paris. MAMESCAU, ancien représentant, à Pau (Basses-Pyr/>, à Lille. MENIERE (le docteur), médecin de rétablissement des sourds-muets, à Paris. MICIIALET (Eugène), à Dôle (Jura). MIERGEES (Auguste), docteur en médecine, à Anduze (Gard). MILLET (C. ), inspecteur des forêts, rue Castiglione, l/i, à Paris. MOi\ARD (P.), ancien médecin en chef des armées, conservateur du jardin bo- tanique, rue de TÉvêclié, 25, à Metz. MONIIV, docteur en médecine, à Blois (Loir-et-Cher). M01\TAG1\E (Camille), membre de l'Académie des sciences, etc., rue des Beaux- Arts, 12, à Paris. MOQUilV-TAIVDOiX, membre de l'Académie des sciences, etc., rue de l'Est, 2, à Paris. MOEGEOT père, docteur en médecine, à Bruyères (Vosges). MOERA-BOUROUILLOU (B.), docteur en médecine, rue de la Fontaine-Molière, 33, à Paris. MLIVBY (G.), à Oran (Algérie). NOÉ (le vicomte de), rue du Bac, 102, à Paris. 1\0ULET, professeur à l'École de médecine, rue du Lycée, 8, à Toulouse. PARISOT (Louis), à Belfort (Haut-Rhin). PARLATORE (PHILIPPE), professeur de botanique au Musée grand-ducal d'his- toire naturelle de Florence (Toscane). P.îRSEVAL-GI\A\DMAISO.\ (JuLES DE), avocat, aux Perrières, près Màcon (Saône-et-Loirc). \3i^ LISTE DES MEMBRES, VI} PASSY (Antoine), ancien député, rue Pigale, 6, à Paris. PAYER, membre de T Académie des sciences, etc., rue SaintTHyacinlhe-Saint- Michel, 6, à Paris. PENCHIIVAT (Charles), docteur en médecine, à Port-Vendres (Pyrénées-Orien- tales). PERRIO (Francisque), à Napoléonvilie (Morbihan). PERROTTET, à Pondicliéry, — (A Paris, rue Montmartre, 172). PERSOMVAT (Camille), rue d'Étigny, 20, à Aucli (Gers). PERSONIVAT (Victor) , employé des contributions indirectes , au canal de Béziers (Hérault). PETIT (Guillaume), membre du conseil général de l'Eure, à Louviers (Eure). PETIT (V.), docteur en médecine, à Hermonville, près Reims (Marne). PEUJADE (Ulysse), docteur en médecine, à Najac (Aveyron). PLA1\CII0N (J.-E.), professeur suppléant à la Faculté des sciencesde [Montpellier. POMMARET (E. de), à Agen (Lot-et-Garonne). POUCHET ^Eugène), à Saint-Michel-de-la-Haie, par Bourgachard (Eure). PRILLIEUX (Edouard), rue de la Ville-l'Évêque, hh, à Paris, PUEL (Timothée), docteur en médecine, boulevard Beaumarchais, 72, à Paris. QUESTIER (l'abbé), curé, à Thury en Valois, par Betz (Oise). RABOTIN, pharmacien, à Fontainebleau (Seine-et-Marne). RAMEUR (P.), docteur en médecine, àSainl-Christophe-sur-le-Nais, parlNeuilIé- Pont-Pierre (Indre-et-Loire). RAMOXD, directeur des douanes, au Havre (Seine-Inférieure). RASCO\' (Martin-Jose), à Mexico. — (Correspondant à Paris : M. O'Brien, rue Mogador, U). RATIER (l'abbé), professeur au petit séminaire, rue de l'Esquille, 1, à Toulouse. RAULIN (Victor), professeur à la Faculté des sciences, rue Croix-de-Seguey, 87, à Bordeaux. REVEIL, agrégé à l'Ecole de pharmacie, à l'hôpital de Lourcine, à Paris. REVELIÈRE (EUGÈNE), rue des Payens, à Saumur (Maine-et-Loire). REl fils, à Saint-Amand-Montrond (Cher). ROBERT (Eugène) , docteur en médecine, à Bellevue, près Meudon (Seine- et-Oise). BOBIi\, ancien ingénieur divisionnaire des ponts et chaussées, rue de la Victoire, 73, à Paris. ROQUE' DE SAIXT-PRÉGIVAIV , sous-inspecteur des forêts, rue Royale, 8, à Paris. ROUMEGUÈRE (Casimir), secrétaire en chef de la sous-préfecture, rue du Fau- bourg-Saiiit-Etienne, i9, à Toulouse. ROUSSEL (le docteur), rue des Fossés-Saint-Jacques, 26, à Paris. ROYS (le marquis de), ancien élève de l'École polytechnique, rue de Verneuil, 53, à Paris. SAI\TI\E (X.-B.), rue Cadet, 3, à Paris. SAUBIMET aîné, membre de l'Académie impériale de Reims (Marne). VllJ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SALLCY (de) , membre de l'Institut, etc., place Saint-Thomas-d'Aqnin, à Paris. SAUZÉ (C), docteur en médecine , à la Mothe-Saint-Ucraye (Deux-Sèvres). SAVATIER (Alexaîndre), de Chéray (Ile d'Oléron), docteur en médecine, à Beauvais-sur-Matha, par Alatlia (Charente-Inférieure). SAVATIER (Ludovic), de Saint-Georges (Ile d'Oléron), chirurgien de la marine, au port de Rociieforl-sur-mer (Charente-Intérieure). SAVI PiETRO;, professeur de botanique, à Pise. SCHUIPER (W.-P.), conservateur du Musée d'histoire nalurelle de Strasbourg. SCIIŒIXEFELD (VV. DE), rue delà Ferme-des-Mathurins, 30, à Paris. SERIIVGE, professeur à la Faculté des sciences de Lyon. SERRES, colonel d'artillerie en retraite, à la Roche-des-Arnauds , près Gap (Hautes-Alpes). SERRES (Hector), pharmacien, à Dax (Landes). SOtBEIRAN (Léon), agrégé à l'Ecole de pharmacie, quai de la Tournelle, hl, à Paris. SPACII (Edouard), garde de la galerie de botanique du Muséum d'histoire na- turelle, au Jardin des plantes, à Paris. TCIIIIIATCIIEF (P. de), membre de l'Académie des sciences de Berlin, etc., rue de la Paix, hôtel Mirabeau, à Paris. TIIIBESARD, fondé de pouvoirs du receveur général à Laon (Aisne). TII0:\Il»S01\l (le docteur), à Kew, près Londres. THLRET (Gustave), rue Napoléon, 18, à Cherbourg (Manche). TILLETTE DE CLER!W01\T-T0\'^'ERRE (le baron), député au Corps légis- latif, à Abbeville (Somme). TIMBAL-LAGRAVE, pharmacien, rue Pargaminière, 8Zi, à Toulouse. TISSEUR (l'abbé), missionnaire, aux Chartreux, à Lyon. TITOIV, docteur en médecine, à Soudron, près Chàlons-sur-Marne (Marne) TOCQUAIiVE (Adolphe), à Remiremont (Vosges). TRAC Y (de), ancien ministre, rue d'Anjou-Saint-IIonoré, ^8, à Paris. TRÉCUL (A.), rue Cuvier, 20, à Paris. TLfiASl\E(L.-R.), membre de l'Académie des sciences, etc. , rue de Vaugirard, 73, à Paris. VAIVDERÎVIARQ, rue de Lille, 76, à Paris. VIAUD-GRA1NDMARAIS (Ambroise), étudiant en médecine, rue de l'Abbaye, 8, à Paris. VILLIERS DU TERRAGE (le vicomte de), ancien pair de France, rue Racine, 8, à Tours. VILMORIM (L.), quai de la Mégisserie, 28, à Paris. VVATELET (Ad.), professeur, oUlcier d'Académie, à Soissons (Aisne). WEDDELL (H. -A.), docteur en médecine, aide-naturalislc au Muséum, rue de Poissy, 1, à Paris. \VEGillAI\IV (Fernand deI, rue de Clicliy, Z|5,à Paris. WEISS-SCIIEUMBERGER, ù Muliiousc (Haut-Rhin). Paris. — Imprimerie de L, WAttTinET, rue Mignon, 2- SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SÉANCIi DU 5 JANVIER 1855. PRÉsrDKXCE DE M. AD. BRONGNIART. 31. de Schœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 22 décembre 185Zi, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, 31. le Président proclame l'admission de : 31. GoNOD (Eugène), élève en jiharmacie, rue Ilautefeuillc, 11, à Paris, présenté par 3131. Lecoq et Lamotte. 31. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. Dons faits à la Société. 1" De la part de 31. V. Raulin, de Bordeaux : Essai cVune division de l'Aquitaine en pays. Essai d'une division de la France en régions naturelles et botaniques. 2° De la part de 31. Ch. Laterrade, de Bordeaux: Observations relatives à l' accroissement en diamètre des arbres des Dicotijlés. 3° En échanue du Bulletin de la Société : Thedenius, Nija Botaniska Notizer (Journal de Botanique en langue suédoise), 185^. Mémoires de la Société impériale des sciences naturelles de Cherbourg, tome T, 183^. Bulletin des travaux de la Société d'horticulture de la Seine, no- vembre 185/i. T. 11. 1 2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FKANCE. Coiit'oi-méineiil à l'art. 28 du Règlement, M. le Président l'ait con- naître à la Société les noms des membres des diverses commissions nommées par le conseil, pour l'année 1855, dans sa séance du "29 décembre dernier. Ces commissions sont composées de la ma'niére suivante : 1° Commission de complabilitc, chargée de vérifier la gestion de M. le trésorier : MM. le baron de lîrimont, Gay et Gj-aves. 2° Commission des archives , chargée de vérifier la gestion de 31. l'archiviste : MM. Cliatin, Germain de Saint-Pierre et Moquin- Tandon. Z° Commission permanente du Bulletin : MM. Lasègue, Mocjuin- ïandon et AVeddell. M. le Président annonce (jue, par suite du tirage au sort ([ui a été l'ait le 29 décembre dernier, les membres du conseil qui doivent être remplacés cette année, sont : MM. Chatin, Maille, Montagne et Tulasne. On procède ensuite à l'élection du Président pour l'année 1855. M. J. Decaisne, ayant obtenu 99 sutï'rages sur 138, est proclamé président de la Société pour l'année 1855. La Société nomme ensuite successivement : F/ce-/)reW6'w/A; MM. Antoine Passy, VVeddell, le comte Jaubert et Montagne. Membres du conseil: MM. Gay, Ad. P)rongniart, Fr. Delessert, le baron Tillette de Clermont-Tonnerre, Moquin-Tandon , Lasègue et E. Le Maoul. Il résulte de ces nominations, (|ue le bureau et le conseil d'adnii* nistration de la Société se trouvent composés, pour l'année 1855, de la manière suivante : Président. M. .1. Decaisne. Vice-prcsidcntf MM. le comte .lauber Montagne. 31M. Antoine Passy- Weddell. SÉANCE DL 12 .lAiNVlER 1855, 3 Sccrcloires. 3IM. DuchurUe. de Schœud'cld. Trésorier. M. Cciillelle de l'Hervilliers. Vicc-scrrélaires. 31 M. E. Cossoii. T. Puel. Archiviste. M. de Bouis. Membres du conseil. MM. Bouchardal. le baron de Brimonl. Ad. Brongniart. Fr. Delessert. J. Gay. Germain de Saiiil-Pierrc. Graves. MM. Lasègiie. E. Le Maout. Moquin-Tandon. le vicomte de Noé. le JDaron Tillette de Cler- mont-Tonnerre. Avant de se séparer, la Société vote des remercîments unanimes à M. Ad. Brongniart pour le dévouement avec lequel il a bien voulu présider à sa fondation et diriger ses travaux durant la première année de son existence. SÉANCE DU 12 JANVIER 1855. PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. 31. de Scliœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 5 janvier, dont la rédaction est adoptée. Par suit(! de la présentation laite dans la dernière séance, iM. le Président proclame l'admission de : M.DoRVAULT, pliarmacien, rue de la Vrillière, à Paris, présenté par MM. Decaisne et Ducbartre : M. le Président annonce, en outre, cinq nouvelles présentations. Dons [ails ci la Société : 1° Par M. Decaisne: Histoire et culture de i'/(/name de la Chine, 185/i. x^oliec histuf'tque sur Adrien de Jufisieu, 185/i. h SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 2" Par 31. Léon Soubeiran : Des applications de la Botanique à la Pharmacie, thèse du concours d'agrégation, 1854. 3° Par M. Henri Caron : Annonces des publications relatives à la Botanicpue. h" De la pari de M. Laleriatle, de Bordeaux : Rapport sur une nouvelle espèce d'Agaric, 185/i. 5° En échange du Bulletin de la Société : Anncdcs de la Société impériale d'horticulture, décembre 185/i. Une lettre de M. À. Passy, datée de Gisors (7 janvier), remercie la Société de l'avoir appelé aux fonctions de vice-président. Sur la proposition de M. Graves, appuyée parleBureau, la Société décide à l'unanimité que la Commission du Bulletin sera invitée à insérer dans le plus prochain numéro les deux notices sur M. A. Ri- chard et A. de Jussieii, lues récemment à la Société impériale et cen- trale d'Agriculture, par MM. A. Brongniart et Decaisne (1). MM. les secrétaires donnent lecture des communications sui- vantes, adressées à la Société : DU STIPULIUM CHEZ LES GÉRANIACÉES, LES CISTÉES, LES LÉGUMINEUSES ET LES ROSACÉES, par M. D. CLOS. (Toulouse, décembre 1854.) Il est bien rare, en liistoire natuielle, qu'un fait, qui paraissait d'abord limité, ne se prête pas à une plus large extension. Dans une note adressée dernièrement à la Société, j'ai cherché à démontrer que les IMalvacées n'ont ni involucre (verticille de bractées), ni calice extérieur ou calicvde, et j'ai proposé le nom de stipuliuni (qu'on pourra traduire eu français par stipu- lion) pour le verticille qui accompagne le plus souvent leurs fleurs, et qui, à mon avis, est formé de stipules. L'examen des plantes de la famille des Géraiiiacées m'a prouvé que là encore il y a un stipulium, seulement il y accompagne une ou plusieurs fleurs. Il est surtout manifeste à la base de l'ombelle des Erodium et des Pelargonium, et la nature des pièces du sti- pulium y est, s'il est possible, encore plus évidente que chez les Malvacées. Je signalerai, en particulier, comme un excellent exemple, le Pelargotinan (l) Ces deux notices ont élé annexées au compte reiulu de la séance du '22 dé- cembre 185/1. Voyez le Btdklin, l, f, p. 373 et 38G. SÉANCE DU 12 JANVIER 1855. 5 spinosfim. Les feuilles de cette espèce sont blanehes-tomenteiises en dessous, etleiu- face inférieure est entièrement différente delà supérieure. Au con- traire, les stipules adjacentes aux feuilles ont à peu près la même apparence aux deux faces, et celles ùu stipidium revêtent des caractères identiques. Dans les Pclargonium quercifolium et lacenmi, les stipules sont ovales, courtes, et les parties du stipulium le sont aussi. Chez le Pelargonium alchimilloides et le Géranium pratense^ la i-essemblance entre les unes et les autres n'est pas moins frappante, et parfois ici les pièces du stipulium ont encore auprès d'elles deux petites feuilles. Enlin, dans le genre il/on- sonia, les pédoncules uniflores portent au-dessus de leur niilieu un verticille de petits appendices qui ne diffèrent pas des stipules ; c'e^t là un stipulium unillore. Un autre fait m'a frappé : c'est celui de l'analogie qui nous est offerte par quelques Géraniaciées [Erodium serotinum, Pelargonium glaucum, Géra- nium carolinianum)^ entre les stipules et les sépales; dans la dernière des espèces citées, ces deux sortes d'organes sont également terminés par une longue soie. Y aurait-t-il donc des calices formés par des stipules? Dans la famille des Gistées, les pétales sont ordinairement accompagnés, à l'extérieur, de cinq pièces, trois supérieures, plus grandes, deux exté- rieures, plus petites, et qui manquent dans certains cas. M. Spach, dans son Conspectus de la famille, n'hésite pas à leur appliquer à toutes cinq le nom de sépales (1). Endlicher semble partager cette opinion, traçant en ces termes ies caractères du groupe : Calyx pentaphgllus , persistens, foliolis hiseriatis, 2 exterioribus plerumque minoribus interdum nullis, rarissime œqualibus vel majoribus, etc. (2). Mais, chose étrange, dans sa description des genres, il leur assigne un calice à trois folioles, accompagné de deux bractées. Aug. de Saint-Hilaire me parait avoir pénétré la véritable nature de ces organes. I! remarque d'abord que la bractée des Hdianthemum, placée latéralement par rapport à la fleur, représente sans doute une des stipules, car ces derniers organes et ces bractées manquent dans les Cis- tus (3). Et, un peu plus loin, il n'hésite pas à voir des stipules dans les deux folioles appliquées extérieurement sur les trois du calice, car, dit-il, elles sont absolument semblables aux bractées (U). L'observation des Helian- themum vulgare et glaucum dissipera tous les doutes el prouvera la vérité de cette interprétation. Une seule objection pourrait se produire, c'est l'exis- (1) Voyez Annales des sciences natur., 2° série, t. VI, p. 357 et suiv.; et Hist. nat. des végétaux phanérogames, t. VF. p. o et suiv. — Il en est de ukmiic de A.-L. dcJussieii {Gênera plantanim, 29/i), de M. Lindicy (.1 nat. sysl., 91), d'Adr. de Jussieu, art, Cistées du Dict. uniu.d'hist. nal. (2) Gênera plantaruin, p. 903. (3) .yurphologie végétale, p. 326. {h) l'ir. cil., p. 371. 6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. tence de ces deux petits appendices au calice de genres ou d'espèces' de Cistées, dont les feuilles sont privées de stipules. Mais cet argument n'est rien moins que concluant. Il y a tout lieu de penser que les stipules entrent dans la symétrie générale de la famille, et que l'avortement des feuilles au voisinage des fleurs détermine, sinon toujours (car le genre Huchonia n'a que trois sépales), du moins le plus souvent, leur développement dans les genres ou les espèces où elles sont restées tout à fait rudlmentaires. C'est un bel exemple de la loi de balancement. Ne trouve-t-on pas dans le genre Heliantliemwn des stipules à tous les degrés de grandeur? Chez les Légumineuses, les stipules remplissent assez fréquemment le rôle de bractées. C'est ce que montrent en particulier le Galega officinalis, les Oxytropis campestris et Buxbaumii^ les Phaca elata et curvicaulis, les Pso- ralea bituminosa etpalœstina, plusieurs Hedysarum&i Desmodium^ etc. Le Trifolium physanthum, Hook.,sefait remarquer par une large membrane discoïde et dentée, placée au-dessous du capitule floral. Cette espèce a des stipules larges, scarieuses et blanchâti-es ; on n'a pas de peine à reconnaître dans la membrane mentionnée un verticille de ces stipules soudées, ou un stipulium gamophylle (1). Si la membrane basilaire qui borde le pétiole dans le genre Rosa repré- sente deux stipules soudées, comme elle persiste seule à la base des pédon- cules, chez la plupart des espèces de ce genre, on doit voir encore dans ces appendices des stipules biactéales. Le Rnsa bracteata, dit Ventenal, a de six à huit bractées, situées au sommet du pédoncule et représentant un ca- lice extéi leur, se recouvrant mutuellement comme les tuiles d'un toit terminées quelquefois par une foliole entièrement conforme à celle des feuilles (2); c'est un bel exemple de stipulium polyphylle. Il ressort des considérations qui précèdent : 1° que plusieurs familles ù feuilles stipulées offrent, soit des stipules hractéales, soit des stipulium, soit même l'une et l'autre de ces dispositions; 2" que les stipulium sont (jamophylles o\x pcdyphylles , uniflores ou pluri flores ; la famille des Géra- niacées offre à elle seule ces quatre modifications. DE L'INTRODUCTION EN EUROPE, DE LA NATURALISATION ET DE LA FLORAISON DE VAGAYE AMERICANA , par !»I. CO. IfIARTII%'S. (Montpellier, décembre 1854.) Le Mexique est la patrie originelle de V Agave americana, L. Delà il s'est (1) Bien que los stipules ne soiciU pas des feuilles, j'ai cru devoir appliquer au stipulium ces mots de gamophylle el de polyphylle, qui ont cours dans la science, afin d'('viter la création de mois noiivoaiix. (2) JarJ. Je Cfls., 28, ver.so. SÉANCE 1)1 1^1 JANVIER 1855. 7 étendu (1) dans le Nouveau monde : au nord jusque dans le.; Florides, la Géorgie et la Caroline du sud; au midi dans la Nouvelle Espagne, le Yuea- tan, les provinces de Caracas, de Venezuala et de Cumana, jusqu'à l'Oré- noque. Traversant le golfe du Mexique, il s'est lépandu dans le sud-est jusqu'à l'ile d'Antigoa, l'une des petites Antilles. Dans le Nouveau monde, il s'étend donc du 34^ degré au 8' de latitude septentrionale et du 64" au 120^ de longitude occidentale. En Europe, l'Aloès-pitte se trouve à l'état sauvage, même en France, aux environs de Perpignan, où il forme des haies en plein champ et se re- produit sans soins. En Catalogne, aux Baléares, il est excessivement com- mun et descend tout le long de la côte orientale de l'Espagne jusqu'à Va- lence, mais sans s'éloigner du bord de la mer. A partir de ce point, on le rencontre dans toute l'étendue du royaume de Grenade et dans la partie de l'Andalousie située au sud du Guadalquivir. On le retrouve ensuite à la pointe méridionale du Portugal et sur les côtes de l'Atlantique jusqu'à la hauteur de Coimbre (2). Ainsi cette plante, qui, sur les bords de la Mé- diterranée, remonte jusqu'au 43° de latitude nord, dépasse à peine le 40" sur les rivages de l'Atlantique, Dans la partie orientale du Languedoc et dans toute la Provence, l'Agave est partout en plein air, mais non en plein champ; car aux environs de Narbonne, Montpellier, Avignon, Aix, Marseille, on ne le voit que dans les jardins, à l'abri des murs ou des rochers qui le garantissent des vents du nord. Près d'Hyères, Fréjus, Cannes et Antibes, il est presque spontané, quoique non complètement naturalisé, comme dans la Catalogne et le Roussillon. Aux îles Borromées, sur le lac Majeur et sur les bords du lac de Côme, contrées dont le climat exceptionnel tient au voisinage des Alpes qui les abritent des vents du nord et à de grandes masses d'eau qui égalisent les saisons, l'Agave est de même presque à l'état sauvage. A partir de Nice jusqu'à Gênes, on le voit assez souvent dans la campagne formant des clô- tures. A Pise, Lucques, Florence, Bologne, Padoue, Venise, et plus au sud, à Sienne, Arrezzo, Pérouse, il ne se trouve, comme à Montpellier, que dans les jardins ou dans des localités abritées. Aux environs de Rome et de Na- ples, il redevient spontané comme en Corse, en Sardaigne, dans les Cala- bres et dans toute la Sicile. En Algérie, cette plante est une des plus communes et d'un usage habi- tuel pour entourer les champs. Elle y acquiert des dimensions énormes et forme des défenses que l'art militaire a mises à profit autour de nos établis- sements coloniaux. (1) Pi. Sclionibnr^k, l'ober die amer icanische Aloe {VerJiaudhiufjen des Vereim ziir liefoerderund des Gartenhaues in Pretissen, 1835, l. XI, p. 225). (12) Voyez la carte de l'ouvrage de iM. Willkom, inlilulé : Slrand(jebiptc der Iherischen HaUiinse}. 1852. 8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Je ne parlerai pas des autres parties de l'iùirope et de l'Afrique où se rencontre l'Agave. J'ajouterai seulement qu'il existe dans les lieux abrités du Péloponèseet dans les jardins de Smyrne et de Constantinople. En Eu- rope , on le trouve donc dans la région méditerranéenne du hW au 36*^ degré de latitude septentrionale et du 11*^ degré de longitude occi- dentale de Paris au '27' degré de longitude orientale; son aiVe est de 8 degrés en latitude et de 38 degrés en longitude, extension considérable pour une plante originaire des parties tropicales de l'Amérique. Si sa limite équatoriale en Afrique était bien déterminée, on verrait probable- ment que cette aire est aussi étendue dans l'ancien monde que dans le nouveau. Eu se bornant à l'Europe, ce que j'ai dit suffit poui- montrer que cette plante est répandue sur une portion considérable de notre conti- nent, puisqu'elle borde tout le pourtour de la Méditerranée; elle existe de plus dans la plupart des serres, et nous verrons qu'elle peut fleurir sous tous les climats. Sa floraison est si extraordinaire, qu'elle a eu de tout temps l'attrait du merveilleux, même pour les individus les plus indiffé- rents aux phénomènes naturels. En effet, un pied reste souvent de longues années, un siècle même, sans donner de fleurs. Tous les ans, de nouvelles feuilles se développent en dedans des anciennes ; la plante semble condamnée à une éternelle stérilité. Mais tout à coup, sans que rien n'annonce un changement quelconque dans sa vitalité, une tige paraît au milieu du fais- ceau central, écarte les feuilles qui le composent, s'élance verticalement, semblable à une asperge colossale, puis se ramifie et forme un candélabre gigantesque qui porte plusieurs milliers de fleurs. Tous ces phénomènes s'accomplissent en cinq ou six semaines; ce temps suffit à la plante pour s'élever a une hauteur qui varie de 3 à 8 mètres dans nos climats; sur la côte d'Afrique et en Amérique, elle atteint souvent 14 mètres. Ces milliers de fleurs portées sur un candélabre gigantesque offrent un des plus magni- fiques spectacles que présente le règne végétal. Au Mexique, des colibris aux brillants reflets; en Europe, des abeilles et des papillons assiègent ces fleurs pour pomper le nectar qu'elles recèlent au fond de leur calice. Mal- heureusement celte magnificence est de courte durée : épuisé par l'effort qu'il a fait pour développer un si grand nombre de fleurs, le pied meurt dès que les rares capsules qui leur succèdent ont répandu leurs graines au- tour de lui. Insoucieuse des individus et uniquement préoccupée de la con- servation des espèces, la nature y a pourvu par les graines et par les nom- breux rejetons qui, après la mort de la plante mère, repoussent de ses racines. A ia fin du xvi'^ et même au commencement du xviP siècle, la floraison d un Agave était un événement qui faisait sensation dans le monde bota- nique; on l'enregistrait avec soin, et, grâce à ces documents, nous pouvons suivre pour ainsi dire pas à pas l'introduction de cette plante en Europe. SÉANCE DU 12 JANVIER 1855. 9 L'an 1521, le Mexique, patrie originelle de l'Agave, l\it conquis par Cortez; il y établit la domination espagnole ; de là des relations entre la mère-patrie et la nouvelle con([uête. Aussi est-ce en Espagne que la plante est vue pour la première fois par Charles de Lécluse, en latin Clusius, qui voyageait dans ce pays vers le milieu du xvi-^ siècle. Un médecin, nommé Jean Plaça, professeur à l'Université de Valence, la lui montra dans le jardin du couvent de Marie et Jésus, situé à un mille de la ville. Il en vit un autre pied chez son hôte, Pierre Alleman, et rapporta en Belgique deux rejetons : l'un périt, l'autre, qu'il confia à Pierre Coudebccq, pharmacien d'Anvers, continua de végéter, et servit de modèle à la figure qu'il a donnée de cette plante. Il le raconte lui-même dans plusieurs de ses ouvrages, ei; en particulier dans son Histoire des plantes rares cVEspagne (1). Lécluse énu- mère ensuite, d'après Gomara, auteur d'une histoire du Mexique, les pro- priétés de ce végétal. Dubartas, poète célèbre de l'époque, les a traduites en vers de la manière suivante : Là pousse le Mclt qui s'est vu en Mexique, D'aiguille, de filet, d'armes, de bois, de brique, D'antidote, de miel, de lissé parchemin, De sucre, de parfum, de conserve et de miel. Son bois nourrit le feu, et ses plus durs feuillages Par une artiste main reçoivent mille usages : Les louanges des dieux et les gestes des rois. Ores sur les maisons on les coiiclie à la file, Si bien qu'on les prendrait pour de beaux rangs de thuile, Ore on les tord en fil et de leurs bouts on fait Aiguille des petits, et des grands fers de trait. La liqueur de ses pieds est un vrai miel figée, Détrempée est vinaigre et sucre repurgée. On voit, par les récits de Lécluse, que c'est pour la première fois qu'd vit y Agave americnna ànni un jardin de Valence en Espagne. Il en ent parlé dans des termes bien différents si cette plante avait été aussi commune dans ce pays qu'elle l'est aujourd'hui. Son récit nous prouve donc qu'elle n'exis- tait pas à l'état sauvage sur la côte orientale d'Espagne, au milieu du xvi' siècle. Cherchons maintenant dans les anciens auteurs les traces des migrations de notre plante. Le Jardin botanique de Padoue, le plus ancien de l'Lurope, avait été fondé, en 1565, par le sénat de Venise. Cortusi avait succédé à Guilandin. C'est dans ce jardin que Camerarius vit, en 1561 (!>), le premier Agave qui ait été introduit en Italie; mais, suivant le même auteur, c'est a (1) Hariurum aliquol siirpium per llispauias observatarum historia, 157G, p. Zi62 ; cl liariorum plantani m historia, 1601, p 160. (2) llnrtus vmlicus H jihilosophirus, 1586, p. Lt. ' 10 SOCIÉTÉ ISOTAINIQUE DE FRANCE. Florence, dans les jardins du giand-duc de Toscane, que l'on admira le premier Agave en fleur dans i'étéde 1586. Camerarius en publia la figure, qu'il devait à l'obligeance de l'apothicaire du prince. Le second Agave en fleur dont il soit fait mention dans les vieux au- teurs est celui que Cœsalpin (1) vit, en 1590, à Pisc, dans les jardins Fornaboni. Le troisième fleurit ta Rome, où il a été observé par le père du commen- tateur de Théophraste, Bodœus Stapel, médecin d'Amsterdam (2). A la fin du xvi' siècle, Avignon était, comme on le sait, une ville papale habitée par un grand nombre de familles italiennes. Parmi ces familles se trouvait celle des Doni, originaire de Florence, et immortalisée par un por- trait de Raphaël (3). îNous avons vu qu'un Agave americana fleurissait dans les jardins du grand duc de Toscane en 1586. Probablement un rejeton fut apporté à Avignon pai- un membre de la famille Doni; car c'est dans le jardin de la maison habitée par cette famille que fleurit un Agave, le pre- mier que l'on ait vu en France, si l'on en juge par ia sensation extraordi- naire qu'il produisit. Son histoire nous a été conservée pai- Jacques Fon- taine, médecin et ami du célèbre érudit Peiresc. Il en écrivit la relation au marquis de Capisula, gouverneur d'Avignon et du comtat Venaissin. Cette lettre nous a été conservée dans les œuvres postbumes de Charles de Lécluse [Ix). (' fa hampe, dit-il, commença à pousser le 6 mai 1599; en quarante- cinq jours elle s'éleva de trente-deux palmes, émit vingt-neuf pédoncules portant de nombreuses fleurs jaunes. Un si grand accroissement excita un étonnement universel. Des gens de toute condition accouraient en foule, même des villes \oisines, pour en èlre témoins. Des personnages de marque ayant ]>eaucoup voyagé confessaient n'avoir jamais vu d'Aloès (5) aussi grand. Cet accroissement prodigieux ne sei'ait-il pas dû à la piété et à l'observation du culte qui distinguent la noble ville d'Avignon, ou au grand savoir des pieux docleurs si nombreux dans son enceinte? L'Aloès a été employé par les disciples du Christ pour conserver son corps incorruptible plutôt dans lebutde satisfaite à l'opinion que par nécessité; car Dieu n'eût pas permis que son saint fût envahi par la corruption. L'Aloès est donc le sym- (1) De planiis, lib. X, cap. 32. 1583. (2) Notœ ad Lihrum VU Theophrasli, p. 900. (ù) Calerie du palais l'itli, à Florence, salon d'Apollon, n" 61, porirail d'Ange Doni. En patois avignonnais ce nom se prononce Denis, dont ciuelrpies auteurs que nous citons, entre autres Garidel, ont lait Doins. (Zl) Caroli Clusii cura' pusieriures, p. Go; ad Calcpin ('. Cliisii cxolkoram, 1611; et C.ariilel, Jfistoire des plantes de la Prnrpnre, 1715, p. 21. (5) Le (idiloiM- (onfiind ici l'Agave avec TAloès, {|ui fournil une résine pur- gative. SÉANCE DU 12 .lANVIEU 1855. 11 bole de la conservalion et de l'accroissement des choses sacrées. Les phy- siciens qui se renfei-ment dans les limites des lois naturelles expliquent cet effet par des causes plus simples. Cet Ag;ave avait accumulé une énorme quantité de sucs, et l'été de cette année fut très chaud et très sec. Cette chaleur agit alors comme cause efficiente, raréfia les sucs conlenus dans la plante et provoqua ainsi la croissance prodigieuse de sa tige. » Ce récit nous prouve qu'à cette époque l'Agave était rare en France, puis([ue sa floraison excitait un si grand ctonnement. Il n'en était pas de même en Italie. Aldinus (1) nous apprend qu'a Rome l'Agave clait déjà commun au comir.encement du xv!!-^ siècle ; il l'avait vu souvent en fleur et crut devoir en donner la figure détaillée d'un bel individu qui fleurit dans les jardins du palais Farnèse en 1623. En Languedoc, c'est à Pézénas, près de Alontpellier, dans .'année I6/1I, que l'on vit le premier Agave en fleur (2). Le roi Louis XTII et le cardinal de Richelieu furent témoins de ce phénomène, et le roi fit faire par son peintre un dessin de la plante. A Montpellier, un autre pied fleurit dans le jardin d'un pharmacien appelé Perrier, qui, dit Rorelli, faisait payer les curieux désireux de voir sa plante et en tira grand profit. On signale encore (3) un Agave vu par Vollgnad a Vérone, en 1648, dans les jardins du comte Giusti. Au milieu du xvii'^ siècle, où nous sommes parvenus, l'Agave était de- venu une plante assez répandue dans l'Kurope méridionale pour que sa fioraison ne fit plus sensation comme dans l'oiigine. Ainsi Columna raconte, dans un ouvrage publié en 1616, qu'a Rome et a Naples il avait vu depuis longtemps un grand nombre d'Agave en fieur, et au commencement du xviii'' siècle on en trouvait sur les côtes de Provence depuis IMarscille jusqu'à Antibes; mais Gàridel avoue qu'il n'est pas assez commun pour croire qu'il y vienne natuiellement (h). Nous n'avons parlé jusqu'ici que des floraisons d'Agave croissant en pleine terre dans le midi de la France ou en Italie; pour compléter cette notice, citons quelques exemples de la même plante élevée en serre, dans des caisses, et fleurissant néanmoins pendant l'été, soit qu'on la laisse dans la serre, soit, comme cela arrive le plus souvent, qu'on la sorte pendant la belle saison de l'orangerie où elle est abritée pendant l'hiver. Nous verrons (1) Exactissima descripliu rariorum quarumdam plantarumquœcontinontvr Romœ in hurto Farnesiano, 1G25, p. 95. (2) Pétri HorcUi caslrensis hisloriaruni et oliservationum conluria', 1070, IV, p. 1. (3) V. ./. Sachs à Lewenheimb de Aloe Silesiaca lloroiite [MisceUanea cuviasa sive Ephempridœ naturœ curiosorum annm primus, 1670, t. L 185), 1G8A. (/i) Garidol, Ifisloirc drs plantes de Provence, 1715, p. '20. 12 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. que la floraison de cette plante a ct('! observée dans toute l'Europe septen- trionale, depuis la France jusqu'en Suède. A Montpellier, c'est presque toujoin's au commencement de mai que la hampe commence à pousser; nous annoncerons, chaque fois que nous la trouverons indiquée, la date du moment où la hampe paraît, afin de faire apprécier rinfluence de la différence des climats. Notre liste est nécessaire- ment incomplète, mais elle suffit pour montrer que cette belle et singulière plante, quoique originaire des parties chaudes du Mexique, s'accommode avec une facilité remarquable des conditions d'existence les plus diverses. Floraisons d'agave conservés i/hiver en serre , observées pendant les xvn^, XVIU® et XIX* SIÈCLES. France occidentale. Saint-Pol-de-Léoii (Finistère). Agave de 30 ans. Commencement de la flo- raison, 16 juin 1827. Le 25 septembre, la hampe avait 8">,12 et portait 40 pédoncules (1). Talence, près Bordeaux. Agave âgé de 87 ans. Apparition de la hampe le 28 mai 1828; hauteur, 5 mètres (2). Angers (Maine-et-Loire). Agave âgé de 65 ans environ. Apparition de la hampe le 24 mai 1849; hauteur, 3"--,65. Nombre des fleurs, 3,875 (3). Versailles (Seine-et-Oise), Agave âgé de 62 ans environ. Commencement de mai 1830. Hauteur, 3'", 25. Versailles (pavillon de la Jonchère). Une hampe en octobre 1823, puis deux autres en juin 1 829 (4). AllemiKjne. Augsbourg? 1633 (5). Stuttgardt (royaume de Wurtemberg). Agave fleurissant dans le jardin grand- ducal en 1658. C'est le premier qu'on ait décrit en Allemagne. La hampe avait 7"', 46, le nombre des fleurs était d'environ 12,000 (6). Oppersdorf, en Silésie. Agave âgé de 31 ans, en 1662 (7). Choren près Leipsig. Agave âgé de 55 ans. Commença à pousser le 16 mai 1663, les fenêtres de la serre étant ouvertes. La hampe s'éleva à 6"\78. Ses trenie-deux pédoncules floraux portaient 2,407 fleurs (8). Sondershausen, en Thuringe, en 1664 (9). (i) Mémoires du Mus(kim d'histoire naturelle, 1827, t. XV, p. ^75. (2) Annales de la Société d'horticulture de Paris, 1828, t. 111, p. 856. (3) Boreau, Notice sur TAgave americana {Bulletin de la Société industrielle d'Angers^ n'" 5 et 6, 21* année, 1850). (/j) Annales de la Société d'horticulture de Paris, 1830, t. Vil, p. 233. (5) Observatio Lucœ Schrœclil de Aloe augustana [Miscellanea curiosa annus sextus et septimus), 1677, observ. 231, p. 3/|0. (6) Miscellanea curiosa, annus primus, IGSâ, p. 186. (7) Ihid. (8) Ibid. (9) Ihid. SÉANCE DU 12 JÂNVIEIl 1855. 13 Goltorf (Schleswig-Holstein), 1668 (l). Sleven, près d'Iéna, en 1669. Agave âgé de 4!) ans, hampe de 6'", 81 . Paxjs-Bas. Groningue. Agave âgé de 38 ans. Le 4 août 1G74, trois hampes, le 3 sep- tembre, trois autres hampes (2). Neurenberg, en 1636. Hauteur, 7"', 164 (3). Utrecht, 1788. Agave avec cinci hampes (4). Leyde, 1797. Bruxelles, fin d'août ; hauteur, 6'", 750. Gand, 1845. Dans une serre. Leyde, mai 1847. Hauteur, 7"',874. 40 pédoncules. Suède. Carlsberg, près de Stockholm, en 1708. Un Agave âgé de 92 ans porta 5,018 fleurs (5). Soedermanland. Sur une propriété du comte Morner , en 1832 : plante âgée de près de 1 00 ans. Croissance du 25 juin au 20 septembre. Au château de Rosendal, près de Stockholm, en 1 834. Commença le 30 juin ; le 12 août elle s'élevait à 5"', 49 4, et portait 25 pédoncules (6). En pareoiirant cette liste, on remarque que c'est en Allemagne que fleu- rirent les premiers Agave de serre, ou du moins les auteurs de ce pays nous en ont conservé le souvenir ; la Hollande, la Suède et le nord de la France occupent le second rang. L'influence printanière du mois de mai sur la floraison se manifeste encore dans le nord de la France et en Saxe ; toutefois, on remarque trois exceptions : celle de l'Agave de Saint- Pol-de- Léon, qui commença à fleurir au milieu de juin, puis les individus du pavil- lon de la Jonchère et de Groningue, qui fleurirent, le premier en octobre, le se- cond en août. La première exception s'explique par le peu de chaleur des étés (1) Ibid. (2) Aloidarium sice aloes mucronato folio americanœ majoris aliarumque ejusdem speciei historia, auctore Ab. Mutingio, Groninga Frisio. 1680. (3) Celle indicalion et celles pour Leyde et Bruxelles sont tirées de rexccllent mémoire de M. de Vriese inlilulé : Recherches sur le développement d'un Agave americana {Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, ISZiS). (k) Ueynier, Journal de physiciue, 1788, t. XXXUf, p. 217. (5) \N\çk?,[v(p.m,Arsbercittelse om framstegen uti Bofanik /br au 1827, p. 29Z|. (6) Wickslrœm, Jahresbericht ueber die Fortschrifte der Botanik , 1825, p. 323. Je n'ai pas trouvé dans les ouvrages qui sont à ma disposition d'indication de floraison ([''Agave americana en Angleterre pendant le xvii' et le xvjii" .siôcic. .Sonlemenl une expérience faite sur cette plante par le docteur Merrct nous ap- prend (prclle était (lôjù connue dans les îles lîritannifjucs en 1656 (Voy. Acia phi- losophica Societdtis regiœ in Angllu, p. 565, in-/i". Lepsix', 1675; et Philosophical Transactions, 1705, I. fi, p. G/i5). 1 II SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. du Finistère; chez les deux autres individus, la floraison fut anormale, comme répotjue à laquelle elle commença. La hampa centrale avorta et fut rem- placée par plusieurs hampes latérales. Ainsi donc, ces trois cas, loin d'in- lirmer la règle, en sont la coiifir/nation, et l'Agave, comme les plantes de nos climats, éprouve cette influence spéciale que le printemps exerce sur les végétaux. Toutefois, en Suède, où les froids de l'hiver se prolongent jusqu'en mai, nous voyons que c'est seulement \ers la lin de juin que les hampes ont commencé à pousser; mais, comme je l'ai déjà fait remarquer ailleurs (1), dans ces pays septentrionaux, le printemps physiologique se réduit à un mois, celui de mai, qui correspond exactement à notre mois d'avril par son influence sur le réveil de la végétation. En résumé, nous avons démontré dans cet article que, malgré son ori- gine américaine, son aspect étrange, son mode extraordinaire défloraison, la croissance prodigieuse de sa hampe, V Agave aniericana est une de ces es- pèces plastiques qui s'accommodent de climatsbiendifférentsdu sien, puis- que, originaire des hordsdu golfe du Mexique, elle a créé une vaste colonie sur ceux de la Méditerranée. Transportée dans des pays moins tempérés, elle supporte des froids passagers de — 15° centigrades, n'est affectée ni par les longues sécheresses, les pluies continues, ou les plus fortes cha- leurs, et fleurit avec des températures qui, en Hollande, par exemple, ont rarement atteint 28° centigrades, et n'ont jamais dépassé ce chiffre; car elles oscillaient en moyenne autour de 20°. L'Agave amcricana méi'ite donc à tous égards de fixer l'attention des horticulteurs de l'Europe méridio- nale et des industriels de tous les pays, car elle pourrait être utilisée comme plante textile avec autant d'avantage que le Palmier nain et le Lin de la Nouvelle-Zélande. M. Dccaisiic rapporte, à cette occasion, (jiie deux pieds (V Agave amcricana ont Henri, en 1853, à Rueil, près Paris. M. Duchartre ajoute qu'il a vu, au mois d'août 1853, à Agde (Héraidt), trois pieds d'Agave lleuris simultanément, en pleine terre, bien que cette plante soit très peu répandue aux environs de cette ville. M. Trécul dit (jue V Agave amcricana est moins répandu dans l'Amérique du Nord que ne le pense 31. Martins. Il l'a vu dans l'Étal de Cohaliuila, où Ton emploie son suc pour faire une liqueur (1) Voyage botanique le long des eûtes septentrionales de la y,'()rvé(je. {Voyage en Scandinavie^ {lie. , Gi':ograi>hie, I'uysique, t. II, p. 209, cl Comptes rendusdë l'Académie des sciences de Paris, 18/|(i, l. XX 11, p. 1091. j SÉViNCE Ul 12 ,IA?sVlEU 1855. 15 alcoolique nommée mescal, ayant une saveur d'amandes amères, el très différente du pulqiié. M. Trécul n'a rencontre Y Agave ni dans l'État du Mississipi, ni dans la Louisiane, ni même dans le Texas. Cette plante est très rare dans plusieurs des pays qui avoisinent le golfe du Mexique. M. Cnsson ajoute qu'en Algérie cette plante, en général, s'éloigne peu delà région littorale. OBSERVATIONS DIVERSES FAITES DANS LA BRETAGNE, EN 1854, SUR LE DÉVELOl'PE VIENT DE QUELQUES PLANTES, SUR LEUR DISSÉMINATION ET LA COLORATION DES FLEURS, lun M. ELCiÈ\E ROBERT. (;BoUeviie, 5 oclobre 1851.) Presque toutes les côtes de la Bretagr.e que j'ai parcourues depuis l'em- boucliute de la Loire jusqu'à celle de la rivière de Morhtix, appartiennent aux roches cristallines (granit, gneiss, micaschiste), qui sont désagrégées à une profondeur plus ou moins grande ; le sol est par conséquent très sili- ceux et la chaux très rare. Le Magnolia grandiflora sert d'ornement à Nantes dans les promenades publiques ; il en existe une belle plantation le long de la Loire sur le Cours. L'allée qui conduit au cabinet d'histoire naturelle de Nantes est garnie, à droite et à gauche, de Lauriers-Tins ( Viburnum Tinus) qui masquent com- plètement les murs entre lesquels elle passe; à un feuillage toujours vert, ces grands arbustes joignent l'avantage d'être, tout l'hiver, couverts de fleurs. VUmbiUcus pendidimis peut être considéré, dans toute la Bi'ctagne, comme le représentant de la famille des Crassulacées : à l'exception de quel- qyies Sedum, qui send)lent rechercher le calcaire, on trouve cette plante grasse partout, dans les fentes des rochers aussi bien que sur les murs de terre et les toits de ehaume ; je l'ai même rencontrée dans les fissures des dolmens et des menhirs. Il en est de même de la grande Fougère, du Pteris aquilina, qui vient partout, ju5((u'aux portes des maisons; il n'y a pas, je crois, en Bretagne, de plant ' plus commune, et il est bien a regretter, pour le dire en passani, qu'elle ne puisse être employée comme plante fourragère. (On a essayé val nement de la mélanger aux l)ons fourrages; les bestiaux se gardaient bien d'y toucher.) Le Pteris n'exclut pas cependant d'autres Fougères, telles que VOsmundu )X' g ail s, qui est commun dans les rochers humides de la baie de Douarnenez et VAspleniam inarinum qui tapisse les grottes de Morgate. Le DigiUdis purpurea est presque aussi commun en Bretagne que l'est 16 SOCIÉTÉ BOTANIULE UE lUANCE. \e, Pterisaquilina; on peut dire, sans exagéralion, que ces deux plantes se disputent les meilleures terres non cultivées du pays, et encore faut-il plu- sieurs années de culture pour faire disparaître complètement la grande Fou- gère. La Digitale anime surtout de ses vives couleurs les bei'ges des routes taillées à même le granit friable. Je n'ai pas l'cncontré une seule fois la va- riété blanche de cette plante. En général, le rouge et le jaune dominent dans la coloration des fleurs en Bretagne; les Heurs jaunes du Chrijmntlieniumf^ogetian sont aussi communes que celles du C. Leucontlieimun, si même elles ne les effacent pas. Quelles que soient la grandeur des étangs et des petits cours d'eau, ainsi que l'épaisseur du dépôt limoneux qui en occupe le fond, le Nyrnpkœa alba n'atteint pas, sur tous les points de la Bretagne où je l'ai observé, les dimensions de celui de la llore parisienne, à moins que cette contrée ne possède que la variété (5l minor de la même flore; les fleurs et les feuilles de cette Nyn^jphœacée sont d'un tiers moins grandes que dans la nôtre, et cependant elle est souvent accompagnée du Nuphar luteuin^ qui n'offre rien de particulier dans son port habituel. Le Cresson de fontaiue {Sisymbrium Nasturtiiim) s'est emparé de tous les filets d'eau qui se rendent a la mer, et sert à les faire reconnaitre de loin, au milieu du Critkmum maritimum qui garnit les rochers. Le Fenouil (AnefAww /^œnîCM/wm) réussit parfaitement sur les murs en terre sablonneuse ; le rapprochement naturel de ses tiges creuses sert de clôture. Il n'est pas rare de voir, dans les cimetières de Bretagne, de chaque côté de la porte d'entrée, des Ifs qui remontent à la fondation d'un grand nombre d'églises, c'est-à-dire au mu'' siècle. J'ai mesuré, à la Forest, près de Con- carneau, un de ces arbres, qui avait, à hauteur d'homme, 3'", 60 de circon- férence. Les Châtaigniers atteignent de grandes dimensions dans cette partie du Finistère; on peut en voir un à Pont-l'Abbé, qui a i4™,60 de circonfé- rence. Il existe dans un jardin deQuimper, le plus beau Magnolia grandiflora qu'on puisse imaginer; il peut avoir 10 mètres de hauteur. Le jardin botanique de Brest en possède également un très beau. Dans le même établissement, les plates-bandes offrent, en pleine terre, VErica arborea, VArbutus Unedo, le Phœnix dactylifera^ le Myrte, et les murs sont tapissés à l'exposition du midi de Ca»ï. DECAIS^E. M. do Schœnefeld, secrétaire, donne lecture du procés-vcrljal de la séance du 12 janvier, dont Ja rédaction est adoptée. Par suite des présentations laites dans !a dernière séance, M. le Trésident proclame l'admission de : M3I. Bauduimont, pharmacien en chef de l'hospice Sainte-Eugénie, à Paris, présenté par MM. Fermond et Réveil. Gay (Claude), boulevard Bonne-Nouvelle, 25, à Paris, pré- senté par MM. Brongniart et Weddell. RoYS (le marquis de), trésorier de la Société géologique de France, rue de Verneuil, 53, à Paris, présenté par MM. le baron de Brimontet Puel. Savi (Pietro), professeur de botanique à Pise (Toscane), pré- senté par MM. Brongniart et Decaisne. Thompso?^ (le docteur), à Kew, près Londres, présenté par MM. Brongniart et Decaisne. M. le Président annonce en outre une nouvelle présentation. M. François Lenormant fait à la "Société une communication qui sera annexée au compte rendu d'une prochaine séance (1). M. Weddell fait à la Société la communication suivante : COLT D'ŒIL sur. LA FLORE DE PLOMBIÈRES, par M. li.-A. tVED»ELL (-2). 11 n'est guère de voyageur qui, en parcourant le département des Vosges, n'ait admiré la végétation luxuriante des environs de Plombières. Peu de (1) I,a notice (le J]. F. Lenormant devant être accompagnée d'une giaviuc, .sa liubiicalioii osl ajournée afin de ne pas retarder l'impression du BuUelin. \ï) Je n'ai pas besoin de dire combien m'a été utile, pour la lédaclioa de citle 30 SOCIÉTÉ BOTANIUUE DE FUANCE. villes sont niicux partagées sous ce rapport. L'humiditii de l'atmosphère, due aux sources iiiuoml)rables qui humectent son terrain, la hauteur des berges qui l'encaissent de toutes parts et la concentration des rayons solaires ({ui en résulte, la nature siliceuse du soi, toutes ces causes réunies donnent aux phmtes que nourrit la gorgede l'Eaugronne, une vigueur, une fraîcheur que l'on clici'cherait en vain dans des lieux moins heureusement dotés. Mais au botaniste, en particulier, la flore de Plombières offre un attrait de plus qui consiste en ce que, rattachée essentiellement à la flore des plaines, elle se lie cependant déjà, par quelques traits, à celle de la région alpestre des Vosges. C'est ce caractère mixte qui nous semble mériter surtout d'être mis en évidence, et, pour cela, il nous suffira de citer les plantes dont la découverte nous a le plus charmé dans nos herborisations autour de Plom- bières. On verra que beaucoup d'entre elles sont précisément des espèces éminemment montagnardes, ou de celles qui, habitant ordinairement les plaines des parties plus septentrionales de l'Europe, trouvent encore en ce point, grâce à une élévation de U à 500 m.etres au-dessus du niveau de la mer, les conditions nécessaires à leur existence ; nous aurons soin de signa- ler leurs noms par un astérisque. Commençons notre énumération par les végélaux auxquels l'absence de véritables fleurs a fait donner, par les botanistes, le nom de Cryptogames. Leur revue nous conduira a citer (juelques localités générales, les marais, les prés, les bois, où nous ferons connaissance avec ceux d'un ordre plus élevé. Une excursion dans les montagnes, excursion aussi rapide que les herborisations ([ui l'ont précédée, terminera notre aperçu. Par l'élégance de leur feuillage et par leur fréquence même , il n'est pas, sous ce ciel humide, de plantes qui attirent davantage l'attention du prome- neur que les Fougères. Plusieurs d'entre elles, la Fougère mâle {Aspidium Filix vias) en particulier, et V Aspidium dilatatwn (1), sont si abondantes, qu'elles constituent, en certains endi'oits, un véritable fond de végétation. Mais, aux yeux du Aoriste, ces espèces trop vulgaires cèdent le pas au frêle Cjjstopteris [C. frugilis), (\onl\es frondes délicates couvrent quelques vieux murs près de la piomenade des Dames, au Blcchninn Spicant des marais, note, rcxcellcnt travail de M. le docteur Mougeol sur la Végêfation spontanée du département des Vosges; son livre m'a servi de manuel d'iicrborisalion. ï\l. Maille a bieu voulu aussi nie comauuii(|uer le résullat de. ses observations sur la vcgéta- liou de IMonibières, el m'a fourni, de plus, bon nombre d'indications miles sur les localités des environs. Je suis lieuretix de Uotivcr ici Poccasion do rendre liom- niagc aux connaissances étendues de ce botaniste, aussi modeste qirobli{i;canl. (1) Val d'IIérival, surloul au voisinai;e de la glacière, point cinieiix où, à la fa- veur de circonstances parliculières, la neige, aceunuiléc l'Iiiver dans un creux 'le roclicj persiste d'une année ù l'autre. sÉANCi': DU 26 .lAiNYiEi; 1855. 31 au Polypudiuin Dnjoptcris (1) et surtout au P. Phegnp/o-is , abondant a l'entrée de la route de Luxeui!, et à V*Asplenium septentrionale, que nous avons recueilli sur l'indication de notre ami AI. Maille, dans les fentes des rochers du Calvaire, ainsi que sur la cùte de la route d'Epinal. Voisins des Fougères par quelques caractères botaniques, les Lycopodes s'en éloignent par le port, mais plaisent par leur bizarrerie. « L'une d'elles, nous dit M. Mougeot, connue dans le pays sous le nom de Jalousie (2), offre des tiges rai^ipantes de la grosseur d'une plume à écrire, longues de plus d'un mètre, s'eniaçant à travers le gazon et les broussailles des bois. La souplesse de toute cette plante, son menu feuillage, la propriété qu'elle a de se décolorer dans Teau sans s'y décomposer, peruiettent de l'employer en guise de linge au fond du couloir par lequel on passe le lait qu'on vient de traire, alîn d'en séparer tous les corps étrangers, que retient alors dans ses replis cç\{q Jalousie. .Aussi la voit-on dans toutes les auges des fon- taines pour servir à cet usage et conserver, par ce lavage permanent, une extrême propreté. » Par sa fréquence relative, autour de Plombières, cette espèce contraste avec le * Lycopodimn Chamœcyparissus rencontré par M. l>L'iille dans les bruyères du Chanot du Mencel, sur le plateau de la commune du Val-d'Ajol. Le Lycopodiunt inundatuni [Z)^ moins rare, se montre çà et là rampant sur le sol fangeux de ((uelques marais, ou le pro- fane le confond volontiers avec les mousses qui lui tiennent couipagnie, mais dont plusieurs jouent dans la nature un rôle bien plus important que celui qui est dévolu aux Lycopodes, On devine que je fais ici allusion aux Sphaignes, ces petits végétaux qui contribuent si puissamment à la forma- tion des tourbières on fainys et qui, aux environs immédiats de Plom- bières, présentent cela de particulier qu'ils masquent souvent les anciennes moraines, sur lesquelles ils ne forment même, quelquefois, qu'une couche assez mince. Par leur tissu poreux et leur avidité pour l'eau, ces mousses peuvent être comparées à de véritables éponges, et à ce titi'e on les voit servir, en quelque sorte, de sol a d'autres végétaux, et, si constamment, qu'on a été plusieurs fois tenté de regarder ces derniers comme de vrais parasites. Tels sont, en particulier, les Rossolis {Drosera rotundifolia et intermedia)^ dont les feuilles, ornées de longs cils rouges, enlacent l'insecte trop eonliant qui a cherché sur elles sa pâture. Le Itltynchospora alba^ le Schœuus niyricans [h), les Linaigrettes, la modeste Violette des marais {*Viola palustris) (5), la Parnassie {Parnassia palust7ns], la petite Scutel- (1) Çà et lu, au bord des bois, dans le val de .Siinl-IiOnp. C2) Lijropodium rlaralniii ou l'aue-do-ijoup. (3) l''aiiif; du Bray, derrière le bois do 'l'arpeiu'l, à gauche de la route d'ï'jpiual, aiusi que sur le cticmiu de iVcniirenioul et daus les iaiuiis du val d'Ajol. [kl b'aiijg du lîray. (5) Conuuuiic dans une petite tourbière, à droite du clieuùu du Mouliii-Joli, un 32 SOCIÉTÉ BUTAMULE ÎIE FRANCE. laire [Scutellaria minor), !e Souci des iniirais {Caliha paluslris) et le joli Polygala depressa, méritent encore nue mention naimi les liabitants ordi- naires des faings et lieux analogues. Si, de ces localités, nous passons aux pi'és piopi-emeut dits, nous abor- dons une des parl;ies les plus intéressantes du tableau floral de Plombières, el l'une de celles (jui présentent le plus grand nombre de ces faits particu- liers que je signalais plus baut. Il faut ajouter que les prés de cette partie du département des Vosges en sont un des plus grands ornements, comme ils en sont une des principales richesses. L'énumération de toutes les espèces végétales qui s'y trouvent réunies serait trop longue : au milieu de la foule brillante, contentons-nous de citer le *Meum atliamanticum[i)^ aux feuilles plumeuses, et dont la racine simule par sa forme un pied de biche, la Bistorte [Polygonum Bistorta), aux jolis épis roses, l'Arnica (*^r/n'cfi montana) (2), aux fleurs orangées, l'echerchée pour ses qualités vulnéraires et excitantes, enfm le Pied-de-Lion {Alchemiila vulyaris), toutes plantes caractéristiques de la région montagneuse, ainsi que \'*Adenostyles Peta- sites (3) et la Renoncule a feuille d'Aconit {'"Itanunculus aconit i fol lus] [k), dont nous n'avons rencontré près de Plombières que quelques pieds isolés. La Saxifrage dorée [CJirysosplenium oppositifoliwn) (5), par contre, est commune sur les bords de quelques ruisseaux où se montrent souvent le feuil- lage flottant du Montia rivularis et près desquels ou rencontre aussi, quel- quefois, le Chcerophyllum Idrsutum (6), V Impatiens Noli-tangere (7), et çà et là les tiges élevées du * Senecio saracenicus (8). Les bois des environs immédiats de Plombières sont composés des mêmes essences que ceux de la plaine : des Chênes, des Charmes, des Hêtres, des ïi'embles, des Erables, des Saules, des Aunes, voilà les arbres que l'on aper- peu au delà de la scierie, ainsi que dans les faings de la roule de Remiremont, avec le Rhynchospora alba, etc. (1) Prés secs au-dessus de la roule de Remiremonl, etc. (2} Prés, marais et clairières des bois, sur les plateaux, dans les communes des Granges et de Bclle-Fonlaine. j\I. Gentilhomme, pharmacien à Plombières, fait un commerce assez imporlanl des llcurs de celte plante, ainsi que des feuilles de la Digitale, recueillies par les pauvres femmes du pays. (3) Dans un pclit bois, au-dessous de la route de Luxcuil, avant son premier coude. (/l) Dans les fossés des près marécageux, à gauche du chemin du Moulin-Joli, au delà de la scierie. (5) Abondante sur les pierres du pelil mur de soulèaement, à Tenlrée de la route de Luxeuil, entre la gendarmerie et le bois, avec le Polypodium Pheyopteris. (tî) Au bord du bois, à droite du chemin de la fontaine Guizot, elc. (7) Dans le fossé, à droite de la promenade des Dames. (8) Chemin du .Moulin-Joli, cl à l'onlrée de la roule de i'icnhrcmonl, dans le bois, à gauche. SÉANCE DU 26 JANVIER 1855. 33 çoit habituellement; ce n'est, poui- ainsi dire, que de loin en loin que se montrent quelques Pins sylvestres ou des Sapins. Il y a cependant une e.xceplion à la règle; je veux parler du vnl d'IIérival, on, à une faible dis- tance des bains, on peut jouir, au milieu de magnifiques forêls d'arbres verts, d'un avant-goût des scènes que nous offrent les hautes Vosges. C'est de ce côté ausii que se présentent avec le plus de fréquence deux des plantes le plus dignes de mention parmi celles qui ornent la Flore de Plom- bières : le Sureau à grappes [*Sambuciis raccmosa) (l) et le Galeopsis dubia. Dans la partie aride de cette vallée, la végétation herbacée, s'il y eu a (car souvent les Sapins n'ombragent que du sable pur), est peu variée; je ne vois que le Luzula maxima, le Teesdalianudîcaidis et VArabis arenosa, dont la présence mérite d'être signalée. Plus avant, par contre, du côté de la Pierre-du -Tonnerre, par exemple, se trouve une partie éminemment humide où croît le *Stdlaria nemorum, si commun dans les forêts bru- meuses des régions élevées. Enfin, si, pour gagner Hérival, on a pris par le val d'Ajol, on rencontre une autre plante alpestre, le *Silene rupestris, abondant sur toute la côte au-dessous de la Nouvelle-Feuillée. Inconnue dans nos plaines, cette jolie plante est, sans contredit, une des plus communes des Vosges. La flore herbacée des bois qui a voisinent Plombières est moins riche que celle des prés et des marais. Deux plantes surtout la caractérisent, mais celles-ci y sont si répandues, surtout dans les bois de la gorge de l'Eau- gronne, que l'on ne peut guère y faire vingt-cinq pas sans les rencontrer. L'une de ces plantes, si particulièrement caractéristiques de la flore de Plombières, est le^Luzula olbida; il y remplace partout, on peut le dire, les Luzulesde nos plaines; l'autre est \q" Prenant hes purpurea, une des plantes les plus élégantes de sa famille et le plus bel ornement des bosquets qu'il habite. Après ces plantes, les seules que je pense devoir citer sont le Lysi- machia nemorum (2), le Senecio sylvaticm (3), le ''Galium saxatile {h) et la Digitale pourprée [Difjitalis pjurpurea), intéressantes à divers titres, mais les dernières surtout par leur abondance. Enfin, sur les plateaux, c'est la Brimbelle(Frtcc2mMm i)/?/?t«7/i. rotun- difolia); taudis que dans les bois ou les marais environnants se voient !e SÉA.NCE DU 26 .lANVlEU 1855. 35 Valeriana tripferis, VAiuhvmeda poli/olia, le Pyrola secimda^ le Moncscs grand iflora, le (jroscillier dos Alpes [Ribes alpimim), le Ctmvcdlaria ver- ticillata, le Malaxis paludosa, le Neottiacordatai^l plusieurs autres plantes intéressantes sous-alpines ou du nord de rKurope. Prolonge-t-on enfin l'excursion jusqu'au sommet du pic voisin du Hohneck (1,367 mètres au-dessus de la mer), on est bien vite|dédommagé de la fatigue légère occasionnée par l'ascension. A peine a-t-on franchi la zone de forets, que l'on fouie un gazon tout émaillé de fleurs (1); un aii- plus pur dilatant les poumons fait bondir le cœur, et l'œil qui se porte tour à loui' sur l'admirable perspective qu'offre le paysage lointain et sur cette autre perspective non moins séduisante d'Ariémones et de Saxifragi's, ne sait trop d'abord sur laquelle s'arrêter; mais Flore finit par l'eniportci'. L'Anémone des Alpes {Ancmone alpina], déployant ici ses corolles blanches lavées de pourpre, agitant plus loin au vent ses longs fruits soyeux, le Viola sudetica aux larges pétales jaunes ou violets, la grande Gentiane aux feuilles en croix, la Grassette, le Lcontodon pyrenaicus^ plusieurs Saxi- frages [S.Aizûon et 5. stellaris), quelques Orcliis(0, albida et 0. globosa) semés dans m\ ^ixumûtN ardus , de. Festuca, ù' Agrostis el ùq Luzules, alti- lent tout d'abord l'atlcntion du botaniste; ir.ais celui-ci, aspirant à des conquêtes plus difficiles, s'approche bientôt des précipices qui fiiHKjuent le pic à l'orient, et séduit aussitôt par les trésors que lui piomettent les mystérieuses anfracluosités de la roche, il s'y risque, indifférent au danger. « Il disparait bientôt, dit M. Mougeot, au grand étonnement du berger at- tentif qui le suivait des yeux; il atteint les emplacements que le troupeau n'a jamais pu brouter, et c'est dans ces retraites propices, encoi e épaignées par la main destructive de l'homme, (jue Flore va lui offrir ses dons dans leur première et antique abondance.» Le Trollius europœus, V Anémone narcissiflora, VAconituia Lycoctonum , le Potentilla salisburgensis, le Itubus saxatilis, le Pyrus Chaniœmespilus, \eIlosa alpina, \q Sibbtddia procumbcns , \' Alcheviiila olpina, le Sedwn Rhodiola, le Campanula latifolia, le Pedi- cularis foliosa, les Sonchus Plumieri et alpinus, les Hieracium albidam et aurantiacum, V Iinpsratoria Ostrutluum, le Bupleurum longifoliiwi, le Gna- phaliwji norvegicuni^ litCarduas Personata^ \q Streptopus amplexifolius., le Mai lagon, la Victoriale, le Carex frigida, etc., etc., voilà seulcjnent une partie des richesses ([ue présente ce point intéressant. Le froid du !;oir oblige trop tôt à la retraite le naturaliste toujours ardent. Il (juitte à regret ces lieux qu'il n'a eu que le temps d'effleurer, et qu'il ne reverra peut-être jamais. îilais durant ces ([uelques heures passées sui' la montagne, il a éprouvé des jouissances f[ue bien des années écoulées dans la plaine ne lui ont pas procurées; et longtemps api es, (juaiid il reverra, dans son herbi(;r, « (1) Celle région dépourvue d'arbres luuic, dans le pays, !c nom ûa chaumes. 3(5 SOCIÉTÉ BOTANIQUE Di-: FP.ANCE. ces plantes qu'il a ravies aux précipices et aux neiges (iu ilolmceiv, il se rappellera. les énioîious qu'elles lui ont occasionnées. M. Planchon rappelle que Rolli a déjà parlé de rirritabililé des leuilles de nos Drosera, qui deviennent concaves lorsqu'un insecte vient à s'y poser. Quant à lui, il n'a pas constaté ce fait, mais il est bien constant surtout chez certaines espèces australiennes du même genre. En ce qui concerne le Drosera obovata, M. Planchon croit devoir adopter l'opinion de Schiede, qui considère cette espèce comme un hybride des/). rotiuidifoUa.h., et longifolia, Huds., par la raison qu'elle ne présente jamais de capsules fertiles. MM. Grenier et Go- dron lui donnent comme caractère dislinclif la dimension des cap- sules, qui seraient, suivant eux, plus courtes que les cahces. (^ette erreur provient peut-être de ce qu'ils n'en ont vu que d'imparfaite- ment mûres. 31. Planchon ajoute que le Nuphar pumilum, Sm., synonyme du N. Spenneriamim, Gaud., est identique avec le N. Kaïmianum, Hook., du Canada. Cette plante paraît se plaire toujours dans les lacs al- pestres. Dans les Vosges, elle est associée au Sparganiwn affme, longtemps confondu avec le Sp. natans. M. le comte Jauberl dit que le Sp. affme se distingue, au premier coup d'œil, par ses feuilles très longues et très étroites. Il l'a vu dans les Vosges, à la localité indiquée par M. Weddell. Mais il n'a jamais vu associé au Nuphar pumilum VIsoeles lacuslris, autre plante ca- ractéristique des lacs de cette région. M. Planchon dit, au contraire, qu'il a vu ces deux plantes crois- sant ensemble dans le lac de Gerardmer. M. Decaisne rappelle, h cette occasion, que la variété très curieuse du LilioreUa lacustris, qui a tout à fait le port de VIsoetcs et a sou- vent été prise pour lui, a toujours été trouvée stérile. M. Cosson, vice-secrétaire, communique à la Société la note sui- vante : DE LA CULTURE DU DATTIER DANS LES OASIS DES ZIBAN, par RIM. E. COSSOI¥, cl P. «BAMI^, ilireclciir du jardin d'acclimatalion de Bcni-Mora. Le Datlier [Pliœnix (1) dactijiifera, L.), dont la véritable patrie est aussi inconnue que celle d'un grand nombre de plantes utiles cultivées (1) Phœv.ix, L. Gcii. n. l'22/i. GaLTlii. Fruct, et son. f, 23, l. 9, f. 2. Juss. SÉANCE DU 26 JANVIER 1855, 37 depuis la plus haute antiquité, est la culture dominante dans la vaste zone presque privée de pluie qui s'étend de l'océan Atlantique jusqu'à la \ allée de l'indus, vers le 64* degré de longitude orientale, et qui, en Afri(|iie, est comprise entre le 35' degré de latitude boréale et la liniite septentrio- nale de la région des pluies estivales, soit le 12' ou le 15° degré de latitude boréale (l). — Dans les parties les plus chaudes du midi delà France, en Corse, en Sardaigne, dans le nord de l'^Italie, aux îles Ioniennes et dans la Grèce septentrionale, ie Dattier est planté seulement comm.e arbre d'orne- ment; il ne commence à pouvoir donner des fruits que dans le raidi du Portugal (aux Algarves), dans le midi de l'Espagne, en Sicile et sur un petit nombre de points de la Grèce méridionale. Le Dattier ne se rencon- trant ordinairement dans ces diverses contrées que par individus isolés, et ses fruits n'y mûrissant qu'irrégulièrenicnt ou d'une manière imparfaite, elles ne sauraient être considérées comme appartenant à l'aire de la grande culturede ce précieux végétal. A Elche (39" hk' lat. bor.), dans leroyauine de Valence, près de 60,000 dattiers forment, il est viai, une sorte d'oasis, et donnent lieu, par leurs produits, à un commerce assez important; mais c'est là un fait tout exceptionnel qui s'explique par la nature du sol, l'ex- position et des influences climatériques analogue^ à celles des déserts afri- cains ou arabiques (2), ainsi que le démontre la présence, dans cette partie de l'Espagne, d'un assez grand nombre d'espèces qui lui sont communes avec la zone subtropicale, véritable région du Dattier. L'absence d'oasis sur le littoral de l'Algérie, où le Dattier n'est cultivé que par pieds isolés et où ses fruits n'arrivent pas à maturité, est une nouvelle preuve de l'opinion que nous venons d'exprimer. — En Algérie, comme au Maroc et à Tunis, la région des oasis ne commence qu'au sud de la grande chaîne de l'Atlas qui, de la partie méridionale du Maroc, s'étend obliquement du sud-ouest au nord-est, vers le centre de la régence de Tunis. En raison de cette obliquité de la chaîne qui sépare le Tell de la région saharienne et de l'altitude plus considérable du désert dans l'ouest et dans le centre de l'Algérie, les pre- Gen. pi. ù8. Iloxb, Corom. t. ll\ et 273. Mart. Palm. t. 120, 12/i, 136, 16/i. Endlich. Gen. pi. n. 1763. Kunth Enum. pi. lit, 25Zi. Phœnix dactylifera, L. Hort. Cliff. Zi82, et Sp. 1658. Duham. Arbr. fruit. IV, 1, t. 1-3. Gaertn., loc. cit. Lmk. Encycl. méth. II, 261, et Illusfr. t. 893, f. 1. Desf. FI. Atl. Il, Zio8. Delile FI. Egypt. 169, t. 62, éd. 2, Zi35. Turpin in iMém. Mus. 111, Zill, t. 15. Mart. Palm. 111, 257, t. 120, t. X, f. 1, t. Zl, f. a. Kimûi Enum. pi. 111, 255. — Palma hortensis, Kœmpf. Amœnit. exot. 668-736, t. 1-2. — Phœnix excelsior, Cav. le. et descr. n. 125. (1) La limite méridionale du Dattier, telle que nous l'indiquons, présente d'assez nombreuses excopiions : ainsi, au voisinage de la mer, cet arbre se rencontre jusque duns !a région équaloriale. (2) iXous croyons devoir rappeler que le sud-est de l'Espngnc csl souvent privé de pluie pendant plusieurs années. 38 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, mières oasis ne se rencontrent clans ces parties du Sahara qu'au-dessous du 3^" deoré de latitude boréale, tnndis que dans la province de l'est, vers le 35° 16', à El Kantnra, il existe déjà une oasis de plus de 76,000 dattiers. Le territoire desZibnn, dontBiskra est la capitale, situé dans la partie mé- ridionale de la province de Constanline, au delà des derniers contre-forts de l'Atlas, fait partie de cette portion du Sahara, que tous les auteurs s'accor- dent à considérer comme la plus riche en dattiers (1). Ce territoire, compris (1) rour donner une idée exacte derimporlancc des diverses oasis comprises dans le territoire des Zibaii, et de celles siluées plus au nord, nous croyons devoir donner ici le tableau ofliciel qui nous a été communiqué, en 1853, par M. le capitaine Scroka, chef d i buieau arabe de Biskra, du nombre des dattiers et des autres arbres fruitiers (fij^uiers, grenadiers, oliviers, abricotiers, pêchers, etc.), plantés dans les principales oasis, avec le prix de Timpôl payé, par pied d'arbre, par les indigènes. Oasis des Zihan. Nomlire Nombre Impôt perçu Noms dos oasis. «les dattiers. ilfîs arbies fruitiers. pnr urljre. Bislcra 110858 G0/i6 ZiO c. Sidi Okba 59026 Zil67 — Chelma 13561 2338 — Kiliach 19297 l/l09 — Bencliagroun .... 33236 2090 - Lichana 315ZiO 79/iS — Farfar 19873 2120 — ïolga 76013 11705 — RlBordj 25936 310Zi — Fougliala 18709 77 30 c. El Amri 12917 396 — Liouab 8286 361 ZiO c. Sahira 120^1 152 — Ben Tliious l/i/i70 1687 — Ourlai 39506 906 — Bigou et Zaouïa . . . 20768 162 — Zaouïa et Mlili. . , . 6592 196 — Mlili 23938 595 — Oumach 28201 666 — Oasis au nord des Ziban. El Kanlara 76200 8552 20 c Djemora G0983 3369 30 c. Branis 10761 622 60 c. Beni-Souik 13166 2168 30 c. .Sur la carte qui accompagne le Happort sur un voyage botanique en Algérie, de Philippeville à Biskra et dans les monts Aurès, par E. Cossou (notice qui sera prochainement publiée dans les Annales des sciences naturelles), sont représentées SÉANCE DU 26 JANVIER 1855. 39 environ cnti'e le 3^° UO' et le 35' degré de latitude boréale, le 2° 95' et le 3° 35' de longitude orieiUale, est limité au nord par des montagnes peu éle- vées, nues et déboisées, et au nord-est par le groupe des montagnes de l'/Surès, dont les sommités les plus hautes sont couvertes de neige pendant un (î assez grande partie de l'année; son sol, argilo-calcaire, parsemé de gypse, imprégné de sel, et ne présentant que çà et là quelques espaces couverts de sable ou des monticules sablonneux, constitue une vaste plaine qui se continue au sud avec celles qui sont occupées par les groupes im- portants des oasis de l'Oued-Rigb et de l'Oued-Souf, et à l'est, avec celles de la régence de Tunis, connues sous le nom de Belad-el-Djerid (pays des dattiers). La culture principale dans les oasis des Ziban est celle du Dattier, il est cultivé là non-seulement pour l'abondonee et la variété de ses produits, mais encore pour son ombrage tutélaire, source de toutes les autres richesses de l'oasis; grâce à lui, les plaines arides du Sahara, qui eussent été vouées à une éternelle stérilité, n'ont besoin que d'un peu d'eau pour n'avoir rien à en\ ier à des contrées qui semblent plus favorisées de la nature. L'importancede cet arbre précieux, qui seul donne la vie au désert, explique tous les soins et la vénération dont il est l'objet de la part des indigènes. Les conditions qui paraissent le plus nécessaires au parfait dévelop- pement du Dattier, sont une latitude assez basse, une grande somme de chaleur, des étés très chauds, un ciel pur, des pluies rares et l'humidité du sol. La nature du terrain paraît avoir moins d'importance; car les argiles calcaires ou gypseuses, qui forment une grande partie des Ziban, présentent des oasis, qu'elles soient ou non imprégnées de sel. Les eaux qui servent à l'arroseraent du Dattier peuvent être douces ou chargées de matières salines, leur quantité étant plus importante que leur qualité; néanmoins, il faut noter que les dattes les plus estimées sont généralement produites par les oasis où les eaux d'irrigation sont saumâtres ; d'un autre côté, l'expérience a fait voir, en Egypte, que les arrosements d'eau de mer peuvent faire périr les dattiers (1). M. d'Escayrac a fait remarquer que si les dattiers de l'E- gypte et de la .\ubie, arrosés par les eaux limoneuses du Nil, ne présentent les diverses oasis comprises dans le lenitoire dos Ziban, ainsi que celles situées plus au nord, et dont la plus scptentrionalo se trouve, comme nous ravoiis déjà dit. à [^il Kanlara (35" IG' lai. Ijor.). On voit, sur la môme carte, que dans la cliaîne des monts Aurès, la limite d'altitude où le Dattier mûrit ses fruits est entre Djemora cl Bcni- Souik (vers ÙOO mètres d'altitude) ; à Menah (environ 900 mètres), le Dattier est encore planté çà et là dans les vergers qui sont groupés sous forme d'oasis, mais il n'y liii'.ue que comme arbre d'ornement, car les fruits ne i)(Mivent y arriver à maturité. A E\ Kantara, à rextrumité nord de la plaine d'El Outaïa, largement ouverte à rintluencedu vent du sud, le Dattier amène ses fruits à maturité parfaite, bien que l'oasis soit à une altitude de plus de 530 mètres. [i) Delile, Flore d'Ég\ pte (1) Bulletin de ta Société Botanique, I (185/|), p. 26. /l6 SOCIÉTÉ BOTAiSlQUE DE FRANCE. ne présenleraient pas moins de soixante-dix variétés. D'après les rensei- gnements qu'a bien voiiin nous commvniiquer M. le capitaine Seroka, clief (lu Inii-eau arabe de Biskra, et ceux recueillis par l'un de nous (M. Jamin), le nombre des variétés s'élèverait à soixante-quinze dans les oasis des Ziban (1). Les variétés peuvent être rapportées, d'après la consistance du fruit, àdeux groupes principaux : dattes dures et dattes molles. — Les dattes dores sont (1) Voici réniiméralion des diverses variétés du Dallier cultivées dans les oasis des Ziban, que nous devoas à M. le capitaine Seroka, avec la traduction de leurs noms arabes, dont M. Urbain, ancien inierprèle principal de l'armée d'Algérie, et attaclié à Tadministraiion des affaires arabes de l'Ahïérie au niiuislèrc de la guerre, a eu ro!)ligeancc de se cliari^er : Deglet Nom\ dalle Imnière. El Ghars, le rcjelon, le plant. Amekentichi Dejjlct, la précoce. El archeti, reflilée. El Jlima, l'orplielinc. El Ilamraïa, la ronge. El Kendi, la sucrée (sucre-candi). El aksia, ruiliènie, ou la bien velue. El haloua, la douce. El (jltazi, la gueiiière. El dehvMci, la .suyeuse. Bent el Faki, la tille du légiste. Bcnt el merak, la juteuse. El dmviari, fabondanle. Zarza... Zemret Mimoun, la beauté de Mimoun. Halouat el Ouiac/t, la douceur d'OuIacli. Buu Hallas, la foisonnante. El amari, l'admirable. Hamretbechri, précuiseur de la doucetu-. El emkentkhi, ta précoce. llameur Meçdb, rélaloa de la douceur. El amsalaïa, la Messilienne. Falil aksha, nùW. fécond. El Tsouri, le taïueau. El Sefraïa, la jaune. Deglet Debab, dalle des liyônes. El Achaïa, la daitc du soir. Heurt el Arab, la noble des Ar.djcs. Ghars bou Saïd, le plant de bon Saïd. Sebah bedaraâ, sept coudées. Djamâïa, la rassemblée. Rothba aza, primeiu' précieuse. Moussa cl amlas, Moussa le glabre. Sebâa cl Arous, le doigl du liancé. Bar el Djahech, le crolain du poulain. Khcn chuuch cl Dib, le trésor réservé du chacal. Deglet el Hamar, la dalle de l'âne. J£l Hora, la noble. Noua Deglet mur, noyau du deglet nour. El Deglet el beidha, le deglet blanc. Temzezet, l'aigre-Jouce. El soukria, la sucrée. Bou Zerrou... El Djouzia, la noix. Kcrch hamar, le venlre de l'âne. Chettoui, riiivernale. El kethara, la disiillanle. uim el Pas, l'œil du mors. Chedret, les perles cnfdécs. Senan el 'iiieftah, les dents d(î la clef. Rothbet Djeda, la noble primeur, El khoudri, tombant avant maturité. Badja, éclatante. El hariri, lasoye;.>e. El Loukzi, le cou[) de poing, la pleine. Termin el Khadcii;.,. Bechoult cl Oussif... Foula foui, la fibreuse. Ksob helou, ro.seau doux. Tcmelhat, la sali-e. Djerboua, gerboise. Tebessit, près de mûrir. SoualefBoumia, tresses de la chrétienne. Moukh ez zaouch, cervelle de l'oiseau. Djermcnani, dalle du récolteur. El Khedhraï, la coiombe. Kern el Ghezel, corne de gazelle. El dchabia, la dorée. El maalkuïa, la gommeuse. Sefok low Itihïa, frappe dans la main, elle tombera. Zentit el Maza, mandibules de la chèvre. Ikglel bou Sekhraïa, dalle des cliame- liers. El khebelia, Fagitée. Noua cl Ghazi, noyau de la guerrière. Bidli Hamain, œn'i de pigeon. Deglet el Noub, la Nubienne. El Ghars cl akdar, le rejeton vert. sÉA^'CE DU 2<5 ,!A>jviEn 1855. /i7 les plus cslimi'cs ea raison de la facililL' avec laquelie elles peuvent se con- server pendant longtemps après avoir été desséchées-, elles offrent également l'avantage de pouvoir être transportées au loin sans subir d'altération. Le groupe des dattes dures renferme environ quarante variétés (1), dont le Decjlet Noiir (datte lumière) est la plus recherchée ; le Deglct hou Sekhraïu (datte des chameliers) sert d'approvisionnement pour les voyages. — Les dattes molles, en raison de leur consistance, ne peuvent être conservées que dans des vases ou des peaux de bouc, où on les comprime fortement et où on les garantit du contact de l'air pour empêcher, au moins pendant quelque temps, le développement des nu>isissures ou la fermentation. Le groupe des dattes molles renferme environ trente-ciu j variétés (2). (1) Voici l'énuméralion des variétés du Dattier à fruit dur cultivées dans les oasis des Ziban : Deglet \our. Amekentichi Deglet El emkentichi. Hamraïa. El Hora. Medhia. El Haloua. El Djouzia. Anouhara. Halouat Saada. Ksob heloii. Chedret. Moitkh ez zaouch. Medjel Kesseha. Fissaoua. Bou Zerrou. Deglet ben Ametir. Deglet Ilalala. Moussa el amlus. Senan el meftah. Bou Hallas. Baar el Djahech. El Achaia. Sebâh bed edra. Soualef Roum'ia. Halouat el Oulach. Deglet. Debab Deglet ben sebia. Jlebabia. El amari. Deglet el bab. Deglet zalif. Biclh cl Ghull Assboura el Aroiis. Deglet bou Sekhraïa. Deglet el Arub. El Deglet el Be'ïdha. Kern el Ghezel. Ach moulaoh. Halouat kaddour. KeuTch Amar. El Tsoari, (2) Voici rénumération des variétés du Dattier à fruit mou cultivées daus les oasis des Ziban : El Ghars. Kseba. El ghazi. El Diina. Archeti. Sefraïa. Cent el Seguh. Humeur Meçâb. El amsalaia. Noua el Ghazy. Cheda h'ra. Bidh Humain. El Loukzi. Bent el Merak. Hamret Bechri. El dekmaci. El Khoudri. Badja. Thermin el Khadem. Dhfeur el Kofh. Zentit el Maza. El Dehbia. El cheitoui. El Kethara. Ain el Pas. El Missoussi. El âmmari. Moukh el Begri. El Fezani. Dethob Azou. Dethob Abdhla. Tini Djouhert. Guendi. Noua Guendi. El hariri. Nous (lovons faiie rcnianiuer qu'un grand nombre des noms motitioiniés daus celte lislc el la précédeiUe ne. ligurcnt pas dans celle qui nous a été communiquée par M. Seroka. Ces différences s'expliquent facilement, car les dénominations des variétés du Dattier différent nu";mc dans les oasis les plus rapprochées, la nomen- clature arabe élanl aussi variable que celle des noms vulgaiiesdc nos arbres frui- tiers en liurope. l»' 48 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Outre la consistance, les variétés sont distinguées d'après la forme du fruit, sa saveui', sa grosseur, sa couleur, l'époque de sa maturité, la l'orme du noyau, etc. — I>a variété sans noyau dont parle Prosper Alpin, et qui n'a pas été observée en Egypte par Reyniei-, ne parait pas non plus se rencon- trer dans les Ziban. — la variété la plus rare et la plus estimée de la régence de Tunis est le Monakhir (nez), dont la longueur, d'après IM. d'i^scayrac, peut égaler celle du petit doigt. La forme du noyau représente assez exactement celle du fruit, et les lia- bitanis nous ont assuré qu'il leur ctait possible, par son inspection seule, déjuger de ia qualité de la datte qui le contenait. — La dépression snb- orbiculaire qui correspond à l'embryon et qui est située sous l'endocarpe, sur la face convexe du périspermc corné, varie un peu quant à sa position, car elle occupe exactement le milieu de la longueur du noyau ou se rapproche plus ou moins de l'une ou de l'autre de ses extrémités. — Quelques variétés paraissent présenter un port assez tranché pour qu'il soit possible de les déterminer d'après l'examen de l'arbre, alors même qu'il ne porte pas de fruits. . On peut voir, d'après ce qui précède, que le Dattier n'a pas fourni, par la culture intelligente et prolongée des indigènes, des variétés moins nom- breuses que la plupart des arbres fruitiers d'Europe les plus perfectionnés. Ce fait est une nouvelle preuve à l'appui de l'opinion généralement admise, mais l'écemment contestée, que les races et les variétés d'une même espèce dérivent d'un type unique dans la nature et sont exclusivement le résultat des soins de l'homme ; le peu de variations que présentent, au contraire, les autres espèces d'arbres fruitiers, cultivés avec moins de soin par les indi- gènes, est encore une conllrmation de cette même opinion. l/étude des variétés du Dattier offre les plus grandes difficultés et ne pourrait être entreprise utilement que dans un voyage spécial, non pas seu- lement dans les oasis à la limite du Sahara, mais encore dans celles des points extrêmes de l'occupation i'rançaise ; ce voyage devrait avoir lieu au moment où les fruits sont arrivés à leur maturité, mais sont encore portés par l'arbre ; car, d'après le degré de dessiccation, une même datte présente des caractères de couleur, de consistance et de saveur si différents, qu'ils pourraient faire croire à plusieurs vaiiétés. Une des complications les plus graves de cette étude est l'impossibilité presque absolue d'établir une synonymie exacte des noms arabes des diverses variétés ; car, ainsi que nous l'avons déjà dit, ces noms diffèrent non-seulement d'un pays à l'autre, mais encore dans la même localité. Le meilleur moyen d'arriver à des notions positives, au milieu de tous les obstacles (jue présente la solution de la question, serait de former une oasis composée des variétés les plus estimées du Dattier; on pourrait ainsi plus facilement trouver les caractères essentiels des races les plus distinctes 5 SÉANCE 1)L 26 JANVIER 1855. 49, c'est de cette manière, du reste, que l'on a procédé ù l'étude des innombra- bles variétés des arbres fruitiers d'Iùirope. Quoique la culture du Dattier ait déjà atteint un degré de perfection qui laisse peu à désirer, on pourrait peut-être, cependant, obtenii-des résultats utiles du choix éclairé des individus mâles, si l'on voulait tenter par le semis la création de variétés nouvelles. Principaux ouvrages à consulter pour la distribution géograp/iique, la culture et les usages du Dattier. Kaempfer, Amœnitatum pxoticarum politico-phijsîco-medicarum fasciculi V..,, p. 668-736. Shaw, Voyage dans la Barbarie et dans le Levant, I, 290. De Lamarck, Eneyclopédie méthodique. Botanique, II, 261. rjesfontaiiics, Flora Allantica, II, /|38. IleyiiiiT, Observations sur le Palmier Dattier et sur sa culture, dans les Mémoires sur l'Egypte, III, 159-18^. — Le même mémoire dans la Décade égyptienne, publiée au Caire, III, 179. Olivier, Voyage dans l'empire othoman, l'Egypte et la Perse, II, 53. Delile, Flore d'Egypte, éd. 1, 169, 2« éd., /i35-i50. Martius, Gênera et species palmarum..., III, 257. (liiyon. Voyage aux Ziban, p. 2Ziù-2fi6. D'Escayrac de Lauture, Le désert el le Soudan, p. ^-15. tour la description du genre Phœnix et du Phœnix dactyiifera, con- sulter les ouvrages déjà cités pages 36 et 37 pour la synonymie de la plante, et en parlifulier ceux de Gœrtner, .lussieu, Lamarck, Desfontaines, Delile, Turpin, Marlius, Endiicher, Kuntb. M. Germain de Saint-Pierre ne pense pas que chez les Palmiers la greffe par implantation de la sommité (run individu sur la tige d'un autre doive nécessairement échouer. M. ïrécul cite comme exemple de greffe de monocotylédones deux pieds de Dracœnareflexa. greffés par approche au Muséum. M. Decaisne fait observer que la réussite de la greffe du Z)raca;/ia ne peut rien faiie conclure relativement au Dattier, L'ensemble de la structure de ces deux arbres est très différent; le tissu externe, très compacte chez le Dracœna, iloit faciliter la juxtaposition des faisceaux ligneux. M. Trécul répond que la structure des Dracœna ne Uii paraît pas différer beaucoup de celle des autres arbres mono(\Ttvl Iflonocotyle» [Notes morphùlogiqucs mr la ramification de quelques Mo7iocotyléê); par M, Thilo Trmisch. Botan. Zeitung des 19 et 26 ianv. 1855, col. /il -^H, 57-63. Les plantes étudiées par M. Tliilo Irmisch dans ce travail sont les sui- vantes : N ardus stricta; Heleocliaris paiustris; Scirpus lacustris^ sylva- ticus; Juncus e/fusus, conglomeratus, glaucus, lamprocarpus, compressus. Voici les faits les plus généraux qu'elles ont présentés. Le plus prand nombre d'entre ces plantes concordent entre elles sur ce point que leur jet antidrome se développe le mieux. Chez toutes, le bour- geon situé le plus bas est le plus vigoureux, taudis que les suivants devien- nent progressivement de plus en plus faibles. Le bourgeon principal se pré- sente à l'aisselle de la première feuille d'une pousse chez le Scirpus palus- tris el le I\ ardus stricta, à celle de la seconde feuille chez le Juncus glaucus, de la quatrième, chez le Juncus compressus, de la cinquième, chez le Scirpus lacustris, et d'une feuille située encore plus haut chez le Scii'pus sylvaticus (sur les rejets). Cet ordre du développement des !)ourgeons est nommé par l'auteur développement centripète. Sous ce rapport, auprès de ces plantes, viennent se ranger parmi les Monoco'yiédons, entre autres: Colchicumautumnale, Sparganium, Alstrce- meria Pelegrina. Ou observe aussi un développement inverse ou centrifuge des bour- geons persistants, lorsque ce n'est pas le bourgeon le plus bas qui se pré- sente comme le bourgeon principal, mais, au contraire, celui qui est placé le plus haut, ou au moins un bourgeon qui a été déjà précédé par quelques autres plus faibles. C'est ce qu'on voit parmi les Monocotylédous, notam- ment chez les 6'/'oc»s et les autres Lidées; chez les Liliacées; chez VArum macidatum, le Calla paiustris, VAcorus Calamus, le Sagillaria sagittœ- folia, VAlisma Plantago, le Triglochin, le Convallaria Polygonatum, et chez les Orchidées. En somme, on reconnaît que les ramifications, par lesquelles se conserve l'individu, présentent des phénomènes absolument semblables à ceux qu'on retrouve dans les inflorescences. REVLE BIBLIUGIIAPHIQLK. 53 On tl»e stPMftwre of tlie aittliers of MSa'ictt {Sur la struc- ture des anthères des Erico); par M. John Lowe. Note communiquée à la Société botanique d'Edimbourg, le ih décembre 1854. On décrit ordinairement les anthères des Erica comme formées de deux loges, qui s'ouvrent et laissent sortir leur pollen par deux pores latéraux. En effet, une fleur entièrement épanouie présente ses anthères libres et pourvues d'un pore ou plutôt d'une fente de chaque côté. Mais si l'on exa- mine une fleur encore jeune et non épanouie, on voit que ses anthères sont rattachées entre elles en cercle et ne présentent pas de pores. Leur décolle- ment ultérieur est causé par le grossissement du pollen. M. Rob. Brown parait avoir mentionné le premier cette particularité en 1811, dans VHortus Keivensis, où il dit : Anthei se ante anthesin per duo foramina lateralia con- nexse. Un autre point intéressant relativement aux anthères des Erica, est celui de la séparation qui a lieu entre les loges d'une même anthère, et qu'on observe dans toutes les espèces, quoique à différents degrés. Dans certaines, cette division s'étend presque jusqu'à la base, ou même jusqu'à la base de l'anthère, et chez deux espèces, Erica Bahksiana et E. Sebana lutea, il existe une séparation si complète que les loges de deux anthères adjacentes sont plus fortement unies entre elles ({ue celles d'une même anthère. Dans ces deux plantes, les filets sont étalés en forme de înive, et il parait y avoir, chez toutes les espèces examinées, un rapport constant entre Téiargissement des filets et la séparation des loges. Il semblerait que la ligidité des filets a quelque effet pour amener la séparation des loges ; car lorsque les filets sont grêles et délicats, les loges sont moins séparées, eivicc versa. Les observations de M. John Lowe ont porté sur vingt-trois espècs. lier BstiiBBi. ISclraeBitiin$£en atelier @7es/- drocotyle asiatica, faite en 1852, par le docteur Boileau, de l'ile Maurice. L'emploi de cette plante, administrée sous forme de poudre, de tisane et de sirop, parait être suivi d'heureux résultats dans la maladie dont il s'agit, ce qui est confirmé par les observations des docteurs Poupeau, Boileau, Hou- bert, et par un rapport du Médical Board de Madras, adressé au chef-secré- taire du gouvernement de Madras. Avant d'entrer dans la partie médicale de sou travail, l'auteur donne la description l)otanique de VHydrocotyle asiatica, et indique divers noms que cette plante porte dans llnde: Bevi- lacqua à Maurice, Vellùrai en ïamoul, T/ialkurâ en Ilindoustani, Codagen en Malabar (Rheede), Eloukatcheirikoura (plante à oreille de rat) en Télinga. Puis il donne l'analyse chimique de la plante [pes equinus de Kumphius). Suivant lui, le principe actif est une matière grasse, de couleur jaune, qu'il nomme Vellarine, pour rappeler ."^ou nom tamoul. Puis il in- dique les diverses formes médicamenteuses (|ue peut revêtir ce nouveau médicament. T. II. 5 (56 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. MÉLANGES ET NOUVELLES. — Emploi des feuilles du Houx, llex aquifolium, en place de thé. — D'après la Botanische Zeitung du 12 janvier dernier, M. Hugo v. Mohl, se trouvant l'automne dernier dans In forêt Noire, apprit, à son grand éton- nement, qu'on y fait fréquemment usage, en place du thé de Chine, des feuilles do Houx séchées au soleil. Ne pouvant se procurer de ces feuilles déjà préparées, dans le lieu où il se trouvait, il fit un essai avec des feuilles fraiciies. Celles-ci ne doivent pas être prises en simple infusion Ihéiforme, mais il faut les faire houillir. Quoique étant, dit-il, amateur de thé et surtout ennemi de tout ce (ju'on a proposé pour succédanées, il trouva que ce thé de Houx n'était nullement à dédaigner, et que, dans tous les cas, il était préférable à celui de Maté qu'il avait eu occasion de boire. Comme il le fait observer, il serait intéressant d'essayer si, en torréfiant les feuilles du Houx, ainsi qu'on le fait pour les feuilles de Vllex paraguayensis qui servent à pré- parer Tinfusiou de iMaté, si, en outre, en faisant un choix parmi les feuilles de cet arbre, on n'arriverait pas ù en faire une matière d'une valeur réelle, et dont l'usage pût se généralistr en Euiope. — Le 1'"'' mai prochain doit avoir lieu à Pavie la vente aux enchères de la bibliothé(|oe botaiii(|uede Moretti. Celte précieuse collection se compose d'enviion 90U0 volumes, outre un grand nombre de brochures. Elle est piincipalenu'nt formée d'ouvrages relatifs aux plantes phanérogames. Ses plus grandes richesses consistent dans une collection aussi complète que possible (les auteurs anciens, collection qui commence par V Herbarius Ma- guntiœiinp]essus[\k%k), V Hortus Pataviœ impressus [\US5),VIIo)'tussam- tatisiihS?)), et qui comprend tous les ouvrages de Macer, Brunfels, Fuchs, Turner, Loiiicer, Dodoens, l'Ecluse, Pena, Lobel, Cesalpin, Tabernœmon- tanus, Coloima, Bauhin, Boccone, etc. Comme exemple du soin avec lequel Morelti «ivait cherché pendant toute sa vie à compléter cette partie de sa bibliothèque, on doit surtout citer sa colleclion de U9 éditions des Com- mentoires de Motthiole sur Dioscoride. La botanique descriptive du xviii' et du xix* siècle y est représentée avec une richesse peu commune, surtout, comme il est facile de le penser, pour tout ce qui a rapport à la flore de l'Italie. Ou y trouve aussi plusieurs grands ouvrages à planches du plus haut prix, tels notamment que ceux de Jacquin et le Flora grœca., et plusieurs collections périodiques précieuses, comme celles du Botanical Magazine, de la Flora, de la Bibiioteca iialiana, du Giornole dell' Istituto loinhardo, etc. — La reine-veuve de Saxe vient de réunir au cabinet royal d'histoire naturelle, et par suite, de mettre à la disposition du public les riches col- KEVUE BlBLlUCiKAl'HlQLE. 67 lections botaniques qui étaient devenues sa propriété à la mort du roi Fré- déric Auguste II, son mari. Ces collections se composent d'un herbier de grande valeur, d'une collection précieuse de figures de plantes intéressantes et d'une riche bibliothèque botanique, — M. Zollinger, qui était reparti l'an dernier pour. lava dans l'intention d'y faire de nouvelles collections de plantes, a eu le malheur de se casser une jambe, au Caire. Ce triste accident l'a mis dans l'impossibilité de con- tinuer son voyage, et l'a obligé de retourner en Europe reprendre les fonc- tions de directeur du séminaire de Kuessnacht, canton de Zurich, qu'il rem- plissait depuis son retour de Java. — M. Th. Orphanidès, professeur de botanique a l'université d'Athènes, que nous avons connu pendant plusieurs années à Paris se livrant avec ar- deur aux études botaniques, vient de remporter un prix de mille francs qui avait été proposé par M. Amhrosios Rallis, riche Grec de ïrieste, pour la meilleure pièce de poésie présentée au concours ouvert par lui. En zélé botaniste, M. Orphanidès a consacré la valeur de ce prix à la formation de deux collections de plantes de Grèce, dont il désire qu'une reste au ]Musée d'Athènes, tandis que l'autre sera destinée a l'un quelconque des musées d'Europe dont la désignation sera faite par Î\I. Rallis. — La Société impériale et centrale d'horticulture fait en ce moment les préparatifs nécessaires pour une exposition qui doit dépasser, sous tous Us rapports, tout ce qu'on a vu encore dans ce genre de plus brillant et de plus grandiose. Cette exhibition horticole différera d'aboid par sa durée de celles qui ont lieu d'ordinaire ; car, ouverte le 1" mai prochain, elle ne finira que le 31 octobre suivant. Elle devra ainsi amener un renouvellement dans les plantes exposées. En outre, et pour le même motif, elle permeltia de suivre le développement de plusieurs végétaux qui y séjourneront pendant long- temps. Enfin, elle sera universelle et les horticulteurs de tous les pays sont invités à y prendre part. Pour conserver Us diverses plantes exposées dans les conditions de culture qui leur sont nécessaires, la Société fait construire, sur la vaste portion des Champs-Elysées où aura lieu son exposition, des tentes et abris divers, des serres à différentes températures et même un vaste aquarium dans lequel plusieurs pieds de Victoriaregia étaleront leurs gigantesques feuilles et leurs aiUnirabies fleurs, en compagnie de nombreux Nf/mphœa, de Neluiubiwn, etc., qui composeront pour cette Reine des eaux un magnifique cortège. Au total, un spectacle ravissant sera offert iiux horticulteurs et aux botanistes qui verront ainsi réunies, dans un même lieu, les plantes habituellement disséminées dans un grand nombre de jardins en France et à l'étranger. Du reste, tout ce qui est du domaine de l'horticulture occupera sa place 68 SOCIÉTÉ BOTAiNIQUE UE FRANCE. dans cette exposition, ainsi que nous l'apprend un article du règlement que nous reproduisons textuellement: « Pourront être admis à cette exposition les plantes, arbres, arbrisseaux et arbustes de tout genre et de toute espèce, fleuris ou non, les légumes et fruits forcés ou cultivés naturellement, et les objets d'art et d'industrie ayant un rapport direct à l'horticulture.» — M. Daënen, que des voyages fréquents, en Suisse, et en particulier dans le Valais, ont rais à même de recueillir un grand nombre d'espèces rares de la Flore helvétique, et qui a exploré récemment une partie des Alpes de la Lombardie (spécialement les environs de Côme), a composé une collection renfermant les plantes les plus intéressantes de ses récoltes. — Les échantillons sont préparés avec le plus grand soin et déterminés avec exactitude. — La collection se compose d'une centurie dont le prix a été fixé a 15 fr. (1). — M. de Heldreich, directeur du jardin botanique d'Athènes et qui, depuis plusieurs années, explore les points les plus intéressants de la Grèce, a composé des collections non moins importantes par la rareté des espèces qu'elles renferment que par le soin avec lequel les échantillons sont recueillis et préparés. — Le catalogue des centuries, actuellement en vente, offre la réunion d'un très grand nombre de types soit du Flora grœca de Sibthorp et Smith, soit de publications plus récentes et en particulier de celles de MM. Boissier et de Heldreich. — Trois centuries ont paru (2). — Le premier numéro du Bulletin de la Société botanique de France contient l'annonce d'un voyage ((ue M. Lindeberg, de Gotheborg (Suède), allait exécuter dans les Alpes de Dover ou Dovre, en iSorwége, avec l'inten- tion de former des collections de plantes. Nous pouvons annoncer aujour- 'd'hui que les collections formées par M. Lindeberg, dans le cours de son voyage, sont maintenant arrivées à Paris, et qu'elles sont déposées chez M. le docteur Puel, boulevart Beaumarchais, 72. . — Nécrologie. — Le 27 janvier 1855 est mort à Leipzig, le docteur et professeur Wilhelm Ludwig Petermann, conservateur de l'herbier de l'uni- versité. Il était né à l.eipzig le 3 novembre 1.S06. Il a écrit plusieurs ouvrages et mémoires de botanique dont oa trouve l'indication dans le Thé- saurus Aq M. Pritzel, n" 7907-7915, et dont le principal est une Flore d'Al- lemagne. '»" (1) S'adresser à M. Bourreau, à l'aris, rue Sainl-Claude (au Marais), ilx. (2) M. do, Ileldieicli a fi.\é le prix de ces piaules à '25 francs par centurie. Les demandes doivent être adressées à M. de lieldreich, directeur du Jardin botanique d'Alliènes, ou à M. tJourgeau, à Paris, rue Sainl-Claude (au Mar.iis), 1Z(. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 69 BIBLIOGRAPHIE. Dans le caliier u° 7 du Bulletin, on adonné le relevé des articles origi- tiaux publies dans deux Journaux botaniques allemands, à partir du com- mencement de l'année 185i. Dorénavant des relevés analogues seront in- sérés dans le Bulletin, et l'on aura soin, non-seulement de les étendre, autant que possible, à toutes les publications périodiques françaises et étran- gères qui renferment des travaux sur la botanique, mais encore de les con- tinuer régulièrement dès l'instant où l'arriéré de 185/i aura été effacé. Les botanistes auront ainsi sous le- yeux l'indication des articles et mémoires dont la connaissance peut les intéresser, en attendant qu'il ait été possible de leur présenter une analyse succincte de tous ceux qui sont susceptibles d'être résumés, ou qui ont assez d'importance pour mériter d'être connus moins imparfaitement que par un simple titre. Flora otler ailgeiikeiite hotfaiiisiclie Zeitiin;?, herausgegeben von der Kœnigl. bayer, botanischen Gesellschaft zu Regensburg, {Flovn ou Journal botanique général, publié par la Société royale bavaroise de botanique, siégeant à Ratisbonne.) 12* année, !<=•■ et 2'= tomes de la nou- velle série, ou 33* année et 1" et 2* tomes de la série entière (1). Articles originaux publiés en 185^. Wichura. — Ueber kuenstlicli erzeugte Weidenbastarde (Sur des hybrides de Saules produits artificiellement), p. 1-8. Hermann Ifzigsohn. — Ueber die Algengattung Psichohormiwn (Sur le genre d'Algues Psichohormiwn) , p. 17-20, Wenderath. — Noch ein Wort ueber Epilobium denticulatum, ^Yender, und. ^. crassifolium, Lehm. (Encore un mot sur V Epilobium denticu- latum, Wender. et sur ÏE. crassifolium, Lehm.), p. 33-36. H. Widler.— Morphologische Notizen (Notices morphologiques). 1. Ueber scheinhar gipfelstaendige Blûthen (Sur les fleurs en apparence termi- nales). 2. Inflorescenz von Linum tenuifolium {Inaovescence du Linwn tenuifolium). 3. llex aquifolium. h. Paris quadrifolia, p. 1x9-51. Schnizlein. — Weitere Mittheilungen ueber dieSitzungen der botanischen Section der Versammlung deutscher Aerzte und Naturforscher zu Tue- bingen (Communications plus étendues sur les séances de la Section (1) Ce joinnal est dirigé par le doclenr A.-E. [•'iiernrohr, à Rnti.sbonne (Re- gensburg). 11 paraît par cahiers hebdomadaires, in-8°, au prix de IG lianes par année. 70 SOCIÉTÉ BUTAMQUE DE FKAiNCE. botanique du congrès des médecins et des naturalistes, qui a eu lieu à Tubingue), p. 65-73. Cari Sc/timper. — Auhang. Appendice à l'article précédent: Lettre adressée au congrès, p. 73-78. Sclinizlein. — Ueber die Zukunft der systematischen Nomenclatur in der Botauik. Ein Vortrag,gehalten in der 4'" Sitzung der botanischen Section der JXaturforscher-Versammlung zu Tuebingen (Sur l'avenir de la nomen- clature systématique en botanique. — Communication faite à la qua- trième séance de la section botanique du congres des naturalistes, à Tu- bingue), p. 81-86. C. Fischer-Ooster. — Kleine Beitraege zur Flora Deutschlands und der Schweiz (Petites notes relatives à la flore de l'Allemagne et de la Suisse), p. 97-101. Roh. de Visiani et Abi^ah. 3fassalongo. — Synopsis plantarum Floree terlia- riee Novalensis, p. 113-12^. Friedr. Leybold. — Botaniscbe Skizzen von den Grenzen Suedtirols (Es- quisses botaniques des frontières du Tyrol méridional), pages 129-139, lZi7-157. Krempelhuber . — Lecanora Zicackhiana, eine neue Flechtenart aus Bayern {Lecanora Zwackhiana, nouvelle espèce de Lichen de Bavière), p. 1^5-1^7. Bofaiiisclie Zeittiii;^. Articles originaux publiés en 1854 (d'octobre à la fin de décembre). Karl Mueller. — Ueber einige bisher verwechselte Arten der Farngruppe der Hymenophyllaceo' (Sur quelques espèces de Fougères jusqu'à cejour mal déterminées et appartenant au groupe des Hymenophyllaceœ), Colon. 713-723. 729-738, 745-755. § 1. Sur le Trichomanestrichoideum, Sw. — - § 2. Sur VHymenop/iyllum ciliatwn, Sw. — §3. Sur V Hymenophyllum liirsutum, S>\\. — § 4. Sur le Trichomanes digitatum, Sw. — § 5. Sur V Hymenophyllum. dilatatiim, Sw. — § fi. Sur le Trichomanes muscoides, Sw. — § 7. Sur le Trichomanes rigidum , Sw. — § 8. Sur le Trichomanes pyxidiferum. Lin. Hugo von Mohl — Ueber die Fleckenkiankheit der Maulbeerblaetter und die Septoria Mori, Lév. (Sur les taches des feuilles de Mûrier et sur le Septoria Mort, Lév.), col. 761-771. L. C. Treviranus. — Eine auffallend schaediiche Einwiikung des Sonnen- lichts auf die untere Blaltseite (Action remarquablement nuisible de la lumière solaire sur la face inféi'ieuro des feuilles), col. 785-788. RRVrE RIBLIOGRAPHIQIE. 71 SchlecJttendal . — Ein Wort uel)er Pisonia aculeata (Un mot sur le Pisonia aculeata), col. 788-790. Schlechtendal. — Beobaciitungen an Garten-Enphorbien (Observations sur les Euphoi'I)CS des jardins), coi. 801-805. Schlechtendal. — Nachtraegliche Bemerkungen ueber Portulacca (Remar- ques additionnelles sur les Po7'tulacca), col. 805-808. Schlechtendal. -^ KviWsche Bemerkungen ueber Graescr (Remarques cri- tiques sur les Graminées) : Cijmatochloa. — Col. 817-822. Hermonn Crueger. — Westindische Fragmente (Fragments envoyés des Indes occidentales); 5* fragment: Vertbeidigung der Primitivfaser (Défense de la fibre primitive), col. 833-839, 853-872. Th. Hartig. — Ueber das Verfabren bei Bebandiung des Zellenkerns mit Farbstoffen (Slir la manière dont se comporte le nucleus cellulaire sous l'action des matières colorantes), col. 877-881. Milde. — Ueber Botri/chium rutœfolium, Al. Braun {Botrychium matrl- carioides, Wiild.) (Sur le Botrychium rutœfolium., Al. Braun), col. 882-88/1. Th. Hartig. — Ueber das Verhalten des Zellenkerns bei der Zellentheilung (Sur la mani( re dont se comporte le nucleus cellulaire lors de la division des cellules), 893-902. Schlechtendal . — Betrachtungen ueber die Limosella-ÀHen (Considérations sur les espèces du lienre Limosella), col. 909-918. Ilo»l4ot*'s «Itoiurat»! of l$otai>y îtiitl 14eiv Cnartleii ITIiscelInny [Journal de Ijotainque de Al. Hooker et Miscellanées du jardin de Kew] ; publié par sir William .Tackson Hooker, directeur du jardin royal bota- nique de Kew (1). Articleti originaux publiés en 185/i. G. Bentham. — Florula llongkongensis : An enumeration oflhe plants col- lected inthc Island of Hongkong by Major J. G. Champion; the determi- (1) Ce journal paraît par caliicrs mensuels iii-8° de 2 feuilles, et 1 plaiiciie litho- grapliiéc. Son prix est de 2 siiiliings (2 fr. 50 c.) par cahier, il existe depuis 18oii; mais il a formé successivement, depuis celte époque, liois séries dislinguées par leur titre : I.a première série, intitulée The journal of Botany,a donné û volumes, dont le 1" porte la date de 183/|, tandis que les 2% 3' et W portent celles de IS^iO, 18/|1 et 18/|2. La deuxième série est intitulée The London Journal nf Botany ; oWc a donné 7 volumes, de 18/i2 à 18/i8 inclusivement. Enfin, la troisième série porte le litre de IlooKb;R's./o«ma/ of Botany and Keu) Garden Miscellany; commencée en 1869, elle en est en re moment à son 7" volume. 72 SOCIÉTÉ BOTAMQLE DE FRANCE. nations revised and the iiew species described by G. Bentham (Florule de Hongkong. Enumération des plantes récoltées dans l'ile de Hongkong, par le major J. G. Champion ; les déterminations revues et les nouvelles espèces décrites par M. G. Bentham. Pages 1-9, 72-78, 112-117. Cet article est la conlinuaiioii d'un travail déjà publié en partie dans le volume précédent. Sir W. J. Hooker. — Kew Garden INIuseura ; or, a notice on the origiii and some of tlie contents of the Muséum of économie botany attached to the Boyal Gardens at Kew (Musée du jardin de Kew, ou Notice sur l'ori- gine et sur quelques-unes des substances du musée de botanique écono- mique ajouté au jardin royal de Kew), p. 10-26. Cet article fait la suite d'un travail déjà publié en partie dans le volume pré- cédent. Nées von Esenheck. — Cyperacese Cumingianœ (Insularum Philippinen- sium) herbarii Lindieyaui ; auctore Neesio ab Esenbeck. 18/i9. P. 27-30. Rie. Spruce. — Journal of a voyage up the Amazon and Rio Negro (Journal d'un voyage le long de l'Amazone et du Rio-Negro), p. 33-^2, 107-111. Cet article est la suite d'une publication déjà commencée. J. S. Roe. — Report of a journcy of discovery into the interior of Western Australia, between 8 septemher 18^8 aud 3 february 18^9 (Rapport sur un voyage de découverte dans l'intérieur de l'Australie occidentale, exécuté du 8 septembre 18Zi8 au 3 février l8/;9), pages h1-U^, 78-88, 117-123, 1^6-151, 17^-180, 212-217, 2^-267, 239-3Zt5, 377-380. Berthold Seemann. — Remarks on Passifloraceœ and Turneraceœ (Remar- ques sur les Passifloracées et les Turnéracées), p. 53-5^. C. F. Meisner. — New Proteacese of Australia (Protéacées nouvelles de l'Australie), p. 65-78. James Motlcy. — Extracts of letters from the Malayan Islands, addressed to sir W. J. Hooker and to W. Mitten (Extraits de lettres écrites des îles de la Malaisie, adressées à sir W. J. Hooker et à M. W. Mitten), p. 78-8^. Thomas C. Archer. — On two fibres from Brazil; with a note by sir W. J. Hooker (Sur deux matières fibreuses du Brésil; avec une note, par sir W. J. Hooker), p. 8^-87. G. H. K. Thicaites. — Description of some new Gênera and spccies of Ceylon plants (Description de quelques nouveaux genres et espèces de plantes de Ceyian), p. 65-72, 298-30Zt; pi. I, II, IX, X. Paris.— Imprimerie de L. Martinet, 2, rue Mignon. SOCIÉTÉ BOTAiNIQUE DE FRANCE. Sô^à» SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1855. l'RKSIDKNCE DE M. DECAISSE. M. Duchartre, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 26 janvier, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. le Président proclame l'admission de : M. Viaud-Grandmarais (Ambroise), étudiant en médecine, rue de l'Abbaye, 8, à Paris, présenté par MM. Jamain et Bureau. Dons faits à la Sociélt' : 1° Par M. Ad. Brongniart : Séance, publique (du 8 novembre 185^) de la Société impériale et centrale iV agriculture . 2° Par M. Weddell : Revue de la famille des Urticées. Notice sur quelques Rubiacées de l'Amérique tropicale. Considérations sur l'organe reproducteur des Ralanojihorées et des llafflésiacées. Description d'un cas remarquable dlujbridité entre des Orchidées de genres différents. Notice sur la Coca, sa culture^ i>a préparation, so7i emploi. 3» Par M. Dusacq : Le Bon .Jardinier.^ .'ilniaiiach poui' 18r)5 T. 1(. 6 7A SOCIÉTÉ BOTANIQUE DÉ IKANCK. U° De la part de M. Ch. Des Moulins, de Bordeaux: Examen des causes qui paraissent influer particulièrement sur la croissance de certains véyétaux, 1847. Deuxième et tivisième Mémoire sur la même question, 1848. Documents sur la naturalisation, en France, du Panicum Digitaria, 1848. Erythrœa et Cyclamen de la Gironde, 1851. Notice sur le Sisymbrium bursifoliiim. I.ap. non L., 1843. Une visite au berger des Eaux-Bonnes, 1852. Discours sur l'évolution des forces vitales dans la nature. De la propriété littéraire en matière de nomenclature scientifique, 1854. Notice sur les feuilles du Scirpus lacustris. Suite du Catalogue raisonné des Phanérogames de la Dordogne. Discours d'ouverture prononcé à la séance publique de la Société lin- né enne de Bordeaux., en 1853. Programme des récompenses académiques proposées par la Société l inné enne de Bordeaux, 1854. 5° De la part de M. Alph. De Candolle, de Genève: Des caractères qui distinguent la végétation d'une contrée. 6° De la part de M. Durieu de Maisonneuve, de Bordeaux: Notes sur quelques plantes de la flore de la Gironde, et description d'une nouvelle espèce c?'Avena. 7» De la part de M. Noulet, de Toulouse: Flore analytique de Toulouse et de ses environs, 1855. 8° De la part de M. Léon Duibur, de Saint-Sever-sur-Adour : Lettre sur la maladie de la vigne. 9" En échange du Bulletin de la Société : L'Institut, journal des sciences, 1855, 6 nunnéros. Bulletin des travaux de la Société d' horticulture de la Seine, décembre 1854. M. Duchartre, secrétaire, donne lecture de la communication sui- vante adressée à la Société : L'OMBELLE, LNFLORESCENCE DÉFINIE ET INDÉFINIE, par M. D. CLOS. (Toulouse, 8 janxier 4855.) II est étonnant, dit M. Alpiionse De Candolle, que la vue du Daucus SÉANCE 1)1 9 FÉVRIER 1855. 75 Carota, où l;> Heur ceiitialc se distingue nettement par la couleur et la forme, n'ait pas eiripëché les auteurs de se copier tous, en rapportant les ombelles aux inflorescences indéfinies : ce sont des inflorescences définies dont la fleur centrale se distingue mal ou fait délaut, excepté dans la Ca- folte (1). » Cette note, que nous transcrivons en entier, date de 1852. Tout réceniment , dans une communication faite à la Société, ]\T. Germain de Saint-Pierre, suivant l'exemple de M. Rœper et de tous les auteurs de traites éiémentaii'es, a rappurté l'ombelle au grand groupe des infiores- cences indéfinies (2). Le savant de Genève n'a cité aucun fait, n'a donné aucune preuve- a l'appui de son assertion; j'ai donc cru devoii- rechercher jusqu'à quel point elle était fondée, et l'objet de cette note est de discuter les raisons qui lui sont ou favorables ou conti'aires. Les motifs qui ont fait ranger l'ombelle au nombre des infiorescences in- définies sont, si je ne me trompe, les deux suivants : 1" la diminution gra- duelle de longueur des pédoncules, à mesure qu'ils se rapprociient plus du ceutiede l'ombelle; 2° la marche centripète de la floraison. A ces valsons, j'oppose les considéraiions (fue m'a suggérées la re\u(' des plantes de cette famille : 1" l'axe très court qui supporte les rayons de l'ombelle, et que l'on suppose refoulé sur lui-même par les deux extrémités, comme le seraient les tubes d'une lunette d'approche (3), un Jianais v\v vu, que je sache, ter- miné par un bourgeon ou un moignon de feuilles (/i). 2" La marche de la floraison et cette décroissance de longueur des rayons vers le centre s'ex- pliquent dans une inflorescence définie, en admettant que les rayons exté- rieurs de l'ombelle naissent seuls de l'axe primaire et donnent naissance par leur base aux intérieurs. C'est une pure supposition, dira-t-on peut-être : d'accoi'd; nmis à une hypothèse n"est-il pas permis de répondre par une hypothèse (5) ? 3° Dans les Eryngium cornlculatum^ dichotonami et autres, la tige est m-'//e?/ie/i^dichotome, car chacune des branches de la bifurca- tion est à l'aisselle d'une bractée; aux ramifications inférieures, les dicho- tomies offrent \\\\ pédoncule alaire que termine un capitule ; aux supé- rieures, ce pédoncule médian avorte, mais les deuK bractées opposées n'en persistent pas moins. De semblables exemples de véritables dichotomies se (1) Voy. Bibliothèque universelle de Genève, Archives des sciences physiques et naturelles, t. XXI, p. o/iO, en note. (2) Voy. Bulletin de la Société Botanique de France, t. f, p. l'Jl et suiv. (iJ) Voy. De Candolle, Orjjanuijrdphir réfiétale, l. \, p. /lO'J. (Zl) Au centre des rayons do l'ombelle, on voit, dans la plu|)ail des Oinhcllifères, un vide qui peut tout aussi bien être considéré comnic iiidi(|tiaiil la pkue (Tiine fleur que d'ini houry;con. Dans les Buplevriini gibraltaricuni et fi ulirasiini, dans le Crithmum marilimum, elc. , ce vide n'existe pas. (5) Je rappellerai (pic les botanistes explicpienl de la soi te li's fleurs (rapparence fasciculéo que l'on voit à Taisselle des iéuilles chez certaines piaules. 76 SOCIÉTÉ BOTAMOLR DE FRANCE. 1 retrouvent dans les Sanicida, et aussi, d'après DeCandolle, dans le Petognia saniculœfulia[l). Kest-W ^as probable que les dernières ramifications de ces plantes obéissent a la même loi et que leurs prétendus capitules ne sont que des cimes à un état extrême de contraction, ou, pour employer le lan- gage de M. Rœper, des glomérules? h" Chez les Baplevrum falcatiim^Jun- ceton, et plus fréquemment encore chez le B. tenuisswmm, on voit certaines ombellules réduites a trois fleurs, dont une centrale, et les deux autres chacune à l'aisselle d'une bractée : quelquefois avec trois fleurs il y a quatre bractées en croix, deux de celles-ci abiitant chacune un rudiment de fleur. Je lis dans le Prodrome de De Candolle que les ombellules du Micropleura renifolia et du Diposis saniculœfolia se terminent aussi par trois fleurs, dont une médiane. Le même fait se reproduit dans notre 'Boiclesia tripar- tita, décrit dans ie Flora chilena, et dans ï Hydrocotyle solandra. Mais il y a plus: dans le Xant/iosia tridenfafa, d'apiès i)e Candolle, dans le Lagœcia cuminoides^ chaque ombellule ne consiste (jucn une seule fleur accompa- gnée d'un involucre et forcément terminale ; VHydrocotylevirgata,T\'^wvè dans ks Illustrations de Lamarck, planche 188, parait être dans le même cas. 5° Si l'ombelle est une inflorescence indéfinie, la fleur, considérée dans chaque groupe floral comme la plus élevée sui- l'axe, devra être la moins développée, la moins parfaite. Or, dans les genres Diposis el Micropleiit^a, déjà cités, et da :;s V Echinnphora, la fleur médiane est seule fertile dans chaque ombellule, les latérales sont stériles (2). Chez la Carotte, la fleur médiane de chaque ombellule est fiéquemnient rouge, et, au rapport de M, Germain de 'i^i\n\l-^\cvYç, plus vigoureuse que les fleurs blanches qui l'entourent immédiatement, souvent pins large quelles et presque toujours fertile. D'une autre part, noire honorable confrère dit avoir vu dans la Carotte Vombelle centrale uniflore, et cependant il déclare qu' l.es auteurs qui l'ont suivi disent bien qu'il y a des pauirules, conpnbes ou grappes dé/iîiies ^Ad. deJussieu), ou des cymes racémiformes, pouicnlées, axillaires, terminales (Ach. Ri- chard); mais M. Le Maout me semble avoir mieux fait ressortir cette cor- respondance parfaite entre les divers termes des deux sortes d'inflorescences, donnant aux uns et aux autres un égal développement. A l'occasion de cette communication, M. Treciil fait observer que pour lui il n'existe pas de véritable dicbolomie cbez les Ombeilifères, ni en général chez les plantes à feuilles alternes. Ainsi, dans lesBégo- niacées, dont les feuilles sont distiques, il n'y a que de fausses dicho- tomies, malgré l'apparence contraire. Il existe une fleur mâle alaire entre les deux rameaux de linfloi-escence. 3Iais, par un examen attentif, on voit que l'un des deux rameaux est inférieur à l'autre. 31. Germain de Saint-Pierre ajoute que M. Clos ne lui parait pas avoir bien saisi le sens des idées qu'il a exposées dans sa notice sur l'inflorescence des Daucus. Il n'y o, a-l-il dit dans cette notice, ni ombeUule centrale dans une ombelle, ni fleur centrale dans une ombeltulr. Il désigne l'ombellule la plus voisine du centre sous le nom d'ombellule dite centrale (t. I, p. '12/ii ; cette ombellule est toujours, pour lui, la dernière pièce d'une spirale indéfinie. M. le baron de Brimont donne lecture du rapport de la Commis- sion de comptabilité, chargée de vérifier la gestion de M. le trésorier pendant l'exercice 185/i. Ce rapport est ainsi conçu : uapport de la commission de vérification des comptes du trésorier de la societe botanique de france, pour l'annee 1854. Messif.urs, Les membre - de la Commission nommée pour examiner la gestion du tresoiier de la Société Botanique de Fr.ince, pendant l'année 185^, ont bien voulu me charger de vérifier les comptes et de vous faire un lapport à (1) Voyez son travail, traduit eu français, dans les Mélanges de Botanique, de M. SerinL;e, n" 5, p. 85. SÉANCE DL 9 FÉVRIEK 1855. 7g ce sujet. C'est ce rapport que j'ai l'honneur de vous présenter, et finale- ment l'aperçu de la situation financière de la Société. Je dois, en commençant, constater la parfaite exactitude qui existe dans tous les comptes de notre trésorier, quoique les premiers éléments lui aient manqué au début de ses fonctions. Des mesures ont été prises pour qu'en 1855 les registres et bordereaux mensuels des recettes et des dépenses soient dressés selon le mode de comptabilité adopté depuis longtemps par la Société Géologique de France, d'où il résultera simplification dans le travail du trésorier. Recettes. La Société Botanique de France n'ayant pas de droit d'entrée ou de diplôme, son actif ne se compose que des sommes dues par les souscrip- teurs pour leur cotisation annuelle de 30 fr. Cette somme a été réduite à 20 fr. , pour cette année seulement, et il y a eu en recette ^,660 fr., soit 233 membres qui ont payé, sur 256. Il y a, vous le voyez. Messieurs, un certain nombre de membres retar- dataires au 31 décembre 185^: mais je me hâte de dire que quelques-uns ont acquitté leur dette dans le courant de janvier dernier; d'autres, malgré les réclamations réitérées de notre trésorier, n'ont encore rien payé jusqu'à ce jour ; mais il faut espérer que ce retard est dû a un oubli ou à un éloi- goement momentané de leur résidence habituelle, et qu'il n'y aura pas lieu de les rayer de la liste des membres. Trois membres ont payé une cotisation de 300 fr., et se trouvent ainsi membres a vie. Enfin il a été vendu pour 36 fr. de Bulletins. En résumé, la recette totale, au 31 décembre 185/t, a été de 5,6iU fr. Dépenses. I-es deux premiers articles du chapitre de la dépense, relatifs au per- sonnel, n'ont point subi de variations. On se rappelle que, pour cette année, une somme spéciale et fixe avait été votée par le Conseil, lors de sa pre- mière réunion. Le chauffage et l'éclairage ont coûté 92 fr. 75 c., soit, en moyenne, 9 fr. par jour de séance. Le chiffre des dépenses diverses a été de 105 fr. 70 c, et aussi minime qu'il pouvait être, eu égard aux exigences d'une première installatioii Il y a eu pour 106 fr. de ports de lettres et d'affranchissement de cir- culaires, et pour 396 fr. 75 c. d'impression de registres, quittances, etc., utiles au trésorier pour le recouvrement des cotisations. Dans cette der- nière somme se trouve aussi comprise l'impression de nombreuses circu- laires que nos zélés secrétaires ont fait parvenir aux botanistes résidant en 80 SOCIÉTÉ BOTANlQLt: DE FRAMiE. France et à l'étranger, dans le but de faire connaître davantage notre Société naissante. La plupart des membres ayant acquitté celte année leur cotisation au moyen de mandats sur la poste, les frais d'encaissement d'argent ont été peu considérables; mais comme ce moyen, eu égard à une foule de circon- stances locales et imprévues, ne peut être généralisé, il faut s'attendre à une plus forte dépense l'année procbaine, et noire trésorier devra la prévoir à ce chapitre du budget de 1855. L'impression du Bulletin a coûté 1,740 fr. 90 c, et le port du Bulle- tin a été de iUl fr. 55 c. Je ferai observer que j'ai compris, dans l'exer- cice 1854, quelques sommes relatives à la publication de notre Becueil, et qui n'ont été payées réellement ([u'en janvier dernier, mais J'ai eu pour but, en agissant ainsi, de fixer davantage la Société sur ses ressources réelles pour l'année 1855. Il reste encore à payer deux numéros du Bulletin de 1854, et cette dépense sera signalée par notre trésorier dans son projet de budget pour l'année courante. Deux cotisations à vie, soit 600 fr,, ont été placées en bons sur le Trésor, à six mois d'échéance. Il y aura lieu de continuer ainsi ce placement de fonds résultant des versements des cotisations à vie, jusqu'à ce qu'il y ait possibilité de les convertir en rentes sur l'Etat, ainsi que cela se pratique à la Société Géologique de France, reconnue comme établissement d'utilité publique. En résumé, la recette totale pour 1854 est de 5,640 fr. » c. La dépense est de 3,617 85 Conséquemment, il reste en caisse à reporter au budget de 1855 2,022 15 Telle est, Messieurs, la position financière de la Société Botanique de France, au 1" janvier 1855. Elle est aussi heureuse que possible. Le nombre considérable de souscripteurs qui ont adhéré, dès la première année, à ses statuts, nous fait espérer que son utilité sera goûtée de plus en plus, et qu'appréciée comme elle le mérite, cette Société verra, avec le nombre de ses nouveaux membres, accroître ses ressources pécuniaires. Elle pourra, dès lors, donner plus d'extension à ses travaux et entreprendre la publica- tion de Mémoires particuliers qui contribueront à la faire connaître davan- tage en France et à l'étranger. La Commission vous propose, Messieurs, d'approuver le compte présenté par M. de l'Hervilliers, et de le déclarer quitte et libéré de sa gestion de 1854. Paris, le 9 février 1855. Les membres de la Conunission : J. Ga\, Graves, baron de Brimont, rapporteur. SÉANCE DU 9 FÊVUIER 1855. 81 Les conclusions de ce rapport sont adoptées par la Société. M. Caillette de l'Hei-villiers, trésorier, présente le compte des recettes et dépenses de la Société pendant l'exercice 185/i, ainsi que le projet de budget pour l'exercice 1855. COMPTE DES RECETTES ET DÉPENSES EFFECTUÉES PENDANT L'ANNÉE 1854 POUR LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE, présenté par M. EDIUOX» B5K L'IILRVILUER^, trésorier . Recettes. DÉSIGNATION DES CHAPITRES DES HEGETTES. N°' des AKT. NATURE DES RECETTES. RECETTES EFFECTUÉES. § 1. ProdiiiLs ordinaires des^ récepiions i § 2. Produits extraordinaires des réceptions. . . . § 3. Produit des publica- tions 1 2 O h „ ,. ,. ) de l'année courante. Colisalions j ^^^^^^^ Colisalions une fois payées. . . . Vente de Bulletins Total des recettes /l660 » ZlZl .> 900 )- 36 1) 56/iO » népenses. DESIGNATION DES CHAPITRES DES DEPENSES. § 1. Personnel § 2. Frais de logement . . . § û. Frais de bureau . , § h- Encaissement . . . . , § 5. Matériel § 6. Publications , §7. Placement des capitaux N" des ART. 7 8 10 11 NATURE DES DEPENSES. Agent, son traitement Garçon de bureau, ses gages. . . Chauffage, éclaiiago Dépenses diverses Ports de lellres Impressionsd'a vis, circulaires, elc, Change et frais de mandats en- caissés Bibliothèque „ ,1 .. ( Texte ^""••^"" • j Port Placement sur le trésor DEPENSES EFFECTUÉES. 300 » 100 >J 92 75 105 70 106 75 396 75 27 20 » 25 17/iO 90 w 55 600 » Total 3617 85 Résultat général et situation au 31 décembre 185/|. La recelte totale étant de 56'i0 » La dépense totale étant de 3617 85 11 reste en caisse audit jour 2022 15 82 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Mouvement des cotisations une fois payées et des placements de capitaux. Recette pendant Tannée 185/i. Totaux . NOMBRE DE MEMBRES à vie. 600 t'r. ont été placés en bons du Trésor, et seront remboursés. Excédant de la recelte sur la dépense. 900 ). 900 » 600 300 » Mouvement des entrées et des sorties des membres. Les réceptions, du 23 avril au 3 décembre 185Z|, sont moniées à . . . 256 A déduire pour cause de déct"'S 2 Le nombre des membres inscrits sur le registre, au 1" janvier 1855, s'élève à 25/i Dont 251 membres payant cotisation annuelle et 3 membres à vie. PROJET DE BUDGET POUR L'ANNÉE 1855. Observation»! préliminaires. Recettes. Art. 1". Au moment de la préparation du budget, le nombre des mem- bres portés au sommier général s'élevait à 259, à 30 fr. de cotisation, soit 7,770 fr. Cette somme de 7,770 fr. ne peut être intégralement portée aux recettes, attendu que, suivant les prévisions, 18 à 20 membres n'ac- quitteront pas leur cotisation en 1855, ce qui réduit les cotisations à 2^0, à 30 fr., soit 7,200 fr. Il reste 19 retardataires, à 30 fr., soit 570 fr., sur lesquels il ne faut pas compter cette année. Art. 2. 21 cotisations restent à recouvrer sur l'exercice 1854. Le tréso- rier ne compte recevoir cette année que 15 cotisations environ, les 6 autres sont dues par des membres étrangers ou a l'étranger. 21 cotisations à 20 fr ^20 fr. A déduire 6 cotisations à 20 fr. . . . 120 Il reste 300 Art. 3. Les anticipations, en 1854, sont montées à kU fr. On peut les évaliiei', pour 1855, à 3 cotisiition?, soit 90 IV. Art. t\. 3 oulisatiuiisa vie ont été acquittées in 1854. Il n'en est porté SÉANCE DU 9 FÉVKIER 1855. 83 qu'une au projet de budget de 1855, attendu que rien ne nous fait présu- mer que les membres en verseront plusieurs. Art. 5, Vente de Bulletin. Le chiffre de 23/; fr. porté en recette se dé- compose ainsi : Aux membres nouveaux, 10 exemplaires a 5 fr 50 fr. Année 185/i, U exempl. a 18 fr 72 Aux libraires. . .\ , . -o-- , i - tio e, /no j Année 18dd, /i exempl. a 28 tr 112 23i Art, 6 et 7. Encaissement des bons du Trésor. Un bon de 600 fr. exi- gibles en mai 1855, et produisant 12 fr. pour six mois. 1-e trésorier a placé cette somme de 600 fr. pour six mois seulement, afin de ne pas laisser trop longtemps improductives ies coUsations à vie qui pouvaient survenir. Le Trésor n'admettant pas de bon au-dessous de 500 fr. , ce fait explique pour- quoi la troisième cotisation à vie est restée jusqu'à ce jour sans emploi. Les recettes prévues au budget de 1855 s'élèvent à. . 8,736 fr. » c. Le reliquat en caisse, au 21 décembre 185/t, est de. . 2,022 15 Les totaux de la recette et du reliquat en caisse sont : 10,758 15 Dppensos. Art. 1*'. On propose d'élever le traitement de l'agent comptable de la Société de 300 à 500 ïv. Cette augmentation est justifiée par l'accroisse- ment des travaux que l'extension de la Société a donné à M. Laudy. Art. 2. On propose de même de porter les gages du gardien de bureau à 200 fr. au lieu de 100 fr., à raison des courses nombreuses qu'il est obligé de fiire pour la rentrée des cotisations. Le girdien de bureau reçoit une pareille somme de la Société Météorologique. Art. 3. En 185/i, la Société Botanique a reçu une hospitalité entièrement gratuite de la part de la Société Géologique. En 1855, on porte le loyer à ÛOO fr., sauf la ratification de la Société Géologique; cette somme de 400 fr. est égale a celle que donne la Société Météorologique, moins riche que la Société Botani(iue. .Art. k. Les frais de chauffage et d'éclairage pour chaque séance sont, en moyenne, de 9 fr. par séance; sur douze mois, la Société a trois mois de vacances. Il reste neuf mois à 2 séances par mois, et 3 en janvier, ce qui donne 19 séances X ^ ^^^ ''" Plus, 8 séances du conseil, à 6 fr. environ, X 8 h% 209 Je porte 200 fr. en dépense. Art. 5. Les 150 fr. portés aux dépenses diverses se composent des frais de i)ureau et de copie de divers travaux, etc., etc. Art. 6. Ports de lettres, 150 fr. Voici comment cette somme est justKiee. La Société ayant admis en principe quelle aiïranchirait tout ce (|u'elle en- verrait, les ports de lettres sont ainsi repartis : 84^ SOCIÉTÉ BOTAÏNIQLfc; DE FRANCE. Envoi de 200 quittances, à 20 cent 40 fr. — de 200 lettres circulaires pour les élections. ... hO — de 150 lettres, réclamations des cotisations, à 20 c. 30 — de 50 circulaires de rappel (cotisations), a 20 c. . 10 Affranchissement de lettres diverses reçues ou envoyées par MM. les secrétaires 80 200 Il n'est pas tenu compte ici des envois de lettres à 10 c. dans l'intérieur de Pai-is5 cette dépense se trouvera confondue dans les affranchissements divers et les lettres de réclamations. Art. 7. En 1854, les impressions de lettres d'avis, circulaires, sont mon- tées à près de 400 fr., à cause des envois multipliés qu'on a été ohligé de faire pour l'organisation de la Société. En 1855, nous pensons que la moitié de cette somme, c'est-à-dire 200 fr., devra suffire. Art. 8. Les frais de mandats encaissés ont été de 27 fr. 20 c. en 1854 ; nous les portons à 50 fr. pour l'exercice 1855. Cette prévision de 22 fr. 80 c. eu plus ne parait pas exagérée. Art. 9. Comme la Société Géologique veut bien laisser la jouissance de ses meubles à la Société Botanique, ou pense qu'une somme de 50 fr. sera suffisante pour les menus frais mobiliers. Art. 10. Bibliothèque, 50 fr.; port des brochures envoyées par l'étran- ger; achat de quelques livres. Art. 11. Impression du Bulletin. En 1854, 5 Bulletins, composés de 18 feuilles, ont coûté 68 fr. 25 c. la feuille imprimée; 439 fr. 20 c. de papier pour 18 feuilles, soit par feuille 24 fr. 40 c. 7,165 brochages des 5 numéros, soit l'un \h 33 38 73 18 feuilles, à 68 fr. 25 c. la feuille imprimée 68 25 106 98 Arriéré de 185^1, 9 feuilles, 107 fr. l'une 963 Bulletin de 1855, 36 feuilles a 107 fr. l'une 3,852 » Total 4,875 Je porte en dépense, 5,000 fr. Art. 12. L'envoi des Bulletins sera d'environ 35 à 40 fr. l'un; la Société ayant 12 numéros a envoyer en 1855, y compris l'arriére, la dépense sera d'environ 500 fr. Art. 13. 4 cotisations à vie, dont une en prévision, placées sur le Trésor, donnent 1,200 fr. En comparant les recettes 10,758 fr. 15 e. Avec les dépenses, qui se montent à 8,700 » Il y aurait, au 31 décembre 1855, un reliquat de. . . 2,058 15 SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1855. BLDdET DE 1S55. — Keeettes. 85 DESIGNATION DES CHAPITRES DES RECETTES. N" (les ART. § 1. Produit ordin. des réceptions . •/ §2. Produit extraordiu des réceptions . . § 3. Produit des publi- cations § U. Piécettes diverses \ 5 6 7 8 § 6. Solde du compte précédent . . . . NATURE DES RECETTES. de Tannée cou- rante. . . . Cotisations <| desannées pré- cédentes . . \ anticipées . . Cotisations une fois payées . Vente de Bulletins Encaissement des bons du Trésor Arrérages (lesdits bons . . . Recettes imprévues Totaux des recettes. [\eliquat en caisse au 31 dé- cembre 185/1 Totaux de la recette et du reliquat livpvnses . RECETTES EFFECTtF.ES eu 18;)4. /|660 » 900 30 56/10 » PREVUES au burj^cl lie 18t)5. 7200 )- 300 » 90 » 300 » 23/1 » 600 » 12 » 8736 » 2022 15 10758 15 DES CHAPITRES DES DEPENSES. DESIGNATION I N" I des ART. § 1. Personnel • §2. Frais de logement. ■ § 3. Frais de bureau . . ^, §/l. Encaissement . . § 5. Matériel. § 6. Publications. . . § 7. Placement de capi- taux 1 2 U /l 5 6 7 9 10 11 12 13 NATURE DES DEPENSES. Agent, son traitement . . . Garçon de bureau, ses gages. Loyer Chautrage et éclairage . . . Dépenses diverses Poris de lettres Impressions d'avis, circu- laires Change et frais de mandats encaissés Mobilier .lîibliotlièque „ ,, .. l Texte Bulletin ' ) l'on. Placement sur le 'J'résor Totaux . DEPENSES EFFECTUÉES eu 1834. 300 » 100 » » 92 75 105 70 106 75 396 75 27 20 M » 25 17/iO 90 l/i7 55 600 )} 3617 85 PREVUES au biulgel de 185b. 500 » 200 « /lOO » 200 » 150 » 200 » 200 » 50 50 50 5000 500 1200 8700 » Comparaison. La recette présumée étant de La dépense présumée étant de ... . lia diiïérenre en plus serait de ... . 10758 15 8700 « 2058 15 86 SOCÎÈTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. La Société arrête son budget pour 1855, conformément au projet ci-dessus. MM. Planchon et Decaisne font à la Société la communication suivante : Les rapports des Santalaeëes, Olaciiiées, I.orauthacées et Protéacées signa- lés par M. R. Browii, adoptés par MM. Brougniartet Ad. de Jussieu, n'out jamais été établis sur les analogies que présentent ces diverses familles dans leur structure florale. Suivant l'opinion la plus généralement adoptée, les Olacinées sont des polypétales thalamitlores, les Loranlhacées des monopétales calyciflores, les Santalacées et les Protéacées des monochlamydées. Un auteur qui vient de traiter récemment de certaines de ces familles, (Santalacées et Olacinées), M. Miers, admet les afiinités de ces plantes; mais faute d'avoir i-econnu l'identité de la prétendue corolle des Olacinées et du calyce des Santalacées, il décrit à la fois d'une manière peu intelligible ei peu juste, les fleurs des Olacinées, et particuliei-eraent celles de son genre Cathedra. Un examen attentif des genres des quatre familles que nous ve- nons de citer nous porte à considérer comme strictement identiques la pré- tendue corolle pol^'pétale des Olacinées, la soi-disant corolle monopétale des Loranthacées cl les périanthes simples des Proiéacées et Santala- cées. Notre opinion, à cet égard, se base principalement sur les faits suivants : Chez le Viscwn album, la fleur mâle n'a qu'un périanthe simple; la fleuir femelle du même genre, comme la fleur hermaphrodite des Loranthacées, ressemble, au premier abord, à une fleur de Caprifoliacées, avec un ovaire infère, muni d'un calyce adhérent et une coiolle monopetale. Mais cette prétendue corolle, par sa texture, son estivation valvaire, ses étamines opposées à ses divisions, répond évidemment au calyce du Viscum, et le calyce apparent dont le tube recouvre l'ovaire n'est pour nous que la por- tion inférieure d'un périanthe simple, dont la soi-disant corolle est la por- tion supérieure. INous proposons d'appeler calycode cette portion inférieure qu'on a décrite comme un véritable calyce. Dans un travail plus étendu, et que des ligures rendront plus complet et plus clair, nous montrerons les diverses modifications que présente ce calycode, depuis l'état de simple rebord persistant au somn»et des pédi- celle.'i, commedans le Viscum et certaines Protéacées, après que lespiècesdu périanthe se sont détachées, jusqu'à l'état où il simule un calyce adhérent à bord saillant et prolongé en cupule tronquée. INous retrouvons ce calycode sur les fleurs du Myoschylos, où il n'est séparé que par un léger sillon superficiel du limbe du périanthe qui le surmonte SÉANCE i)i 9 FÉVKit:!'. 1855. 87 chez le Chorelrum^ où !M. R. Browii Ta dès longtemps signalé comme un calyt'iile à cinq dents (1). I.a ressemblance la plus frappante existe entre la fleur de certaines Ola- cinées {Liriosma) et celle de quelques Cornées {Polyosina), d'une part, et, d'autre part, entre celles des Santalacées [Groutia] et celles des Vitis et de diverses Araliacées. Nous croyons pourtant qu'il n'y a pas la véritablement correspondance exacte entre les parties semblables, et que la corolle des Arapélidées, par exemple, n'est pas, comme la prétendue corolle des Grou- tia, un périanthe simple de nature calycinale. Nous adoptons, du reste, l'opinion de MM. R. Brown, Ad. Brongniart et Adr. de Jussieu, en laisscint les quatre familles en question, Olacinées, Santalacées, Lorantbacées, Protéacees, parmi les Monocblamydées, (i) « Haud levis conlirmatio docirinae Jussaeanae, de calyce et coroila, ex Com- bretaceanirn familia hainienda sit. Si eniin ex propiiiqiia cognalione ciim Quisqiiali et Combreto calyx Terminaliœ concedilur, indoies pariter calyciiia iiiieguincnti flo- ralis Santalacearum, Eiaeagaearum, l'roteacearum et Tliynieiœarum, vix dene- ganda sit. » Aliqiia tanien argumenta, haiic conclusionem primo intuitu ut videatur haud parum infirmanlia, licet a luillo auclore adlmcdum proiala fuere, minime reticenda sint : nempe, 1° in Choretro, e Sanlaiacearum familia, qiianlimi de tlosciilo niiiiu- tissimo asseverare liceat, denticiili adsuni basin periantiiii extus munientes; 2° structura ovarii et seminis Glacis cum Thesio penitus convenit et habitus in- super Sanlaiacearum adeo similis, ut de hujus generis affiiiitate vix dubitanduiu, attamen eliam ad aiUhesim caiyculum manitestinii habet, qui, liac peracta, pltiii- mum auctus et quandoque baccatus, pericarpium fere tolum involvit; 3" coroila Loranthi textura, figura, divisione, œstivatione, staminumque penitus similium inserlione, cum perianthio Proleacearum per singula puncta similis, calyculo quamvis manifesto subtensa. » Sed in exemplis nunc prolatis, integumentum floris exterius, forsan pro parte accessoria, perianlido externo Scitaminearum analoga, habenda sil : nam, 1" lu generibus memoratis aestivatio integumenti interioris floris valvata est, qnae in geniiinis corollis rarius oblinet, nisi in paucis calyce abbreviato donatis ; 2" in Quinchamalio bractea adest, urccolata, calyculiformis, ovariinn includens, sed ab eo penitus soluta; si itaque liceat concipere petala Olacis invicem arcte coliaerentia, etovario accrcta, structuram Quinchamalii snb'iimWam liabuerimus, ctluncquoque subanalogum est receplaciilum auctum et baccoium Exocarpi; o" in Visco et Chlorantho, gênera Lorantho arctœ aflinia, integumentum floris est simplex, corollae Loranthi, perianthio tamen Proleacearum et Sanlaiacearum aiialogum. « Hase argumenia opposila Botanicis ponderanda reliiiquo,quibus taies disquisi- liones nec vanae nec scientiœ progressai inutiles videaiilur. Onaeslio interea de diagnosi inter calycem et corollam in pristina obscuritate manel, ampliore induc- tione, peniliorique cognilionc fabricae inlernae parliuin lantiimniodo resolvenda. » (Rob. Bi'owa, Prodr. FI. Nov.-HolL, [). o51-352.) 88 SOCIÉTÉ BOTANIQIF. DF. FRANCE. M. Deoaisne ajoute qLiol(|iies mots pour rappeler que M. Broniiniart avait déjà signalé l'affinité des Thymélées et des Aquilarinées avec les Rosacées. Cette affinité est réellement évidente, mais la structure très remarquable de l'écorce et du bois cbez les Thymélées, jointe à des caractères particuliers de végétation, s'oppose à ce que l'on réunisse ces familles. 31. Payer, qui a étudié l'organogénie des Protéacées, dit que le pédoncule développe, en dehors et à la base du calice, et postérieu- rement à celui-ci, quatre petites dents. Ailleurs, dans les Composées et les Dipsacées, etc., ce qu'on appelle le calice n'est pour lui qu'une production du pédoncule. Ce que, chez les Protéacées, M. Planchon appelle calycode, se développe après les organes floraux, et n'est aussi qu'un gonflement du pédoncule. Il est aisé, dès leur première origine, de distinguer un calice d'une corolle; car les sépales se développent toujours successivement, tandis que les pétales se déve- loppent toujours simultanément. iM. Planchon pense que le calycode résulte d'un épalement du pédoncule. Il a constaté l'existence de cet épatement chez les Pro- téacées, et notamment chez deux GreviUea, M. U. Brown l'ayant vu et signalé dans d'autres genres, M. Planchon croit devoir admettre l'existence de ce calycode chez toutes les Protéacées. Quant au fait d'organogénie que vient de rapporter 31. Payer, 31. Planchon pense qu'il doit être très diflicile de constater si dans les cahces très régu- liers les sépales se développent successivement. Il lui paraît surtout impossible de distinguer organogéniquement un calice d'une corolle à préfloraison valvaire, comme celle des Styrax. Dans les Composées il doit être également difficile de distinguer le mode de développe- ment de ces deux organes. 31. Planchon demande enhn à 31. Payer comment, d'après les idées qu'il vient d'émettre, il explique la struc- ture des Olacinées. 31. Payer répond qu'il a étudié cette famille et celle des Santa- lacées au point de vue organogénique, mais qu'il n'a pas, en ce moment, les faits présents à la mémoire. Quant aux (Composées, la corolle se développe, chez elles, exactement comme un calice; ce qu'on nomme calice, au contraire, se développe postérieurement. Chez les Protéacées, il en est de même, et ce n'est que beaucoup plus tard que se développe le gonflement du pédoncule auquel on donne le nom de calycode. 31. Planchon réplique que ce qu'on appelle corolle, cbez les Com- SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1855. 89 posées, est bien une corolle : l'analogie des familles voisines, telles que les Campanulacées, etc., le prouve évidemment. Or si, comme le dit M. Payer, cette corolle se développe comme un calice, il ne peut y avoir de distinction absolue entre un calice et une corolle, d'après le mode de leur développement. M. Payer dit que le périanthe des Protéacées n'est qu'un calice; il maintient que, chez les Composées, la corolle se développe comme un calice. Chez les Campanulacées, au contraire, le calice se déve- loppant comme cetorgane doit se développer, est un vrai calice. Leur structure n'est pas comparable à celle des Composées. Il n'admet, pour distinguer les organes, que la situation, l'origine et le mode de développement, et non pas la forme ou la couleur, qui sont pour lui sans valeur. M. Decaisne fait remarquer que, dans la fleur femelle du Gui, le calice est bien un calice, et néanmoins ses quatre sépales se déve- loppent simultanément. Ce nouvel exemple lui semble contredire la théorie de M. Payer. 31 Planchon constate que, si pour 31. Payer le mode de dévelop- pement détermine la nature des organes, la corolle des Composées, qui se développe comme le calice des Protéacées, devrait donc aussi être regardée comme un calice. II demande à 31. Payer s'il accepte la responsabilité de cette manière de voir. M. Payer ne prétend pas trancher cette question d'une manière absolue. Ce qu'il a voulu établir, c'est seulement : 1° Que la corolle des Composées se développe exactement comme le calice des Protéacées, tandis que le calice des Composées, aussi bien que le caJycode des Protéacées, se développe postérieurement; 2° Que la nature des organes est déterminée exclusivement par leur mode de développement et leur position. M. Trécul demande à 31. Payer si, par mode de développement, il entend parler de l'ordre dans lequel se développent successivement le calice et la corolle. Dans ce cas, il ne pourrait admettre que ce développement déterminât la nature des parties, car, dans un rameau, toutes les parties ne se développent pas de bas en haut. La corolle pour- rait donc naître avant le calice, sans cesser d'être une vraie corolle. ] 31. Payer répond qu'en eiîet les organes se développent tantôt de bas en haut, tantôt de haut en bas, tantôt mOme en commençant par le milieu. 11 désire ne pas se prononcer sur ces faits, dont les conclusions sont réservées par lui ))our un travail spi'cial. T. II. 7 90 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M. Planchon ajoute que, chez les Protéacées, le cahjcode, ou dila- tation du pédoncule, forme une sorte de petite coupe continue avec le périanthe et que, dans les Grevillea, il ne présente ni dents externes ni bord saillant. Ce n'est pour lui, en quelque sorte, que la base de la fleur. Il ne peut donc pas y avoir d'assimilation entre cet organe et le calice des Composées. M. Germain de Saint-Pierre fait à la Société la communication suivante : STRUCTURE DES TIGES CHEZ LES VÉGÉTAUX DICOTYLÉS : OBSERVATIONS PUISÉES CHEZ UNE FORME ANORMALE DES TUBERCULES DU SOLANUM TUBEROSUM, par M. E. GERMAI!^ DE SAUVT-PIERRE. Dans une communication précédente sur la structure des ovaires dits adhérents, j'ai clierclie à établir que les parois de ces ovaires sont consti- tuées par les décurrences de tous les verticilles floraux, et que l'ensemble de ces décurrences, y compris celles du verticille interne (verticille carpel- laire), constitue en réalité un organe axile. Cet organe axile diffère des axes ordinaires : 1° en ce qu'il présente une cavité centrale, cavité qui, chez les autres axes, est généralement occupée par du tissu cellulaire, et T en ce que les parois de cette cavité, qui sont une dépendance du verticille carpellaire, émettent des bourgeons ovulai- res (1). Mais il ne diffère pas, quant à la structure, de l'axe creux de l'in- florescence du Figuier, dont la nature réellement axile n'est pas contestée. — Je pose, en outre, en principe, que les axes ne sont caractérisés par au- cune forme déterminée, mais par leur mode de développement et par cer- taines propriétés. Or, la propriété la plus caiactéristique des axes consiste dans l'existence de feuilles contemporaines de l'axe lui-même. Les feuilles, foliacées chez les tiges normales, sont représentées, chez les ovaires adhé- rents, par les veiticilles floraux. Klles présentent généralement un dévelop- pement limhaire et pétioiaire ; néanmoins In partie libie de ces feuilles peut ne consister, tant chez certaines tiges que chez certaines fleurs, qu'en un mamelon rudimentaire, la partie décurrente de ces feuilles incomplètes étant alors considérable, relativement a la partie libre: c'est ce que l'on observe pour les ovaires infères ou adhérents, chez certaines plantes a limbe calicinal rudimentaire; et pour les tiges, chez un grand nombre de tiges souterraines, rhizomes, ou tubercules. J'ai puisé l'observation relative au mode de structure des tiges, que je soumets aujourd'hui a la Société, dans l'étude des tiges charnues souter- raines que Ion désigne sous le nom de tubercules. Je crois pouvoir en dé- (1) Dans une procliaiiie communication, j'exposerai les observations sur lesquelles je me fonde pour désigner les ovules sous le nom de bourgeons ovulaires. SÉAÎS'CE DU 9 FÉVRIER 1855. 91 duire, lelativement a la théorie de la structure des axes, des conséquences analogues à celles que j'ai tirées de l'examen de la structure des ovaires dits infères ou adhérents. Il ne s'agit plus ici d'axes creux, mais il s'agit toujours d';ixes constitués évidemment par les décurrences des feuilles. Le hasard avait fourni à IV'J. le professeur Seringe les éléments d'une observation des plus intéressantes au point de vue de la structure des tiges : cet estimable observateur avait ren- contré, à la surface du sol, des tubercules de Pomme de terre développés sous la forme de rosettes de feuilles charnues, et qui présentaient desformes intermédiaires entre les tubercules et les tiges normales. — i\'ndant un des automnes derniers, désirant étudier, a mon tour, le fait remarcjuable signalé par M. Seringe, je plaçai sur une table de marbre, dans une chambre un peu humide, mais aérée et éclairée, un certain nombie de tubercides de Pomme (le terre. Je m'absentai pendant deux mois; à mon letour, au 1" décembre de la même année, je trouvai les tubercules flasques et épui- sés, mais ils étaient couverts d'une végétation nouvelle pleine de foice et de vigueur. Ce n'étaient pas ces longues tiges étiolées, d'un blanc nacré et à feuilles rudimentaires, longuement distantes, que l'on observe communé- ment vers le soupirail des caves où séjournent des tubercules abandonnés. Ce n'étaient pas non plus des tiges vertes et feuillées, comme celles qui se produisent dans les conditions ordinaires; c'étaient des tubercules allongés en tiges courtes ou des tiges à demi condensées en tubercules. L'observation faite par M. Seringe s'était reproduite sous mes yeux. Je présente à la Société la figure des principaux groupes de ces curieux tubercules, que j'ai dessinés aussi fidèlement qu'il m'a été possible de le faire. — Quelques-unes de ces productions présentent l'aspect de bourgeons à axes charnus et à feuilles tantôt rudimentaires, lanlôt a limbe îoliace. — Dans certains cas, il s'est produit une tige feuillee dont les feuilles présen- tent un petit tubercule à leur aisselle. — Dans d'autres cas, la production est fusi forme ; épaisse et charnue à la base, elle s'amincit ensuite en une tige presque normale. Quelquefois la base constitue un tubeicule globu- leux, puis le même axe se continue brusquement en tige cylindrique. — On voit encore aussi un même axe alternativement et par étage : globuleux, puis cylindiique, puis globuleux. Cette observation démontre une fois de plus un fait admis saiis contesta- tion, à savoir que les tubercules proprement dits, et ceux du Solanum tu- berosum en particulier, sont des tiges charnues et raccourcies, dont la par- tie libre des feuilles est rudimentaire et susceptible de se développer dans des conditions particulières ; mais elle démontre, en outre, selon moi, un fait d'une importance non moins grande, a savoir que les tiyes sont consti- tuées par les décurrences des feuilles et par du tissu cellulaire qui unit ces décwTonces entre elles. I 92 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. En effet, tles coupes de ces tiges charnues ou tubercules-tiges m'ont tou- jours mouii'é que les productions vasculaires partent de la base de la partie libre et foliacée des feuilles, et que, dans l'origine, ces productions vascu- laires n'ont aucune connexion avec les parties vasculaires du tubercule- mère, lequel joue le rôle de biaiiche relativement au rameau représenté par le tubercule de nouvelle foi-mation. Chez les tubercules normaux, il existe de semblables productions vas- culaires; et, de même que dans les tubercules-tiges, les productions vascu- laires de Taxe partent du point qui représente la base de la partie libre des feuilles. Chez ces tubercules, cette partie libre est représentée par une émi- nence charnue, très obtuse dans les variétés communes, et par une émi- nence prononcée dans une variété fort curieuse, connue vulgairement sous le nom de Pornrne-de-terre- Artichaut, en raison des saillies foliaires dont elle est hérissée et que l'on a comparées aux feuilles d'un Artichaut. Les coupes de ces tubercules démontrent, en outre, que la masse du tubercule est formée par les décurrences charnues des feuilles superposées et unies entre elles par du tissu cellulaire. Or si la tige aérienne du Solanum tuberoswn est une véritable tige, ne différant pas, par la structure générale, des tiges de la plupart des Dicoty- lédones; si le tubercule du Solanum tuberosum n'est autre chose qu'une tige raccouicie; si ce tubeioule est constitué par des décurrences de feuilles unies par du tissu cellulaire, je ci'ois pouvoir en conclure : l°Que la tige du Solanum tuberosum est constituée par des décurrences de feuilles ; 2° Que les liges annuelles et les tiges et rameaux de première année des autres Dicotylédones ont une structure analogue. W. Duchartre dit avoir suivi le développement d'une Pomme de terre qui, conservée à l'air et à la lumière, avait produit un grand nombre de petits tubercules oblongs; mais ces productions étaient évidemment des rameaux renilés, et ne pouvaient être regardées comme des décurrences de feuilles. Il croit que des faits analogues se montrent fréquemment. Il ajoute que, si un tubercule de Pomme de terre résultait uniquement de décurrences, on devrait également con- sidérer le Ironc d'un Cbène comme résultant aussi des décurrences de ses feuilles. M. Germain de Saint-Pierre répond que la production de tuber- cules à la surface d'un tubercule-mère est, en elîet, un accident fréquent et presque normal; et que ces tubercules secondaires, comme le tubercule-mère, sont aussi pour lui de véritables rameaux; mais que Ions les tubercules, qu'ils soiont de premier.^ ou de deuxième SÉANCIi DU 9 FÉVUIEI! 1855. 93 formation, sont constitués par une spirale de décurrcnces (de feuilles à limbe abortif) qui entoure une masse cellulaire représentant la partie médullaire du rameau. Les tubercules-rameaux, dont il a mis les figures sous les yeux de la Société, lui paraissent de nature à faciliter la démonstration de cette structure. Ce qui se passe cbezun tubercule (qui est un bourgeon ou un rameau d'un an), se passe de même, en effet, chez un bourgeon ou un rameau d'un an, que ce rameau appartienne au Chêne ou à toute autre Dicotylédone. M. Brongniart fait observer que la structure analomique du tuber- cule contredit la théorie de M. Germain de Saint-Pierre. Il présente, en effet, un cercle de petits faisceaux vasculaires , entourant une moelle qu'on ne peut pas considérer comme constituée par la décur- rence des feuilles. M. Trécul rappelle combien il importe de considérer l'ordre de développement des organes. Il est regrettable, suivant lui, que 31. Germain de Saint-Pierre n'ait pas constaté si la feuille existe avant les faisceaux de la tige ou si elle naît postérieurement. -M. Planchon pense que la structure de la Pomme-de-terre-Artichaut peut être comparée cà celle d'un Mamillaria. Seulement, chez le Mamillaria, les protubérances , bien que dépourvues de feuilles, sont adssi saillantes que celles de la Ponmie de terre. M. Germain de Saint-Pierre répond à l'objection faite par M. Bron- gniart, que, chez les tubercules comme chez les rameaux ligneux , il existe, en effet, un cercle fibro-vasculaire autour d'une moelle cen- trale, et que la seule différence entre h» tubercule et le rameau ligneux consiste dans l'abondance de la partie médullaire chez le tubercule. Il espère démontrer anatomiquement, comme il a essayé de le faire organographiquement , que ce cercle fibro-vasculaire est constitué, dans toutes les tiges, par des vaisseaux et des fibres qui partent des jeunes feuilles. Ce sont ces émanations vasculaires des feuilles qu'il désigne comme appartenant à la décurrence des feuilles. Il répond à M. Trécul, que les faisceaux étant une émanation des feuilles, ils ne paraissent, en effet, qu'à mesure que les feuilles se développent dans le bourgeon; et à M. Planchon, que chez la Pomme- de-terre-Artichaut, les protubérances saillantes représentent les pro- tubérances mousses des Pommes de terre communes , et que ces protubérances mousses ou saillantes représentent chacune la base d'un limbe abortif à l'aisselle duquel se développe l'œil ou bourgeon. .M. Trrcnl demande à M. Germain de Saint-I'ierre comment, avec 9!l SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. cette théorie, il explique la structure desMonocotylédones, et insiste sur ce point, que les parties vasculaires se rendent de la tige dans les feuilles. M. Germain de Saint-Pierre répond qu'il ne saurait, en quelques mots, traiter une question d'une si haute importance, et qu'il se propose d'en faire l'objet de communications spéciales; que, pour l'instant, il déclare avoir vu chez les 3Ionocotylées comme chez les Dicotylées, les faisceaux fd^ro-vasculaires partir des jeunes feuilles pour constituer la partie ligneuse de la jeune tige, et non les fais- ceaux partir d'un point inférieur de la tige pour se rendre dans les jeunes feuilles. SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1855. PRÉSIDENCE DE M. DECAISNE. M. de Schœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 9 février, dont la rédaction est adoptée. M. le Président annonce une présentation. M. Claude Gay , membre de la Société, est proclamé membre à vie, sur la déclaration faite par M. le trésorier qu'il a rempli la con- dition à laquelle l'art, lli des Statuts soumet l'obtention de ce litre. Dons faits à la Société. 1° Par 31. Cosson : Rapport sur un voyage botanique en Algérie, d'Or an au Chott-el- Chergui. Classification des espèces du genre Avena, du groupe de /'Avena saliva. 2° Par M3I. Cosson et Durieu de Maisonneuve : Notes sur quelques Graminées d'Algérie. 3" Par M. B. Vicunna Mackenna (du Chili) : Le Chili, considéré sous le rapport de son agriculture et de l'émigra- tion européenne. Paris, 1855. W De la part de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux : Mémoires de la Société, tome I", divisé en deux parties, 185/i-55, SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1855, 95 5«> En échange du Bulletin de la Société : L'Institut, février 1855, deux numéros. Une lettre de M. L. Kralik adressée à M. le Président est ainsi conçue : Paris, le 15 février 1855. Monsieur le Président, J'aurais dû, à l'avant-dernière séance de la Société, demander la parole pour ne pas laisser s'accréditer une erreur, quelque légère qu'elle soit, quelque peu d'importance qu'elle ait en elle-même, surtout lorsqu'elle ten- dait à s'introduire, pour ainsi dire, sous vos auspices. Je l'ai négligé; je me le reproche aujourd'hui, et, pour l'acquit de ma conscience, je vous adresse ces quelques lignes. Il s'agissait de l'intéressante communication de M. Cossou sur les Dat- tiers, sur leur culture, sur le degré de salure que devait avoir le sol pour les faire prospérer, sur la question enfm de savoir si des éléments salins étaient indispensables à leur végétation. C'est précisément pour combattre cette opinion, pour prouver que le Dattier peut se passer d'une terre plus ou moins saturée de sel, que vous avez cité les Dattiers d'Egypte. Mais le sol de la vallée du Nil, quoique annuellement et profondément dé- trempé et lavé par les eaux douces de ce fleuve, retient encore des éléments salins. La végétation le prouve; les Frankenia, les Atriplex et autres plantes propres aux terrains salés, remontent jusque dans la Thebaïde et prospèrent sur l'alluvion même du fleuve. Sans doute, on pourrait calculer avec une précision mathématique l'épo- que où les derniers éléments salins du sol auront été dissous et entraînés vers la mer. D'un côté, le degré de salure des vallées voisines, privées des bienfaits des inondations périodiques, où quelques gouttes de pluie sont une très rare exception, et qui retiennent par conséquent encore tout le sel que la mer y a déposé en se retirant; d'un autre côté, le degré de salure actuel du sol de la vallée, détrempé et lavé annuellement par les débordements du fleuve, comparé avec le laps de temps pendant lequel les eaux douces ont exercé sur ce sol leur influence, fourniraient les termes d'une proportion qui permettrait de fixer l'époque où tout élément salin aura disparu du sol de la vallée du Nil. Mais s'ensuit-il de \h que le Dattier aussi disparaîtra avec les éléments salins du sol? Je suis bien loin de le penser. Mon opinion, au contraire, est, ainsi que vous m'avez paru le croire aussi : 1" (jue les éleuR-nts salins ne sont pas indispensables au Dattier ; 2'^ que rien n'autorise a conclure de la coexistence du Dattier et d'un sol imprégné de sel. (|ue le second soit une condition sine qua non pour le premier ; .'i " que rien ne prouve même que le 96 SOCIÉTÉ BOTAINIQUE DK lUANCE. Dattier absorbe et s'assimile les éléments salins du sol ; U" qu'il ne faut, en un mot, au Dattier, pour prospérer, que la cbaleur et un certain degré d'humidité du sol. Vous ferez, Monsieur le Président, de cette communication l'usage que vous jugerez à propos. Agréez, etc. L. Kralik. M, Germain de Sainl-Pierre fait à la Société la communication suivante : STRUCTURE DES TIGES : EXPOSITION DE LA DOCTRINE OU THÉORIE DES DÉCURRENCES , par M. E. OERiYI/lIIV DE SAIIVT-PIERRE. Dans une communication précédente, relative à la structure des tuber- cules du Solanum tuberosum (1), que je prends comme exemple de tiges faciles à analyser et à comprendre (en raison de la masse considérable de tissu cellulaire qui sépare les parties fibro-vasculaires entre elles), j'ai indi- qué en quelques mots la structure qui, selon moi, est propre aux tiges des végétaux vasculaires en général et des Dicotylés en particulier. Cette indi- cation sommaire sera développée dans une série de communications suc- cessives relatives aux embryons en germination et aux tiges adultes. Je crois devoir cependant, dès aujourd'hui, préciser les points les plus impor- tants d'une doctrine sur laquelle j'ai déjà eu plusieurs fois l'honneur d'ap- peler l'attention de la Société. Deux systèmes qui, pendant ces dernières années, ont été l'objet de nom- breuses recherches et de longues et savantes controverses entre des phy- siologistes éminents, sont encore aujourd'hui en présence. L'un est celui qui a été développé par i\I. de Mirbel ; l'autre est celui de DuPetit-Thouars, modifié par SI. Gaudichaud. Notre regrettable maitre, Adr. de Jussieu, m'a souvent exprimé la pen- sée que ces deux systèmes sont moins opposés dans le fond que dans les mots et dans la forme, et que peut-être pourraient-ils un jour se combiner et n'en former qu'un seul, qui serait l'expression de la vérité. J'ai été assez heureux, d'autre part, pour entendre l'honorable doyen des botanistes de l'Académie, M. Ad. Brongniart, exprimer la même idée. J'ai acquis, quant à moi, par mes propres études, la conviction qu'il y a des faits non moins bien observés dans la théorie du cambium que dans la théorie des mérithalles. — Comme Du Petit-ïhouars, je me suis assuré (1) Le tubercule de la Pomme de terre {Solanum tuberosum) est le type du tubercule proprement dit chez les Dicotylédones. Les tnbercules du Topinambour [Ilelianthus tuherosus), de la Capucine tubéreuse {Tropœohtm tuberosum), dç YOœalis rrrnafa, etc., présentent une su-nclure identique. SÉANCE DU '23 FÉVIUEU 1855. 97 que le principe de l'accroissement des tiges réside dans les bourgeons et s'étend de haut en bas. Avec M. Gaudichaud, je vais plus loin que Du Petit- Thouars, et, divisant le bourgeon en un noyau cellulaire et en organes ap- pendiculaires ou foliaires, je considère une feuille isolée, y compris sa dé- currence, comme un végétal réduit à sa plus simple expression, et j'admets que cetorgane foliaire, ou individu élémentaire, produit les premiers linéa- ments des fibres et des vaisseaux qui s'étendent de haut en bas sur l'axe celluleux dont il est un appendice. Ces fibres et ces vaisseaux font de cet axe celluleux une véritable tige ou un véritable rameau. Mais j'admets, de plus que M. Gaudichaud, comme partie intégrante de l'individu simple qu'il désignait sous la dénon)ination générale de phyton, le bourgeon axillaire de cette feuille, qu'il ait commencé à se développer sous la forme d'une petite masse de tissu cellulaire, ou qu'il soit [h l'état latent. J'ajouterai que, dans un certain nombre de cas, la feuille consiste presque uniquement dans sa partie décurrente; sa partie libre ou limbaire étant alors réduite à une petite écaille ou même à une légère éminence. — J'attache moins d'importance que M. Gaudichaud à la distinction de la par- tie libre de la feuille en deux parties dites mérithalle pétiolaire et méri- thalle limbaire ; ces deux parties étant le plus souvent peu distinctes l'une de l'autre. Je n'admets pas, avec MM. Du Petit-Thouars et Gaudichaud, que le tissu fibro-vasculaire qui émane des feuilles constitue des racines qui s'étendent et que l'on peut suivre dans toute la longueur d'un arbre depuis chaque feuille jusqu'à l'extrémité de chaque racine. J'admets que la sève ascendante élaborée dans les feuilles, et que j'ap- pellerai volontiers du nom de cambium après cette élaboration , existe d'abord dans les feuilles, y compris leur décurrence (depuis leur plus ex- trême jeunesse), à l'état liquide, puis mucilagineux (cambium proprement dit), puis cellulo-fibreux, puis fibro-vasculaire; — que ce cambium, qui est élaboré dans les feuilles et probablement dans toutes les parties herbacées du végétal, est une matière organisable qui, encore fluide, descend de la feuille au rameau; — que cette sève élaborée, après avoir constitué la par- tie fibro-vasculaire de l'axe du bourgeon (qui devient rameau de première année), continue à s'épancher en abondance dans l'épaisseur des tissus de l'année précédente. Cette sève descendante, ou cambium, parait pénétrer l'aubier, d'une part, et le liber, d'autre part, et s'organiser simultanément, entre ces deux couches qu'il écarte, sous la forme d'une nouvelle couche de liber et d'aubier, dans la longueur des branches, de la tige et des racines. — Dans un grand nombre de cas, un excédant de cette même sève élaborée s'orga- nise et se dépose sous la forme de matières féculentes ou sous diverses autres formes dans des organes de nature variée qui lui servent de ré.»iervoirs, et 9S SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. elle est résoi-bée (sous une forme fluide) pour servir au développement de nouveaux organes, pendant une période de végétation ultérieure. — Enfin j'insisterai sur un point important de la théorie des mérithalles, à savoir que le tissu cellulaire des nouvelles couches d'accroissement des tiges ou des rameaux est produit par une sorte de génération sur place du tissu cel- lulaire des couches de l'année précédente, tandis que le tissu fibro-vascu- laire de nouvelle génération paraît être indépendant, dans sa formation, des tissus de l'année précédente. — Je m'élève surtout contre cette assertion, qui domine la théorie dite du cambium, à savoir que les filets vasculaires partent de la tige pour se rendre dans les feuilles. J'espère^ en effet, pouvoir démontrer que la sève organisable produit le tissu fibro-vasculaire des jeunes rameaux, des feuilles vers la tige, et non de la tige vers les feuilles. En résumé, j'admets, d'une part, le cambium, ou sève organisable, si bien étudiée, et dont les transformations sont si exactement figurées par M. de Mirbel, dans son Mémoire sur Vanatomie de la germination du DaU tier. — Et, d'autre part, j'admets l'accroissement des tiges de haut en bas de De La Hire et de Du Petit-Thouars, et l'individualité des feuilles de M. Gaudichaud, en ajoutant, de plus que M. Gaudichuud, le bourgeon axil- laire à chacun de ces individus-feuilles. — Je donne à ce système mixte, que je regarde comme l'expression de la vérité, et que je me réserve de développer par l'analyse d'un grand nombre de faits normaux ou anormaux, le nom de système des décurrences. C'est dans le travail le plus complet de M. de Mirbel sur la structure des tiges, dans son Mémoire sur Vanatomie du Dattier, que je puiserai un des arguments les plus décisifs pour combattre l'opinion qui fait naître les vais- seaux dans la tige et les fait se diriger vers les jeunes feuilles. Cet habile observateur a vu et dessiné les choses comme je les ai vues moi-même. Pendant trop longtemps on s'est efforcé à chercher dans l'examen des tiges adultes les éléments de la question. 0\\ bien que la nature suive une marche uniforme à un point de vue général, les tiges adultes présentent (en raison des relations qui existent entre les tissus anciens et les tissus nou- veaux, et en raison des anastomoses des parties fibro-vasculaires entre elles), des difficultés d'observation que des productions de première année ne présentent pas. — Cette réflexion devait se présenter à l'esprit judicieux de M. de Mirbel, à savoir qu'il était nécessaire d'examiner et de com- prendre l'état simple avant d'examiner l'état complexe. Le même principe m'a guidé dans mes recherches, et les déductions à l'appui des idées que j'expose sont surtout puisées dans l'examen des bourgeons et des embryons en germination. Dans la première planche (fig. 2) du Mémoire de M. de Mirbel sur VAna- tomie du Dattier, nous voyons représentée la coupe longitudinale grossie d'un embryon de Dattier qui commence a entrer en germination. Les quatre SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1855, 99 cinquièmes de la masse appartiennent à la feuille eotylédonaire. C'est dans cette feuille eotylédonaire qu'apparaissent les premiers rudiments des vais- seaux, ou du moins le tissu à mailles allongées dans lequel ces vaisseaux prendront naissance. Quant à la partie qui représente la tige de la jeune plante, partie située immédiatement au-dessous du bourgeon central, cette partie ne présente encore aucune trace du tissu vasculaire. — La planche deuxième du même Mémoire est plus concluante encore; les fig. 9 et 11 représentent la base de la jeune plante en germination, à un état un peu plus avancé; des vaisseaux encore très courts mais nombreux se sont développés dans le tissu cellulaire allongé de la feuille eotylédonaire, et ces vaisseaux, déjà allongés et bien formés dans la partie supérieure de la feuille eotylédo- naire, sont à peine ébauchés vers sa base, dans la partie qui avoisine le collet de la jeune plante et qui constituera son axe, sa tige. Or si l'on admet l'exactitude des figures anatomiques du Mémoire de M. de Mirbel (et personne n'a jusqu'ici contesté cette exactitude), on est obligé d'admettre que chez le Dattier, au moins, les premiers vaisseaux de la plante ne viennent pas de la tigelle, mais qu'ils viennent du cotylédon. Si, en second lieu, on admet que le cotylédon est une feuille qui ne diffère des autres que par sa forme et son usage, on sera porté à admettre que dans les feuilles qui se développent successivement api-ès la feuille eotylédonaire, la nature suivra la même marche, et fera paraître le tissu fibro-vasculaire, qui de là se continuera dans la jeune tige. Ce que iM. de Mirbel a particulièrement observé chez le Dattier en ger- mination, je l'ai observé chez la même plante et chez diverses autres Mo- nocotylédones. Enfin, je suis arrivé à un résultat analogue dans l'examen des Dicotylédones en germination et dans l'examen des jeunes bourgeons. M. Trécul demande à M. Germain de Saint-Pierre dans quelles plantes il a vu un liquide circulant entre le bois et l'écorce. M. Germain de Saint-Pierre répond qu'il a constaté les phénomènes qu'il décrit chez toutes les plantes dicotylédones qu'il a observées. M. Trécul maintient que le liquide en question ne peut pas exister. Il offre de le prouver et de démontrer, notamment chez les Tecoma, Aihmthus, etc., que, dans les bourgeons adventifs développés sur les boutures des racines, les vaisseaux existent avant la première formation des feuilles. M. Decaisne partage l'opinion de 31. Trécul à cet égard. A aucune époque de la végétation , il n'a pu constater la sève descendante, entre le bois et l'écorce. La héve descendante est admise tjiéorique- ment, mais elle ne circule (pi'à l'état de latex. M. Germain de Saint-Pierre répond ipi'il un pas vu plus (|ue 100 SOCIÉTÉ BUTA.MQLE DE FRANCE. d'autres observateurs une sève descendante liquide couler dans un espace libre entre le bois et l'écorce ; mais que la sève descendante qui imprègne les tissus contigus ou continus de l'aubier et du liber se dépose entre ces deux coucbes qu'elle écarte et entre lesquelles elle s'organise sous le nom de cambium. M. Decaisne fait observer que le nom de cambium a été réservé pour désigner le tissu naissant, et ne peutètre pris dans un autre sens. M. Trécul demande à M. Germain de Saint-Pierre comment, sui- vant lui, se développe le bois sous l'influence du sue dit descendant. M. Germain de Saint-Pierre répond que cette question générale ne peut pas être traitée d'une manière incidente; il ne prétend pas pour l'instant aller au delà des faits et des conséquences exposés dans sa communication. M. Ducbarlre rappelle à ce propos, comme point d'histoire, que la continuité de tissu qui existe au printemps, entre le bois et l'écorce, par l'intermédiaire du cambium, ou tissu en voie d'organisation, est un fait établi depuis longtemps. En effet, dans ses Beitraege publiés en 1812, .J.-J.-P. Moldenbawer a décrit avec soin cette continuité du tissu telle qu'il l'avait observée chez le Sureau. M. Duchartre fait observer que cette continuité de tissu, au moment de la végéta- tion, lui semble un argument puissant contre l'arrivée d'un tissu quelconque, venant de haut en bas, pour donner naissance à de nou- velles formations. M. Germain de Saint-Pierre répond qu'il se croit fondé à main- tenir : 1° que le liquide générateur, ou sève descendante, est élaboré dans les feuilles, et descend des feuilles à l'axe; 2» que ce liquide générateur se transforme chez l'embryon en germination, et, chez le jeune bourgeon, en tissu allongé et en vaisseaux qui commencent à se manifester dans la feuille et se prolongent dans l'axe dont ils forment la charpente fibro-vasculaire ; 3" que de nouvelles quantités de la même sève descendante arrivent au niveau des branches des années précédentes et du tronc; cette sève pénètre alors, sous forme liquide, le liber et l'aubier, et s'épanche entre ces deux couches, qu'elle écarte par son interposition, sous la forme d'une couche géla- tineuse qui s'organise pour constituer une nouvelle couche d'aubier et une nouvelle couche de liber. M. Chatin présente les observations suivantes : .M. Germaiii ûc Saint- î'icrro dit que les vaisseaux des plantes s'organisent SÉANCE DU 'l'S FÉVRIER 1855. 101 des feuilles vers la tige, c"est-à-cliie des appendices vers l'axe. Suivant notre savant confrère, la tige elle-même serait une production résultant de la décurrence des feuilles. Ce fait, qui impliquerait la formation de l'axe après celle des appendices, serait, d'après l'auteur, en accord avec ses observations sur l'organisation vasculaire des feuilles préexistant à celle de la tige qui les porte; au point de vue de JM. Germain de Saint-Pierre, il s'accorderait aussi avec cette loi, non absolue, mais très générale, en vertu de laquelle les tissus les plus anciens arrivent à la dernière phase de leur développement avant les tissus plus jeunes. Sur le point de savoir lequel de l'axe ou de l'appendice se forme le pre- mier, je présenterai de courtes remarques. J'ai fait bien des fois l'anatomie de fleurs en voie de formation, et tou- jours j'ai vu les choses (([ui au fond ne sauraient différer dans les bourgeons à feuilles) se passer comme il suit : L'axe de la fleur est pourvu, vers sa portion centrale, d'un nombre assez considérable de trachées, dont l'ensemble se termine en une sorle de cône arrondi sous le tissu ccllulairedu réceptacle. Sur celui-ci, iiu à l'origine, on voit peu à peu se former les mamelons dont les piemiers répondent aux sépales, les seconds aux pétales, les troisièmes aux étamines, les derniers aux carpelles. D'abord les vaisseaux ne se montrent dans aucun des appen- dices et ne se dirigent même pas de l'axe vers ces derniers. Un peu après, on voit qucl([ues vaisseaux se produisant de l'axe vers les sépales, que bientôt ils atteignent et parcourent, [.es vaisseaux se dirigent ou plutôt s'organisent ensuite successivement de l'axe vers les pétales, les étamines et les carpelles, en suivant l'ordre â.' ancienneté de ces organes. Si, parmi les étamines, i! en est d'âges différents, on observe ordinairement que les vaisseaux vont d'abord aux plus âgées, même si celles-ci sont placées le plus haut sur le réceptacle, comme cela a lieu chez les Géraniacées, Oxa- lidées, Cistinées, etc. (1). Qu'il s'agisse donc de la première ou de la seconde période de formation des tissus, de la période cellulaire ou de la période vasculaire, j'ai vu l'or- ganisation de l'axe précéder celle des appendices. .rajo;.tei'ai que sur un certain nombre de plantes (Malvacées, Géraniacées, etc.), les vaisseaux se prolongent dans l'axe, bien au delà du point où s'arrêtent les appendices. J'ai donc vu, comme la plu[)art des anatomistes, l'organisation vascu- laire procéder des parties anciennes aux parties nouvelles (2) ; mais, d'après (1) M. Payer a bien vu Tordre suivant lequel paraissent les Oianiines de ces plantes. (2) En quelques cns spéciaux en rapport avec la nature des parties, le milieu où elles se développent, etc., les parties anciennes, peuvent in;m(]ner de vaisscau.v quand les parties nouvelles en sont pourvues. 102 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. mes obsei'vations, d'accord encore avec celles de la majorité des botanistes, la partie ancienne est l'axe et non V appendice. I,es arrêts de développement décideraient, d'ailleurs, s'il était nécessaire d'y recourir, la question. On sait que lorsqu'un organe formé de plusieurs parties développe successivement celles-ci, il peut arriver que, par des causes qui ne se traduisent le plus souvent à nous que par leurs effets, cet organe soit arrêté à la première ou à la seconde de ses parties, c'est-a-dire à la première ou à la seconde phase de sa formation. Or nous voyons souvent (principalement dans déjeunes productions) des axes, des sommets d'axe surtout, exister, évidemment par arrêt de développement, sans appendices; et, par contre, je ne sache [ja s que quelquun ait encore observé des appendices sans axe, ce qui devrait cependant arriver s'il était vrai que celui-ci fût produit par ceux-là. M. Trécul maintient qu'à l'époque de la végétation , il y a conti- nuité de tissu entre le bois etl'écorce, mais il reconnaît qu'à d'autres époques de la vie du végétal, il peut y avoir discontinuité entre ces deux parties. Il ajoute que, dans une feuille très grande, comme celle des Palmiers, si la partie supérieure est plus âgée, c'est-à-dire s'est développée plus tôt que la partie inférieure, on peut trouver des vaisseaux dans la première sans qu'il y en ait dans la seconde, et sans qu'on puisse néanmoins dire que ces vaisseaux sont descendus du haut vers le bas. M. Germain de Saint-Pierre rappelle qu'il s'appuie sur ses propres observations et aussi sur l'autorité deM.deMirbel.Ceque cet illustre physiologiste a vu dans la germination du Dattier, iM. Germain de Saint-Pierre l'a constaté, non-seulement chez le Dattier en germina- tion, mais chez plusieurs autres Monocotylédones, notamment chez les Liliacées; il a vu le même phénomène se produire dans les jeunes bourgeons du tubercule de la Pomme de terre; il pense que s'il est constaté que, chez l'embryon, les vaisseaux se forment dans la feuille cctvlédonaire avant de se manifester dans la tigelle, on est fondé à admettre que la formation de ces vaisseaux marche de haut en bas. M. Trécul fait à la Société la communication suivante : NOTE SUR LA STRUCTURE DES RACINES , ET EN PARTICULIER SUR UNE RADICELLE MONSTRUEUSE DE LA BETTERAVE , par M. A. TRÉCLX. Dans une des précédentes séances, M. Moquin-Tandon, après avoir pré- senté à la Société une Betterave monstrueuse, qui offrait une protubérance SÉANCE DU ^3 FÉVRIER 1855. lOÉ cousidérable et très irrégiilière à sa surface, eut iobligeance de me la re- mettre, afin que j'en tisse letude anatomique. Cette Betterave avait 25 cen- timètres de longueur et 5 centimètres de diamètre. La loupe ou protubé- rance qu'elle portait avait 11 centimètres de longueur, 13 centimètres de largeur et 8 d'épaisseur. Ayant disséqué avec précaution la racine et sa protubérance, je reconnus, ainsi que M. Moquin l'avait supposé, que celle-ci était due à une hypertro- phie de l'une des radicelles. Cette loupe, fixée à la racine principale par un pédicule court, de 2 centimètres de diamètre, présentait à son centre une partie nécrosée, une petite cavité irrégulière, qui semblaient indiquer que l'accroissement anormal de la radicelle doit être attribué à la piqûre de quelque insecte. Sa structure, envisagée au point de vue de l'accroissement en diamètre des végétaux, offrait beaucoup d'intérêt ; mais avant d'en donner la des- cription, je rappellerai sommairement la disposition générale du sy^tème flbro-vasculaire de la Betterave. Celle-ci ayant été étudiée par M. Decaisne, dans un travail spécial, je renverrai, pour plus de détails, à son intéressant mémoire. La Betterave se compose de deux parties principales : l'une, radiculaire, qui est toujours très développée; l'autre, tigellaire, qui l'est souvent très peu en longueur. Ces deux parties ont une structure très différente. Le centre de la racine est occupé par un petit cylindre fibro-vasculaire, dont la moelle est à peu près nulle, ainsi qu'on le verra plus loin ; dans la partie tigellaire, au contraire, il y a une moelle très considérable. Quand on fait des coupes transversales de la racine, on y trouve plusieurs zones concentriques de faisceaux fibro-vnsculaires, alternant avec des zones de tissu cellulaire. Si on la coupe longitudinalement, on voit, surtout quand la Betterave n'a pas pris encore un grand développement, que ces zones fibro-vasculaires ne forment point des couches qui s'étendent avec une parfaite régularité dune extrémité a l'autre de la racine; mais qu'elles for- ment entre elles des anastomoses dont la disposition me semble d'autant plus incompatible avec la théorie des fibres radiculaires descendant des feuilles ou des bourgeons, que ce ne sont point ces couches, produites du centre à la circonférence, à mesure que la Betterave grossit, qui donnent naissance aux ramifications de la racine, comme cela devrait être suivant cette théo- rie. Ces radicelles naissent au contact du cylindre fibro-vasculaire qui oc- cupe le centre de la racine. Quelle que soit la longueur de la Betterave, quelle que soit son épaisseur, quel que soit aussi le nombre des radicelles, celles-ci partent toujours du petit cylindre central, ordinairement suivant deux lignes opposées (l). (1^ C'est donc avec raison que M. Clos place le genre Beta d.ins le type II de la disposiiioD symétrique des radicelles sur la souche. iOll sOCIKTK P.OTAMQIE DK FRANCfl. Quand les radicelles ne s'accroissent pas, ou fort peu en diamètre, les couches fibro-vasculaires de la racine, loin d'étie en communication immé- diate avec la partie exserte de la radicelle, loin de s'y prolonger, de s'y terminer, ces couches fibrc-vasculaires sont ordinairement rentrantes, au contraire, au point de rencontre avec les radicelles; ce n'est que lorsque ces dernières s'accroissent beaucoup, ou notablement en diamètre, que l'on découvredans leur intérieur des zones vasculaires comme celles de la racine, avec lesquelles elles sont nécessairement en relation. C'est alors que les unes semblent un prolongement des autres ; mais rien dans la structure de ces couches n'iudique l'antériorité ni de celles de la racine principale, ni de celles des radicelles. Ce qu'il y a de certain, c'est que la radicelle est née avant les couches quelquefois nombreuses qu'elle traverse; car les radicelles se multiplient sur les côtés du cylindre central à mesure qu'il s'accroit en longueur. Ces quelques mots sur la structure de la Betterave suffiront pour faire comprendre celle de la monstruosité qui fait le sujet de cette note. Cette monstruosité n'est autre chose qu'une hypertrophie d'une de ces ramifica- tions de la racine, qui, ayant été piquée par un insecte, a pris un dévelop- pement si extraordinaire. Cette loupe, ai-je dit, était fort irrégulière à sa surface. On suivait dans son intérieur le faisceau ou petit cylindre fibro-vasculaire central, né au contact de celui de la racine mère, jusqu'à la piqûre; là ses éléments se perdaient au milieu de l'exubérance du tissu cellulaire qui était résultée de la piqûre. Les quelques zones fibro-vasculaires de la périphérie de la radi- celle s'étaient aussi multipliées outre mesure dans la loupe, et leurs cellules fibreuses étaient changées en véritables fibres ligneuses, dont elles avaient toute la dureté. Mais ces zones avaient toute Tirregularité de la surface de la protubérance; c'est pourquoi elles étaient contournées dans toutes les directions, et leurs anastomoses fréquentes ne permettaient de les suivre qu'avec difficulté. Il n'est pas inutile de dire que les éléments fibreux et vasculaires de cette hypertrophie étaient infiniment plus abondants que ceux qui étaient conte- nus dans le pédicelle de la loupe, et que, par conséquent, ils ne pouvaient descendre des feuilles. INon-seulement ce système fibreux et vasculaire de la protubérance était plus considérable que celui du pédicelle, mais encore il excédait de beaucoup le système fibro-vasculaire de la racine tout entière. Le développement extraordinaire de cette radicelle était une preuve nouvelle en faveur de l'opinion que je défends depuis longtemps, et qui consiste à penser (juc la multiplication des fibres ligneuses et des vaisseaux a une origne toute locale, subordonnée seulement a la quantité de matière nutritive que reçoit la partie de la plante dans laquelle ces organes se dé- SKANCF, DU 23 FÉVRIER 1855. 105 veloppoiit. Dnns le cas qui nous occupe en ce moment, la piqûre d'un insecte ayant déterminé une surexcitation qui fit affluer en abondance les sucs nourriciers dans la radicelle, la multiplication utriculaire et, par suite, libro-vasculaire, s'y fit avec une vigueur très i;rande. Puisque j'ai l'occasion de parler de la striiclurc des racines et de l'origine de leurs ramifications, je prie la Société de vouloir bien me permettre de l'entretenir, pendant ([uel(|ues instants, d'un Mémoire sur ce sujet, publié dans le Flora^ en 1853, par M. Schacbt, IVIén.oirc dont le tome I" de notre Bulletin contient un résumé à la page 333. Si loutes les conclu- sions du travail de M. Schacbt concordaient avec celles du Mémoire que j'ai publié en 18'i6, dans le tome YI de la 3« série des Annales des sciences n«/w>T//é'.'^, j'aurais gardé le silence; mais, outre que les principaux résul- tats que donne l'auteur sont tous consignés dans mes Recherches sur rori- gine des racines, M. Schacbt géiiéialise des faits qui ne doivent pas l'être, et certaines de ses assertions sont tout à fait erronées. Si ce n'est pas abuser des instants de la Société, je rappellerai quelques- unes des conclusions de M. Schacbt, en y joignant quelques observations. L'auteur dit, dans la première conclusion, que <• le pivot et les racines latérales ne diffèrent pas entre eux anatomiquement. « Je ferai remarquer que cette proposition n'est pas générale; car les racines latérales ont quelque- fois une structure très différente de celle de la racine principale. Ainsi, les racines du Nuphar lidea adulte ont de douze à quinze faisceaux vasculaires distribués autour d'un centre médullaire, tandis que les radicelles qui nais- sent vis-à-vis de cbt.que faisceau n'ont qu'un seul fascicule vasculaire central, sans partie médullaiie. Deuxième conclusion de M. Schacht. — « L'extrémité d'une racine est toujours pourvue d'une coiffe ; elle a dès lors un point végétatif couvert, et par suite elle ne peut développer de feuilles. » Tous les botanistes ont \ u la coiffe qui termine la racine des Lenma; une telle coiffe a même été figurée ; mais je crois avoir fait connaître le pre- mier la nature de cette coiffe ; j'en ai décrit avec beaucoup de détails la structure et le développement dans mes Recherches sur la structure et le dé- veloppement du ISiiphar lutea {Ann. des se. nat., ?>' série, 18/i5, tome IV). Je lui ai conservé, à. tort, dans ce travail, le nom de spongiole ; mais, dans mon Mémoire sur l'origine des racines, je l'ai nommée piléorhize, parce qu'elle enveloppe l'extrémité de la racine comme une sorte de bonnet. Si une racine ne donne pas de feuilles, ce n'est pas parce que son extré- mité est revêtue d'une coiffe ou piléorhize, mais tout simplement parce qu'elle est une racine et non un rameau. Troisième conclusion de M. Schacht. — " La racine dos Dicotylédons pos- sède comme la tige une moelle centrale, une zone de faisceaux vasculaires et une é(;orce. » , T. H. 8 106 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Cette proposition est exprimée d'une manière beaucoup trop généi'ale. En effet, il est des plantes tiieotylédonees dont la radicule, pas plus que la tigelle, n'a de moelle ; leur axe est occupé par un très petit faisceau vascu- laire. Ces plantes sont !e Nuphar lutea, le Nymphœa alba, le Victoria regia, etc. La partie centrale du pivot de la Betterave, dont je viens de parler, n'est certainement pas semblable au centre de la portion tigellaire de cette même Betterave. La moelle de cette tige raccourcie qui surmonte le pivot, avait, dans une Betterave de 7 centimètres et demi de diamètre, U centimètres et demi de largeur, taudis que tout le cvlindre ligneux central de la racine n'avait pas tout a fait 5 millimètres de diamètre. Ce cylindre a une appa- rence toute dilférente de celle de la partie tigellaire, bien que son organisa- tion soit celle de beaucoup de racines du groupe des végétaux dicotylé- dones. Il est partagé longitudinalement en deux moitiés par deux rayons médullaires opposés, qui sont réunis au centre de la racine: eu sorte que toute la moelle de celle-ci, si moelle il y a, est constituée par le point de jonction de ces deux rayons médullaires. Il me semble qu'ici l'on n'est pas suffisamment autorise a assimiler cette partie axile de la racine avec la moelle, deU centimètres et demi de diamètre, qui la surmonte dans la tige. C'est tout le long de ces deux rayons médullaires opposés que naissent les radicelles de la l*,itte:ave, et c'est pour cela qu'elles sont distiques. En citant la racine des Dicotylédous, M. Schacht entend assurément le pivot, leurs racines principales et leurs ramiflcati(»iis, puisque les unes et les autres, a-t-il dit plus haut, ont ta même structure; il entend probable- ment aussi les racines adventives des Oicotylédons, qui, du reste, ont sur latine une origine semblable à celle des ramificationsde la racine sur celle-ci. Je suis désole de me trouver ici encore en contradiction avec M.Schacbt, pour lequel je professe la plus haute estime ; mais je suis obligé de répéter ici ce que disait, il y a peu de temps, M. Biot, en parlant de Bessel et de quelques-uns de ses travaux : «J'aime beaucoup Bessel, mais j'aime encore mieux la vérité. » Eh bien, la vérité, dans le cas dont il s'agit, c'est que le centre des ramifications des racines et celui des racines adventives est, dans les plantes assez nombreuses que j'ai examinées, de même nature que la partie sur laquelle cesracines ou ces ramifications reposent. Dans le Nup/iar, par exemple, que j'ai déjà cité, les radicelles naissent d'un faisceau vasculaire de la racine, le centre de ces radicelles est vascu- laire. Au contraire, chaque racine adventive du Valeriana P/iu , qui couvre une des mailles du système fibro-vasculaire de la lige, a son centre médullaire, parce qu'il repose immédiatement sur la moelle de la tige. Les rair.ilicationsdes racines du Chêne, etc. , ou les racines adventives du Chèvrefeuille, etc., ont une autre structure. Le corps ligneux de ces plantes est traversé par de nombreux rayons médullaires, en sorte que la base de SKANCK bl 23 FÉVRIEIt 1855. 107 chaque racine couvre toujours l'extrémité de plusieurs de ces rayons. Dans ce Ciis, les cellules, qui constituent le centre de ces racines, sont de la nature de celles de ces rayons médullaires qui semblent se léuiiir pour se prolon- ger dans l'intérieur de la racine. Si, au contiairc, la racine est insérée sur une couche fibreuse dépourvue de rayons médullaires, le cenlre de cette racine est fibreux {Ment ha rohmdifolia, etc., racines adventives). Kn sor- tant du groupe des Dicotylédones, je pourrais citer le Pothus violaceu, le Seigle, l'Avuine, etc., etc. Quand la racine est insérée à la surface latérale d'un faisceau fibro-vascu- laire, son centre est fibreux ou vasculairc et non M)édullaire. On ne peut donc établir en principe que les racines des végétaux dicoty- lédones soient pourvues d'une moelle centrale, connne le sont ordinaire- ment les tiges. M. Duchartre fait remarquer que l'opinion soutenue par M. Schnclit avait été déjà ante^Meurement émise par M. Srlileiden. M. Germain de Saint-Pierre contesteque l'on puisse tirer un argu- ment contre la théorie de la formation des tissus de liaut en bas, de ce que, dans la racine de Betterave, les fibres ne s'étendent pas en ligne droite et présentent des anastomoses. Il n'admet pas que les fibres descendantes, qui émanent des feuilles, se continuent simples et isolées; ces fibres présentent, au contraire, presque toujours des anastomoses qui ne permettent pas de suivre la continuité de chacune d'elles en particulier. M. Menière donne lecture de la notice suivante : NOTE SUR LA COLLECTION D'ORCHIDÉES EXOTIQUES DU JARDIN BOTANIQUE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS, par M. lME]\'IÈItE. Le professeur Achille Richard avait, et personne ne l'ignore, une prédi- lection siuiiulière pour la famille des Orchidées; au milieu de tant de travaux qui ont illustré son nom, il revenait toujours à ces plantes si dignes d'intérêt, il les recherchait partout, ou lui eu apportait de touscôlés. MM. Claussen, Galeotti, lui confiaient le soin de déterminer un grand nombre d'espèces nouvelles recueillies au Mexique, au Brésil, et ces travaux partiels le conduisaient peu à peu à l'accomplissement de la tâche immense qu'il s'était imposée, la monographie complète des Orchidées. Pour arriver à ce but, il ne suffisait pas de voir des herbiers, des dessins, il fallait demander à la nature elle-même le secret de l'organisation d'une fan» lie qui compte les espèces par milliers, et dans la(|uclle on observe une variété infinie de former et d'aspects; il fallait avoir ces plantes sens lu lOS • SOCIKTK BOTANIQUE DE FRANCE. main, l'Uulier leur mode de développement, en un mot, cultiver les Orchi- dées e\oti(|ues et les décrire sur le vivant. Ce vœu d'un maitre si habile a été léalisé. Comment? J'essaierai de le dire, de raconter ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu. Cent fois je me suis promené avec Achille Richard au milieu de cette collection d'Orchidées objet de tant de soins et d'amour, cent l'ois il a vanté devant moi le talent pratique des artistes qui le secondaient si bien ; c'est dans ces entretiens, dont le souvenir mestsi doux, que j'ai trouvé les matériaux du travail que j'ai l'honneur de soumettre à la Société. Il ne m'appartient pas, en présence des amis, dos collègues de ce savant professeur, de le louer comme il mériterait de l'être, je veux seulement honorer sa mémoire en donnant quelques détails sur des faits dont j"ai été témoin, et qui intéresseront, j'ose l'espérer, les amis d'une science a laquelle je suis heureux de consacrer mes rares loisirs. Les personnes qui ont visité les magnifiques établissements consacrés, en Belgique et surtout en Ani>leteri'e, a Ui culture des Orchidées, auront peine à croire (\ue la faveur dont jouissent ces végétaux extraordinaires, ne date guère que d'une vingtaine d'années, i^n France, il suffit de remonter à 1838, pour découvrir les premières tentatives faites dans ce genre d'hor- ticulture, et, il faut le dire, parce que c'est la stricte vérité, ces tentatives sont lœuvre du jardinier en chef de la Faculté de médecine. Quelques détails sur ce point d'histoire contemporaine doivent trouver ici leur place, ils ne paraîtront pas dénués d'intérêt, j'ose le croire, et d'ailleurs, ce sera une occasion de rendre justice au mérite d'un homme dont les humbles travaux ont tant contribué, chez nous, à fonder cette partie de la science. Jean-Baptiste Lhommc, entré au service du jai'din botanique de la Faculté de médecine de Paris en 18U3, sous le professeur Cl. Richard, trouva la collection d'espèces médicinales de l'enclos des Cordeliers dans un état assez piteux : il fallait emprunter au Jardin des Plantes la plupart des échantillons un peu intéressants, il n'y avait pas de serre; mais l'ardeur du jeune Baptiste ne tarda pas à métamorphoser cet établissement appauvri. A l'aide de matériaux informes, il parvint à construire une serre qu'un vieux poêle de fonte devait échauffer suffisamment; il obtint de la bien- veillance de ses confrères des boutures, des fragments de végétaux exotiques et, quelques années plus tard, Baptiste ne fut plus obligé de demander à d'autres jardins plus riches les espèces officinales destinées à remplir les plates -bandes de l'Ecole de botanique. Le nond)re des plantes exposées avec étiquettess'eleva rapidement de 12 à 1,800,11 dépasse aujourd'hui 6,000, et si l'on y jo^nt les individus conseivés dans les serres, on atteint le chiffre de 8,000. On peut dire avec vérité que cette collection, si importante par le nombre et le choix des espèces, est due en grande partie aux efforts inces- sÉAMib; itu '23 FÉVKiEi; 1855. 109 sants de Baptiste, à l'ardeur qu'il met aux échanges avec les autres jardi- niers, au talent avec lequel il multiplie certaines plantes rares qui lui servent de monnaie courante; admirable résultat d'un amour ardent pour sa pro- fession, d'une véritable passion que seconde une sagacité à laquelle rendent hommage tous les vrais amateurs d'iiorticulturc de Paris. Mais il ne s'agit ici ({ue d'Orchidées, laissons la le Jardin botanique pour les serres, et plus spécialement pour celle qui est remplie de ces admirables plantes. Baptiste avait obtenu du Muséum une Orchidée exotique, V Epi- dendrum elongatum, qui, placée par lui dans des conditions favorables, avait végété et fleuri. Plus tard, VEpidendrum cochleatum reçut des soins semblables, avec non moins de succès, et enfin le Cypripedium insigne était venu clore cette liste de plantes rares. Il faut cependant y joindre le Lissochijlm streptopetalus, Ql nous aurons ainsi le catalogue complet de ces premières richesses, rudiments d'une collection qui compte aujourd'hui plus de 800 espèces. Ces débuts si modestes avaient suffi pour donner à Baptiste une idée exacte du mode de culture des Orchidées exotiques. Il avait reconnu que ces plantes, munies pour la plupart de pseudo-bulbes, demandaient certaines conditions de culture assez faciles à remplir, que leurs racines trouvaient des matériaux de nutrition dans un sol léger, spongieux, comme la terre de bruyère, et que celle-ci devait être en fragments irréguliers, de manière à laisser un libre accès à l'air humide. Mais n'anticipons pas sur ces détails, qui seront mieux placés dans une autre partie de cette notice. Achille Richard, conservateur pendant dix ans (de 1817 à 1827) des collections botaniques de M. Benjamin Delessert, avait pu \oir et classer un grand nombre d'Orchidées; il cédait ainsi à une vocation spéciale, il marchait sur les traces de son père, et déjà, sans doute, il préparait les matériaux de la monographie h laquelle il travaillait encore à ses derniers moments. Ses relations avec les voyageurs, avec les savants qui venaient visiter les établissements français, lui donnèrent le désir de posséder vivantes les Orchidées qui abondent au Mexique et au Brésil ; il engagea plus particu- lièrement iM. Peixoto, premier médecin de S. M. l'empereur dom Pedro, à lui envoyer quelques-unes de ces plantes si intéressantes pour lui, afin d'es- sayer s'il serait possible de les conserver et d'assister aux phases successives de leur développement. Tous les voyageurs qui ont herborisé dans les régions tropicales du Nouveau Monde s'accordent à exalter la magnificence de ces fleurs qui parent, non-seulement le sol, mais couvrent le tronc des arbres, éclatants parasites qui revêtent des imances les plus splendidcs tous les corps capables de leur servir de point d'appui. Achille Richard, retenu à Paris par des devoirs impérieux, brûlait du désir d'être témoin de ces merveilles, il voulait étudier sur le vivant ces intlorescencessi variées, si bizarres, que 110 SOCIÉTÉ BOTAiMQUE UE FRANCE. les dessins les plus exacts ne reprodiiiseiil qu'imparfaitement, que le plus habile coloriste ne peut rendre avec tout leur éclat, et dont les plantes en herbier ne représentent que le cadavre. M. Peixoto, que des liens de vive amitié unissaient à Achille Richard, s'empressa de faire ce qu'on lui demandait, il recueillit une masse d'Orchi- dées à pseudo-bulbes, à rhizomes traçants, il en remplit plusieurs tonneaux, il en fit de gros paquets solidement enveloppés de feuilles de palmiers, de lanières de bambou, et cet envoi, confié aux soins d'un capitaine de navire, arriva à Paris en août 1838. J'ai trouvé dans l'ouvrage de Ventenat(7a6/efm du règne végétal, tome II, page 209, publié à Paris en 1799), une note dans laquelle ce savant dit que le Limodorum Tankervilliae, Phajus grandifolius de Loureiro, qui croit naturellement à la C-ochinchine, est cultivé chez Gels, et il donne une description exacte de cette belle plante, .le ne doute pas que quelques Orchidées exotiques n'aient ainsi figuré chez des horticulteurs habiles, que, par exemple, les serres du Muséun) d histoire naturelle n'aient offert çà et là des échantillons remarquables de ce genre de culture; mais ce sont toujours des faits isolés, n'ayant pu servir à établir les bases d'un travail tout nouveau. C'était donc la première fois qu'on tentait pareille aventure, qu'on allait s'ingénier à reproduire, dans une serre chaude, les conditions maté- rielles à l'aide desquelles des végétaux, considérés comme parasites, pour- raient se développer, tleurir, vivre, en un mot, comme dans les régions tropicales d'où ils arrivaient. M. A. Kichard, au milieu de la joie que lui causait cette masse d'Orchidées exotiques, éprouvait une certaine crainte de les voir périr loin de leur sol natal. Or donc, pour tâcher de prévenir un si grand malheur, le maître et ses aides tinrent conseil, et il fut résolu que l'on s'adresserait ta M. Neumaim, jardinier en chef des serres du Muséum, ainsi qu'a M. Bréon, son collègue, tous deux anciens habitants de l'ile Bourbon, et accoutumés à la culture des plantes équatoriales. Baptiste avait bien en tète ses petites idées à ce sujet, mais Achille Richard, qui craignait surtout de perdre ce trésor, et qui comptait sur le talent et sur l'expérience de ces deux habiles horticulteurs, refusa de courir la chance d'une expérimentation douteuse à ses yeux ; en conséquence l'avis du maitre prévalut et la consultation eut lieu. Il s'agissait, non pas de faire vivre ces plantes délicates, Baptiste était certain de les conserver, mais de savoir quel parti prendre a l'égard de ces niasses de pseudohulbes réunis par des rhizomes, munis de stipules engain.intes, laissant échappei- des bourgeons altei-nes et opposes. (Jetait, non pas une plante, mais des agglomérations de plantes, dont les rapports entre chacune de leurs parties n'étaient pas connus, i^a question impor- tante était là tout eniière. Les pseudo-bulbes à divers degrés de dévelop- pement st)nt-ils solidaires, celui-ci est-il utile a celui-là, ces lentlements SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1855. 111 formés par la base des feuilles jouent-ils un rôle dans la vie de ces végétaux, et quel est ce rôle? M. iNeumann, dont les lumières sur ce point ne pouvaient être mécon- nues, pensait alors que ce système de racines, de bulbes, était indispensable à la conservation de ces plantes, qu'il fallait bien se garder de les séparer, car, en agissant ainsi, on pouvait compromettre leur existence. Baptiste ne partageait pas cette manière de voir. Il prit la résolution de diviser ces agrégations de pseudobulbes, de n'en laisser ensemble qu'un très petit nombre, et surtout de ménager certains bourgeons qu'il avait ren- contrés à la base de ces corps. Cette expérience hardie fut couronnée du plus brillant succès. On avait reconnu que l'énorme envoi de M. le docteur Peixoto renfeiniait vingt-neuf espèces parfaitement distinctes. Baptiste divisa si bien ces groupes qu'il obtint un total de six cents individus placés par lui sur une couche sombre et recouverts de châssis. Il eut le soin de la préserver de l'action directe du soleil ; des paillassons les ombrageaient dans le milieu du Jour ; il entretenait une humidité tiède dans ces couches bien réduites; des fragments de terre de bruyère permettaient aux racines de se glisser dans des interstices, où l'air chaud et humide ciiculait sans obstacles, et au bout de deux mois de ces soins intellinents, il eut le bonheur de constater que sur ce nombre im.mense d'individus, une vingtaine tout au plus étaient morts, ^'otons ici que le Maxillaria squalem fut le premier qui fleurit. Ainsi, la question était résolue, on pouvait sans inconvénient diviser ces masses de pseudo-bulbes et multiplier ainsi, presque à l'intini, ces végé- taux précieux. Baptiste triompha modestement, il offrit à M. Neuraaim, et celui-ci choisit un certain nombre d'espèces des plus intéressantes qui se trouvent encore aujourd'hui dans les serres du Muséum. Et comme ce succès eut du retentissement, des jardiniers habiles, MM. Cels, entre autres, reçurent quelques-unes de ces belles plantes, et l'on commença dès lors à présager le brillant avenir réservé à ce genre de culture. Notons ici qu'en 1839, un jeune médecin des plus distingués, M. Capi- taine, agrégé de la Faculté, rapporta de Panama une espèce d'Orchidée magnifique, le Peristeria elata, qui fut bientôt multiplié par Baptiste à l'aide du même procédé; cette plante, chose bizarre, cultivée par plusieurs amateurs, n'a fleuri, pendant quinze ans, que dans les serres de la Faculté de médecine. M. Guiberi, de Passy, a été plus heureux, nuiis encore pont- on dire (jue son Peristefia n'a pas acquis le merveilleux développement de ceux que l'on admire chez nous. Ces belles plantes grandissaient, il leur fallait un asile, ou les transporta dans la petite serre aux boutures, où elles prirent un accroissement lemar- quable. De nouveaux envoi-, du Brésil, celui de M. J'iiul, en IH.'iO, des échanges avec quelques amateurs, des cadeaux laits par des personnes qui 112 SOCIÉTÉ KUTAiMyUli DE FRANCE. arrivaient des pays chauds, grossirent bientôt la collection de la Faculté, au point qu'il devint indispensable de bâtir une serre tout exprès pour elle. En conséquence, dans !e courant de l'année 18^0, cette construction fut faite. C'est celle des quatre serres qui est le plus au sud. Baptiste, qui suivaitd'un œil attentif le mode de développement des Orchi- dées et qui savait, par M. A. Richard, que ces végétaux, pour la plupart épi- phythes, croissent sur des troncs d'arbres vivants ou morts, sur des corps incapables de leur fournir autre chose qu'un point d'appui, avait cherché à reproduire ces conditions d'habitat ; il plaça dans sa nouvelle serre des bûches revêtuesde leur écorce, affectantune position verticaleou horizontale, espérant que les racines de ces plantes s'attacheraient à ces surfaces rugueuses et y prendraient la position laplus favorable a leur mode de développement. Mais que d'essais tentés avant d'arriver au point convenable, que de difficultés à vaincre dans une route qu'il fallait tracer? Un zèle à toute épreuve était nécessaire pour arriver au but. Baptiste ne négligea rien, il multiplia ses tentatives, il était sur pieds nuit et Jour pour surveiller cette éducation nouvelle, et peut-être neùt-il pu suffire à tant de travaux s'il n'avait été secondé par un aide intelligent et dévoué. Le 1" avril 1S37, Auguste Rivière, son neveu, était entré en qualité de jardinier adjoint, a lEcolede botanique de la Faculté. Ce Jeune garçon, plein de goût pour sa profession, prolitant des leçons pratiques de son oncle, acquit rapidement, sous l'œil d'un tel maitre, les connaissances nécessaires, et fut bientôt en état de seconder Baptiste dans des travaux qui dépassaient les forces d'un seul homme. Désormais, les Orchidées furent l'objet des soins les plus actifs, les plus intelligents. La collection grandit, sa répu- tation grandissait aussi, les envois se multipliaient, les échanges devenaient très actifs avec les principaux horticulteurs de Paris et des départements voisins. En 18^2, M. Claussen envoie du Brésil un grand nombre d'Orchidées qui, par malheur, restent en route pendant neuf mois. Tout airiva mort, à l'exception de trois espèces des plus rares, le Lipavis aniœna, le Malaxis Clausseniana et un superbe Cataseturn, qui n'est pas encore déterminé (1). Dans la même année, iM. Belot, de Cuba, fut plus heureux ; ses plantes, bien conservées, devinrent un objet d'admiration pour tous les amateurs. Plus tard, en 18^i6, M. Veyret, ancien consul de France, près la république de l'Equateur, et qui s'était fait construire une serre à Marly-le-Roi, reçut une cargaison d'Orchidées, que Baptiste fut chargé de déballer, d'arranger, déclasser, et dont les doubles enrichirent le jardin de la Faculté. A cette môme époque, le docteur Luna rapporta de Guatemala un bon nombre (1) Il vient de fleurir encore (aviil), et nous croyons que c'est le Cataseturn irifidwit, ou plutôt le Mijanfhas trilhlm, car lo labd.c e^t plane. SÉAiNCE UL' io FÉVniEU 1855. l'J3 d'espèces nouvelles, de sorte que, par suite de ces additions importantes, la petite sene de notre jardin ne pouvait contenir tant de riclicsses. Ce fut à cette même époque (1846) que M. Pescatore, riclie armateur, commença la belle collection d'Orcliidees qui attire tant de visiteurs empressés dans sa propriété de la Celle-Saint-Cloud. Une serre majinili- quement construite, dotée de tous les perfeclionnements, fruits de l'expé- rience et des conseils de Baptisle, reçut de beaux écliantillons des espèces les plus rares; l'Angleterre, la Belgique furent mises à contribution; un habile jardinier, M. lAuldemann, fut charge de diriger celte culture, désor- mais entrée dans le domaine public, et les succès obtenus par M. Pescatore déterminèrent plusieurs autres personnes à suivre la même voie. L'année 1847 doit être signalée comme une des plus heureuses, poui" la culture définitive des Orchidées exotiques à Paris. Il nous sera permis d'entrer, à ce sujet, dans quelques détails dont nous pouvons garantir l'authenticitt'. Personne ne s'étoiuiera que certains hommes, si haut placés qu'ils soient dans l'eslime de tous, montrent peu de goût, aient peu d'ap- titude aux affaires d'administration. Achille Richard, plongé le plus souvent dans la solitude de son cabinet, s'occupait peu des voies et moyens ; et, d'ailleurs, à une époque où des dissentiments politiques rendaient difficile tout rapport entre certains professeurs et le ministre de l'instruction pu- blique, ce dernier n'eût pas accordé volontiers des fonds pour construire des serres nouvelles et augmenter un matériel déjà considérable. Si donc le professeur de botanique de la Faculté de médecine ne demandait rien à l'autorité supérieure, M. Orfila, doyen de l'École, ardent promoteur de tout ce qui pouvait contribuer au progrès de l'enseignement, se char- geait volontiers d'un soin qui était à la fois dans ses attributions et dans ses goûts. M. Orfila connaissait Baptiste, il savait sa passion pour les plantes, il avait pu apprécier la valeur et l'utilité de ce jardin où les élèves trouvaient uue si belle collection d'espèces médicinales, il savait surtout à quel point le jardinier de la Faculté était honnête, désintéressé; il y avait entre ces deux hommes (Orfila eût accepté volontiers la comparaison ) une telle sympathie pour la gloire et la prospérité de l'École, chacun dans sa sphère, que l'illustre doyen, cédant aux prières de Baptiste, obtint des fonds pour bâtir cette serre tant désirée, celle qui, depuis cette époque, a été consacrée à la culture exclusive des Orchidées exotiques. Ajoutons, à l'honneur de ces hommes passionnés pour le bien, que quand le doyen aimonça à Baptiste que le crédit né(X'ssaire était obteiui, le jardinier transporté de joie, poussé par un élan irrésistible, se jetta au cou du célèbre professeur, l'embrassa avec effusion, et se confondit en excuses d'une liberté que l'en- thousiasme lui avait fait prendre au detiiment du lespect Le doyen n'était pas iKiinme a se formaliseï' d'une telle clcinonslration. ll/l SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. La serre fut bientôt construite. Il fut possilile, dès lors, de varier les moyens de classement, de placer suivant certains principes, des espèces venues du Brésil, du Mexique, et d'aulres pays où les conditions de l'at- mosphère sont fort différentes. L'expérience acquise avait indiqué diverses modifications dans la position à donner aux Orchidées: les unes voulaient plus de lumière, d'autres recherchaient presque l'obscurité; celles-ci demandaient les parties de la serre les plus échauffées, celles-là préféraient les lieux humides, ombragés, moins directement exposés aux rayons du soleil. On fit mille essais sur les corps spongieux destinés à servir de sup- port à ces plantes, sur les substances les plus propres à recevoir leurs racines; il fallut créer une multitude d'appareils de suspension, et les per- sonnes qui se promènent aujourd'hui dans cette serre, si bizarrement meublée de ces objets de toute nature, de toute forme, ne se doutent guère de ce qu'ont coûté d'efforts et de soins ces choses qui leur paraissent si simples. Mais cela est à la fois si original et si charmant que l'on comprend faci- lement la passion qu'inspirent les Orchidées, quand on a visité avec quel- que attention une serre pleine de ces végétaux singuliers. Les Orchidées, en effet, ne le cèdent à aucune autre famille de plantes, tant sous le rapport de la beauté des fleurs que sous celui de leur forme extraordinaire. Nulle part, en histoire naturelle végétale, on ne rencontre autant de particularités d'organisation, et qui soient mieux faites pour exciter, non pas seulement la sagacité des maîtres de la science, mais encore la curiosité des gens du monde. Ne disputons ici ni des goûts ni des couleurs. Qu'on se pique de réunir quinze cents variétés de Roses bien plus remarquables, assurément, par l'étrangeté des noms dont on les a baptisées, que par i.iie physionomie un tant soit peu distincte , qu'on ait par centaines des Calcéolaires et des Fuchsia de toutes couleurs, de toutes dimensions; qu'on obtienne, à l'aide d'habiles croisements , des Hlwdodendron nouveaux , des Azalées bril- lantes ; qu'à l'exemple de M. Lemichez, on demande au Camellia tout ce qu'il peut donner de nuances, de formes, de caractères plus ou moins fu- gaces, tout cela est bien, nous y applaudissons volontiers, très disposés à convenir que nos florimanes parisiens ou de la banlieue font de vrais mer- veilles en ce genre détours de force ou d'adresse; mais enfin, quoi qu'ils fassent, ils ne peuvent faiie que des Roses, des Fuchsia, des Calcéolaires, des Azalées, des Rhododendron, et enfin des Camellia. Le botaniste n'a rien à voir dans cette fabrique, ou plutôt il se détourne en souriant de ces individualités douteuses que l'on revêt de titres pompeux. C'est une affaire de mode; ces goûts passent vite, et nous nous rappelons le temps où le pro- fesseur iMarjoliii, iiolie (-lier et venere maître, après avoir grossi outre me- sure le catalogue immense de ses Dahlia, finit par se lasser de cette cul- ture, qui ne disait rien a son esprit éclairé. SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1855. 115 Voyez, au contraire, quel intérêt offre une collection d'Orchidées. Là, lout est nouveau, inattendu, singulier. La plupart de ces plantes végètent dans des conditions inaccoutumées. Les unes, tout à fait aériennes, n'ont jamais de rapport quelcont|ue avec le sol, des organes spéciaux enlèvent à l'air humide les divers matériaux de nutrition dont elles ont besoin; les autres, munies de pseudo-bulbes, portent avec elles des réservoirs remplis de substances réparatrices; d'autres, enfin, partant de rhyzomes rampants, puisent dans les corps spongieux qui les entourent ce qui peut concourir à leur accroissement. La forme générale de la tige n'est pas moins remar- quable, l-es feuilles les plus variées s'élèvent en l'air ou s'étalent sur lesol, leurs dimensions varient depuis quelques millimètres jusqu'à 1 mètre et même davantage; les unes solides, charnues, rappellent les Aloès, les Cac- tus; d'autres sont filiformes, graminoïdes; celles-ci, largement étalées, comme un capitule de palmier ; celles-là, imbriquées, écailleuses, grou- pées en masses irrégulières; si bien que, dans une serre d'Orchidées, l'œil, surpris par l'aspect de tant de formes bizarres, croit apercevoir une réunion complète de tous les types appartenant aux Mouocotylées. Mais c'est surtout l'inflorescence qui semble prendre à tâche de s'éloi- gner autant que possible d'une forme primitive quelconque, et qui prouve la merveilleuse fécondité de la nature dans ces variations infinies de cha- cune des parties de la fleur. Toutes les lois de la symétrie sont violées à chaque instant, et cependant le type fondamental, caractéristique, est tou- jours conservé. Il n'est pas de famille plus naturelle que celle des Orchi- dées, et cependant il n'en est aucune dans laquelle les organes essentiels de la fleur ont subi des transformations plus considérables. Quand on embrasse d'un seul coup d'œil les longues girandoles des Stanhopées, desGongora, les papillons d'un Oncidium, les longs cornets du Brassavola, l'epi des Sacco- labium, des Hhenanthera, les fleurs microscopiques de cerVa'ms Plewothul- lis, des BolIjoij/iijlUim, on se demande si quelque erreur capitale n'a pas présidé a cette agglomération d'individus qui n'offrent, de prime abord, aucune analogie de tournure et d'aspect. Ces qualités si diverses se rencontrant dans un groupe déplantes, ont dû attirer l'attention des savants, aussi compte-t-on un bon nombre de mono- graphies sur les Orchidées. Claude Richard, R. Brown, Swartz, et, à une époque plus rapprochéede nous (1833), M. Lindiey, et plus récemment en- core, M. Rt'ichenhach lils, ont tracé l'histoire de cette famille, qui deve- nait plus nombreuse et plus intéressante a mesure que les voyageurs rap- portaient leurs récoltes nouvelles. Achille Richard, nous l'avons déjà dit, au milieu de travaux incessants, revenait toujouis a cette étude, objet de ses prédilections, il ne négligeait rien pour grossir son herbier, et quand il se ville maitre d'une multitude d'espèces d'Orchidées rares qui lltinis- saicnt sous ses yeux, qui lui permettaient de décrire sur le vivant ces 116 SOCIÉTÉ BOTAMIQUE DE FRANCE. mêmes fleurs quel'oD avait crues jusque-là l'ornement privilégié des régions tropicales, il comprit enfin qu'il pourrait achever l'édifice auquel son père avait tant travaillé. Chaque espèce qui arrivait à un développement com- plet était aussitôt étudiée, décrite, dessinée; à mesure que des collections nouvelles se formaient, M. Richard y puisait des matériaux, et son œuvre allait arriver à son terme quand la mort est venue le iVapper. Les amis de la science regretteront la perte d'un tel homme (ses amis de cœur savent tout ce qu'il valait) ; les essais qu'il a puhliés à diverses re- prises ont montré ce que l'on devait attendre d'un talent de cet ordre. Per- sonne n'a porté plus loin que lui l'exactitude dans les descriptions, la jus- tesse dans l'appréciation des caractères; dessinateur hahile, son crayon reproduisait avec la fidélité la plus scrupuleuse la disposition des parties de lafieur, leur forme, leur volume; l'hahitude de disséquer ces organes déli- cats le conduisait rapidement à la connaissance exacte de leurs rapports mu- tuels, de sorte que ses phrases caractéristiques sont à la fois des modèles de concision, de justesse et d'élégance. En résumé, la collection d'Orchidées du jardin delà Faculté de médecine, l'ainée, sans contredit, de celles qui se trouvent aujourd'hui à Paris, due à l'initiative du professeur Richard, si bien seconde par deux aides intelli- gents, n'a pas peu contribué à répandre le goût de ces plantes si remar- quables, et fournira, nous l'espérons, des moyens d'étude aux amateurs qui voudront marcher sur les traces de leurs devanciers dans cette voie inté- ressante. Tout n'est pas dit sur les Orchidées, sur leur classement, sur leur description ; il y a là ample matière à des recherches nouvelles; les particu- larités de leur organisation se prêtent à des expériences nombreuses sur leur mode de développement, sur les moyens de les multiplier ; on pourra, mieux que sur beaucoup d'autres plantes, étudier les procédés de fécondation, naturels ou artificiels, reconnaître la valeur réelle de certaines espèces, constater l'apparition des hybrides par la stérilité constante de quelques individus, essayer des croisements destinés à donner des résultats semblables et retrancher de la nomenclature des noms qui n'ont pas le droit d'y figurer. Ces résultats ont une importance réelle; j'ai tenu à les signaler comme une conséquence directe des travaux du professeur Achille Richard, de son goût pour les Orchidées, de son empressement à les faire venir de si loin et des encouragements donnés à leur culture. Ceux qui sont les promoteurs d'un pareil progrès ont bien mérité de la science, et j'espère que la Société Botanique ne refusera pas de s'associer à cet éloge d'un homme qu'elle eût été si heureuse de compter au nombre de ses membres. c REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. PHYSIOLOGIE VEGETALE. Ueber «leis B««b «les C'ItlorogilBylls {Sur la structure de la Chlo- rophylle), par M. Hugov. Mohi, Botan. Zeitung, 9 et 16 fév. 1855, n"^ 6 et 7, col. 89-99, 105-115. Ce nouveau Mémoire de M. H. v. Mohl vient à l'nppui de celui que le célèbre professeur de Tuliingue a publié sur le même sujet, en. 1837. Dans ce premier travail, il avait voulu établir que les grains de chlorophylle sont formés d'une substance molle, voisine de l'albumine, dans laquelle se trou- vent le plus souvent englobes un ou plusieurs grains de fécule, et qu'ils doi- vent leur couleur verte a une quantité extrêmement faible d'une matière colorante, [/opinion qui a été opposée à la sienne consiste à regarder les grains de chlorophylle comme des vésicules; elle a été soutenue principa- lement par Meyen; mais M. Mohl se propose aujourd'hui de prouver qu'elle ne repose que sur une intei'prétalion erronée des faits. Cette idée de la nature vcsiculouse de la chlorophylle a eu récemment pour zélé partisan M. rs'aegeli. M. ^lohl discute d'abord la manière de voir de cet observateur, et il s'attache surtout à prouver que l'existence de vési- cules constituant un organe distinct des cellules est inadmissible, malgré les arguments par lesquels M. iNaegeli a cherché à l'établir. Après avoir rappelé encore l'opinion de MM. Goeppert et Cohn, qui regardent les grains de chlorophylle des Nitellu comme formés d'une membrane hyaline susceptible de se gontler dans l'eau, et d'un contenu lluide vert, avec plusieurs nucleus solides, formés de fécule, M. Mohl passe à l'exposé de ses propres observations. Il étudie d'abord la chloro- phylle en rubans spiraux des Zygnema. Ces rubans, formés en majeure partie d'une substance molle, brunissant sous l'action de l'iode et d'une quantité extrêmement faible de matière colorante, subissent des change- ments très remarquables lorsqu'on coupe transversalement sous l'eau les cellules qui les renferment et dans lesquelles pénètre alors le liquide. Ils se gonflent et se disposent irrégulièrement eu masses globuleuses ou ovoïdes, quelquefois plus allongées, et alors spirales, qui sont d'abord uniformément vertes, mais desqu'.-lles sortent plus tard une ou plusieurs vésicules inco- lores, formées d'une matière mucilagineusc homogène et remplies d'eau. Ces vésicules viennent certainement de l'intérieur du ruban vert, et se font jour à travers la couche extérieure verte. Leur formation est entièrement 118 SOCIÉTÉ BOTAMIQUE \)K FRANCE. acckientelle, et elle a lieu tantôt au milieu, tantôt au bord du ruban. Il n'y a pas le moindre doute, dit M. Hugo v. MohI, que ce pbénomène ne soit dû à une endosmose opérée par la substance interne du ruban de chlorophylle. A cette disposition de la chloropliylle en couche ou lame mince que pré- sentent les Zygnema, se rattache celle en couche plus cohérente qu'elle affecte chez les Draparnaldia, Ulothrix, etc., chez lesquels elle forme un revêtement plus ou moins complet de la paroi cellulaire. Ici encore vient se rattacher la chlorophylle de ï Anthoceros lœvis, qui forme dans chaque cellule le revêtement vert d'une masse de protoplasma environnant le nu- cleus cellulaire, située au centre de la cellule, et rattachée aux parois cel- lulaires par deux ou plusieurs prolongements rayonnants courts et épais. Le nucleus entouré par ce protoplasma est remarquable parce qu'il ren- ferme un très grand nombre (peut-être 100 et plus) de petits grains de fé- cule oblongs. L'eau agit sur la chlorophylle de V Anthoceros comme sur celle des Zygnema. La masse entière se renfle en raccourcissant ses prolon- gements rayonnants et devient irrégulièrement arrondie ou ovoïde; en même temps, les granules de fécule du nucleus deviennent plus visibles; ensuite, dans l'intérieur de la masse, il se f(trme une ou plus rarement deux grosses vésicules qui sortent à travers la couche verte externe. H n'existe pas d'in- dice d'une membrane externe. Des faits dont on vient de voir le résumé succinct, M. H. v. MohI con- clut que la seule condition nécessaire pour qu'il y ait production de chlo- rophylle, c'est qu'il se forme dans une cellule de la matière verte en rap- port avec une masse de substance protéique, quelle que soit la configura- tion de celle-ci ; dans tous les cas, il est clair, ajoute t-il, qu'il n'existe aucun organe élémentaire analogue à une cellule, qui se montre uniformément chez toutes les plantes à chlorophylle, ni auquel on puisse attribuer la for- mation de cette matière. Quant à la structure des grains ordinaires de chlorophylle, tels qu'ils se montrentdanslatrès grande majorité des plantes, M. H.v. MohI en distingue deux sortes bien tranchées dans leurs formes extrêmes, mais passant l'une dans l'autre par de nombreux intermédiaires. 1° La première sorte forme des grains globuleux, plus ordinairement en- core aplatis et rattaches par leur côte plane a la paroi de la cellule, dont le diamètre excède rarement yj-û '' 2T0 ^^ lig>ie. t;t reste souvent au dessous. Ces grains prennent souvent, par suite d'une pression réciproque, un con- tour hexagonal. Dans leur substance, on reconnaît, dans bien des cas uni- quement après l'action de Teau, des granules très petits, qui arrivent même parfois à la surface du grain. L'eau agit sur eux très rapidement: sous son action, ils se gonflent en vésicules, d'où leur teinte verte s'cclaircit, et leurs granules intérieurs deviemient plus visibles. Ces grains sont (ssentiellemenl analogues à la chlorophylle des Zygnema et de V Anthoceros. Dans l'eau, UKVLK IJIBLIOGUAJ'IIIUUE. 119 chacun d'eux se creuse d'un ou plusieurs vacuoles qui disteudeut la matière verte, et qui, plus tard, eu sortent sous la forme de vésicules incolores. Cette matière se montre alors en masse continue ou plus ou moins frac- tionnée sur la surface de ces vésicules. La substance de ces grains de chlo- rophylle est très molle; il est très vraisemblable que leur couche externe est plus consistante, mais rien n'y indique l'existence d'une membrane différente de la substance interne. On peut étudier très bien cette sorte de grains dans les feuilles du Ciivia nobilis. 2" Les grains de chlorophylle de la deuxième sorte sont souvent plus gros que les précédents. On reconnaît dans leur intérieur, soit lorsqu'ils sont frais, soit après l'action de l'eau et surtout de l'iode, un ou plusieurs grains de fécule. La surface de ces grains de chlorophylle est plus unie que celle de beaucoup de grains de la première espèce, et leur matiei-e a ordinairement ses granules plus fins. L'eau n'agit que très faiblement sur ces grains; elle rend seulement plus apparent le contour de leui- fécule. Leur enveloppe verte a une assez grande consistance. M. MohI n'a jamais vu s'y former de vacuoles. Les cellules intérieures des feuilles du Cerato- phyllum demersum sont celles qui lui ont paru les plus avantageuses pour l'étude de cette seconde espèce de chlorophylle. Il n'existe pas de règle générale pour la distribution des deux formes de grains de chlorophylle dans les différentes cellules d'une plante. Les cel- lules les plus voisines des deux faces d'une feuille renferment ordinairement des grains sans fécule ou de ceux qui, n'ayant que de très petits granules de fécule, se renflent en vésicules par l'action de l'eau; au contraire, dans les couches profondes de la même feuille se trouve la chlorophylle à gros grains de fécule. Mais il y a aussi des feuilles dont toutes les cellules n'ont que de la chlorophylle sans fécule. M. H. v. Mohl examine ensuite une question théorique d'un haut inté- rêt, qui a été soulevée par M. Mulder; on sait, en effet, que, d'après ce chimiste, la production d'oxygène par les plantes vertes provient d'une transformation de la fécule en chlorophylle. Il cherche à leconnaître si l'observation directe et l'anatoraie appuient cette théorie de la transforma- tion de la fécule. La discussion a laquelle il se livre a ce sujet le conduit a la conclusion suivante : « L'existence de la chlorophylle dans des cellules qui ne renferment pas de fécule, l'existence de chlorophylle en lames, qui n'a pas été précédée par de la fécule, le grossissement des grains de chlorophylle après que la fécule a disparu de leur intérietn- ; chez d'au- tres plantes, l'accroissement simultané des grains de fécule et de chloro- phylle, tous ces faits amènent à la conclusion que la chlorophylle ne pro- vient pas d'une transformation des grains de fécule, mais que ces deux formations, quoique fréquemment rattachées entre elles, sont cependant indépendantes l'une de l'autre. » 1*20 SOCIKTK ROTAMQUK Df-: FRANCE. Uebei* die Bililtaiiï;- fier 94os|>eiiilccfl4blaettei* voik Sali!i: . iiii«l iVIajiçaiolia. diirvlt ^»|»Hlt«iii{E^iiflae<;lteii [Sur la formation des écailles des bourgeons de Salix et de Magnolia par des surfaces de rupture)^ pai- M. Th. Hartig. Botan. Zeit.^ du 30 mars 1855, n" 13, col. 223. L'enveloppe exlérieure des bourgeons de tous les Saules n'est pas for- mée, comme chez la plupart desaihres, de plusieurs écailles étalées, dispo- sées en spirale autour du cône végétatif du bourgeon; elle consiste en une seule tunique conique, parfaitement close, soudée à sa base tout autour de ce cône. L'étude organogénicjue de ces bourgeons montre, avec la plus grande netteté, que cette enveloppe conique n'est pas provenue d'une écaille primitivement ouverte, dont les bords se seraient soudés, mais que, dès l'origine, elle a été parfaitement close, et qu'elle a été isolée par une fissure conique, qui s'est étendue graduellement du haut vers le bas. Ce faitsemontred'une manière encoreplus remarquable dansles bourgeons des Magnolia, dans lesquels toutes les écailles forment des enveloppes closes et coniques. On reconnaît aussi qu'il ne s'opère pas, dans ce cas, une sou- dure sur les bonis d'écaillés primitivement étalées, mais que chaque cône se détache par une fissure conique, absolument comme dans les Saules. Aliaioi'iaie Bliietlieii vobb AeoiBsttii» dataricuiii, AYulf. {Fleurs anormales d'Aconitum tauricum) ; par M, Hochstetter. Wuertternber- gische naturwissenschnftliche Jahreshefte, Xr année, 1" cah. , 1855, p. 33-39. \JAconitum tauricum, Wulf., est très voisin de r.4. Napdlus, et n'en est peut-être qu'une variété à laquelle l'élégance de ses fleurs a valu ime place dans les jardins d'agrément. Les fleurs monstrueuses de celte plante, qui ont fourni le sujet de cette note, ont été observées par l'auteur dans uu jardin d'Esliugen. Leur examen conduit le botaniste allemand à une expli- cation de la structure florale des Aconitum autre que celles qui ont été proposées jusqu'à ce jour. On sait que les anciens botanistes voyaient dans la fleur des Aconits une corolle irrégulière sans calice, et, sous l'abri du pétale supérieur fortement concave, deux nectaires en capuchons longuement pédicules. Aujourd'hui les botanistes s'accordent généralement à voir un calice dans l'enveloppe colorée que les anciens nommaient corolle, et deux pétales dans ce qu'on a regardé autrefois comme des nectaires; ils regardent aussi, pour la plupart, comme trois pétales, trois petits organes filiformes, pointus, nommés />ara- pétales par divers auteurs, qui se montrent, chez quelques espèces, à la base des ctamines, et qui avortent, pense-t-on, dans beaucoup de cas, ou se changent en étamines. UF.Mi: BIBLIOGR.VPHIQir., 121 Dans les fleurs anormales observées par M. ffochstetter, lirrégularité était moins grande que de coutume. Dans les fleurs normales, les deux sépales inférieurs sont toujours inégaux, l'un, tantôt celui de droite, tantôt celui de gauche, étant beaucoup plus large que l'autre ; dans les fleurs anor- malej, ils étaient parfaitement égaux et étroits; mais, entre eux, et plus intérieurement, se montrait un troisième sépale régulier, un peu plus large, de sorte que le i-alice semblait avoir six sépales. Le plus étroit des deux sépales inférieurs de la fleur normale commence le cycle calycinal, dont la deuxième feuille est le sépale en casque, dont la troisième feuille est lepkis large sépale inférieur, dont la quatrième et la cinquième feuille sont les deux pétales symétriques latéraux. Pourquoi cette troisième feuille du cycle calicinal est-elle toujours plus large que sa symétrique, dans la fleur nor- male? M. Hochstetter pense que cela tient à ce que cette troisième feuille se soude toujours avec le premier pétale de la corolle, pour laquelle les deux cornets pédicules formeraient la deuxième et la cinquième feuille du cyde. 11 n'y aurait donc que deux pétales ordinairement avortés sur cinq. Il est porté à croire que ces deux pétales manquants sont soudés avec les deux sépales latéraux ou moyens de la fleur normale; dans ce cas, le quatrième sépale serait soudé avec le troisième pétale, et le cinquième sépale avec le quatrième pétale. Dans cette manière de voir, la fleur des Aconits aurait un calice et une corolle également pentamères, dont les cycles alterneraient entre eux, et il n'y aurait pas d'avortement , mais bien trois soudures. M. Hochstetter pense que les soudures des organes foliaires des fleurs sont plus fréquentes qu'on ne le croit généralement, et qu'elles déterminent sou- vent dans ces organes des manières d'être pour l'explication desquelles on recourt volontiers aux avortenients. BOTANIQUE DESCRIPTIVE. Herborisations «iaiis le midi «le lu France, en 18.')/^, par M. Victor de Martrin-Uonos; broch. in-8" de 28 pag. Montauban, 1855; l.apie-Fontanel. Cette brochure renferme le récit de quelques excursions botaniques faites par l'auleur à la fin du mois de juin et au mois de juillet, dans les environs delSarbomie, de Perpignan et de Molitz, dans les Pyrénées-Orientales. On y trouve : 1" l'indication de localités nouvelles, telles que le Pas-du-Loup, entre jNarbonne et Bézier>, et le domaine des I.ebrettes, pour Y Astragalus Glaux^ L.in., le Pech de l'Agnèle, aux portes de INarboime, pour le Dian- thusvelutinus^ Guss., etc.; 2° quelques faits de géographie botanique assez curieux, tels que la présence AçVAiyirrhirnan hnUidifolium, Lin., plante montaijnarde, aux bords de la Méditerranée, sur la plnuo de Canet, et celle T. II. 9 122 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. du Thapsia villosa. Lin., qui croit habituellement dans les sables brûlants du littoral méditerranéen, sur l'un des sommets qui entourent Molitz; 3° la mention de quelques plantes que l'auteur regarde comme nouvelles mais qu'il nomme sans les caractériser suffisamment, comme un Orchis Martrinii, Timb. Lagr. , trouvé sur le trajet de Molitz à Nohédas, et qui est voisin des Orchis coriophora et jrag7-ans, ou dont il indique les caractères distinctiissans les nommer, comme un Ciste des Corbières, qui se rapproche beaucoup du Cistus salviœfoliusj U" enfin, une espèce nouvelle dont nous reproduirons la description, en faisant remarquer que l'auteur en accom- pagne le nom d'un point de doute. Cistus pet iolatus de \lartr.? « Fleurs de /i-(j centimètres, en corymbe au sommet des pédoncules, munies à la base de bractées éoailleuses, lancéolées, caduques, et, vers le milieu, de petites feuilles bractéiformes, ovales-ianceolées, nerviées, velues- soyeuses en dedans et sur les bords. Pedicelles deux ou trois fois plus longs que les calices, hérissés de longs poils; sépales largement cordiformes-acu- minés, glabrescents sur les faces, longuement ciliés aux bords ; pétales blancs, tachés de jaune à la base, deux, trois fois plus longs que le calice. Feuilles ^rés longuement pétiolées, a peliole g^^êle, non ailé, a la fin réflé- chies, ovales, élarizies vers leur base, longuement lancéolées, crispées fine- ment en leurs bords, tomenteuses-étoilées sur les deux faces, veinées- rugueuses seulement en dessous et d'un vert pâle ou jaunâtre ; tige glabre, élancée, haute de plus d'un mètre, d'un brun rougeâtre clair, ainsi que les rameaux, qui sont très allongés et un [)eu visqueux au sommet. » Hab. Gorges abritées de Font-Fi'oide. Ce Ciste se place entre le Cistus corbajnensis, Pour., regardé par l'auteur comme une boiuie espèce, et le C. longifolius. Lin. Il se distingue du premier par ses feuilles, très longuement pétiolées, ya;/îrH's cordiformes, et ses sépales moins hérissés; il diffère du second par la couleur claire et non noirâtre de toute la plante, par ses fleurs plus grandes, disposées en une ombelle plus lâche, par les pétioles de ses feuilles plus grêles, non ailés, et par les autres caractères indiqués dans la description. Icônes l»I»aB<»s*iiiia ï>at!ia> B'ai'ioriBBifi iieBiipe iiicertaruiii a«it iiondsiiit (leliii«>'ataB*BanB ; auctore Augustino-Pyramo De Candolle. Parisiis, 1808, fol., c. 50, tab. aère incisis. Dusacq, rue Jacob, 26. Il pourra sembler étrange que le Bulletin annonce, en 1855, un ouvrage qui porte la date de 1808. Mais, tout ancien qu'il est, le livre de Oe Can- dolle se présente aujourd'hui, en quelque sorte, comme nouveau. On sait, CD effet, que, depuis sa publication, il était resté a un prix tellement élevé REVUE BIBLIOGRAPHIQLE. 123 que peu de botaiiistes en avaient enrichi leur bibliothèque. Le piemiei- tirage des 50 plauciies qui le coniposent avait été fait a un petit nombre d'exemplaires, et depuis longtemps déjà ce livre important pouvait être regarde comme n'existant plus dans le commerce de la librairie. Mais, récemment, les cuivres de ces planches et l'édition entière du texte ont été acquis par M. Dusacq, qui a fait faire un nouveau tirage des ligures, et qui, en réduisant à 15 francs le piix du volume, l'a rendu parfaitement acces- sible à tous les botanistes. C/est cette circonstance qu'il nous parait impor- tant de faire connaître, et qui nous détermine à l'appeler au souvetn'r des botanistes les Icônes de De Candolle. On sait que cet ouvrage n'a jamais compté que 50 planches, quoique son illustre auteur l'eût entrepris avec l'intention de lui donner une bien plus grande étendue; mais, tel qu'il est resté, il n'en forme pas moins un élément essentiel pour l'étude de la flore française, puisque les 50 figures qu'il comprend, toutes dessinées par Turpin el Poiteau, sont certainement au nombre des meilleures illustrations que nous possédions pour des espèces de notre sol. Quant au texte (|ui accompagne ces figures, il a surtout de l'intérêt pour les espèces nouvelles, dont il renferme une description étendue; pour les autres, il se compose d'une diagnose, des principaux synonymes, de l'indication ties localités, et parfois de l'exposé des caractères qui les distinguent des plantes voisines. Flora ddl' Italia setteaif rioiiale e «lel Tirolo itieridioiistle, rappresentata colla fisicotipia dei fratelli Carlo e Agostino Perini {Flore de l'Italie septentrionale et du Tyrol méridional, figurée au moyen de la physicotypie des frères Charles et Augustin Perini). Cet ouvrage est destiné à la reproduction des plantes au moyen du pro- cédé di impression naturelle inventé à Vienne par M. Auer, et au sujet du- quel nous renvoyons à une note qui a été ajoutée, dans le dernier cahier du Bulletin, à l'analyse d'un Mémoire de M. d'Kttingshauscn. Le premier fas- cicule contient 10 planches, et représente les plantes suivantes : Acer cam- pestre, Geum reptans, Trifolium alpinum, Cirsium spinosissimum , Alclie- milla alpina , Melittis Melissophyllum , Berberis vulgaris, Adenostijles alpina, Rhus cotinus, Aconitum Anthora. Les deux auteurs reconniiissent que leurs figures sont encore inférieures à celles qu'on exécute à ri!i:primerie impériale de Vienne; mais ils espèrent que les suivantes ne laisseront rien à désirer. Dans tous les cas, leur publication a le mérite d'appliquer a une flore particulière la découverte toute récente de M. Auer, et de permettre d'apprécier 1 importance qu'elle peut avoir pour la botanique. iTlaxzetto «li fiori |iei* la feista «lelT ^ j^eiiitajo 1^5i>, fonnafo cnn alcinie /ji'infe nuove o poco connsciiite (lel li. ortn butaiilco {J'ctlf hmi- 1?â SOCIÉTÉ BOTANIQUE DR FRANCE. quet de (leurs pour la fêle du 8 janvier 1855, formé de quelquet; plantes nouvelles ou peu connues du jardin botanique royal), par M. G. Passerini; broch. 'm-h° de 11 pag. et 1 pi. litli. Parme, impr. roy., 1855. Ce Mémoire est consacre à huit espèces, dont six sont décrites pour la première fois. Pour les sept premières de ces plantes, l'auteur donne une diagnose latine et une description en italien. Voici les noms de ces espèces: 1. Crinuni Ludovicœ, Passer.; c'est la plante figurée dans la planche qui accompagne le Mémoire. Patrie inconnue : cultivée depuis longtemps au jar- din botanique de Parme. — 2. Baccharis festiva, Passer.; Nouvelle- Zélande. — 3. Sida Janii, Passer.; patrie inconnue ; cultivée au jardin, sous le nom de Sida ovata, Lav. — k. Prosopis plesiophi/lla, Passer.; patrie inconnue. — 5. Oxaiis subincamata. Passer.; patrie inconnue. — 6. Hhus verrucosa , Passer.; patrie inconnue. — 7. Eupatorium Morisii, Visi. in litt. 8. Helleborus abascius. Passer.; sans diagnose ni description. Cette plante avait été décrite dès 18/;7. Klle figure dans le Catalogue des graines du jar- din botanique de Berlin pour 185/i, sous le nom de Helleborus abschasicus. ]VatiBiii*kiBiiflis<^ VerEBaii«EeBiiij£eia van «le liollan«lj9clie i?lnatsi*lta|[iiiij clei* ^l^eteii$s4>lia|i|ieiR te Haarleiik {Mé- moires relatifs à l'histoire naturelle de la Société hollandaise des sciences de Haarlem), 2« série, 10^ volume. Haarlem, 185i, m-h". Ce volume est entièrement consacré à la botanique; car, après la liste des membres de la Société de Haarlem, il ne comprend que les deux Mémoires su i van! s : 1. GooDi'iNOviE.*:. Ad auctoritatem Musei casarei vindobonensis, pa- risiensis, il!usti'. Roberti BroAviiei, Guil. J. Hookeri, Joan.Lindleyi, Franc. Lessertii, LuJ. Preissii, Fred. Lud. Splitgerberi, aliorumqueproposuit Guil. Henr. de Vriese. Figuris illustravit Q. M. R. Ver Huell. Scriptio oblata est Societati scientiarum Batavo-Harlemensi, festum scculare celebranti, d. 21 m. mail, anni 1852. Pag. V-VIU, 1-19^; 38 plane, lithogr. Voici les noms des espèces ligurées. Les figures de port sont accompa- gnées d'analyses détaillées. PI. 1. Temminckia macrophylla, de Vriese. 2. T. mollis, Id. Camphusia glabra, Id. 3. Scœvola macrocalyx, Id. û. Se. Macrcei, Id. 5. Molkenboeria semiamplexicaulis, Id. 6. M. platy- phylla, 1(1. 7. M.pilosa, Id. 8. M. macrophylla, Id. 9. M. microphylla, Id. 10. Merkusia midtifo/a, Id. 11. M. thesioides, Id. 12. iV. Hookeri, Id. 13. Aillyaumbellata, Id. iU. Dampiera ferruginea,](l. 15. D. Jleimvardti, Id. 16. D. adpressa, Ail. Cunn. 17. D. hmccolata, Ail. Cunn. 18. D. cau- loptera , 1)C. 19. D. canescens, Benth. 20. B. Venrauxii, de Vriese. 21. B. eriocephala, Id. 22. Linschotenia discolor, Id. 23. Goodenia humilis, H. Br. 2^. G. artnstrongiann, de Vriese. 25. G. flagellifera, Id. REVLE BlBLIOGKAl'HigLL. 125 26. G. lanata R. Br. 27. G. Iiederacea, R. Br. 28. G. incana, R. Br. 29. G. squarrosa, de Vriese. 30. G.pimfolia, Tel. 31. G. decurrem, R. Br. 32. Stekhovia scopigera, de Vriese. 33. EiUlmle macrophylla, Id. 34. T>/- leyamacrocalyx, Id. 35. Leschenaultia biloba, Lindl. 36. L. pinastroides, Lehra. (f. 1-6); L. arcuata, de Vriese (f. 6 11). 37. Anthotium humile^ R. Br. 38. Lemairea Amboinensis, de Vriese. 2. Pbodbomus flor.e bryologic.î; suriname^sis; aiictoribus F. Dozyet J. H. jMolkcnboer. Accedit pugiilus specierum novarum florœ bryologicœ VenezuelancC, P. 1-54; 19 plane, gravées sur pierre. Voici les noms des espèces figurées, dont chacune est illustrée par de nombreux détails : PI. 1. FissidensSplitgerberianus, Dz. etMb. 2. Arth^ocormus pulvinaius, Id. Id. 3. Calymperes Richardi, Muell. h. Bryum Lambergii, Dz. et JMb. 5. Campylostelium l'enezuelanum, Id. Td. 6. Syrrhopodon Surmamensis, Id. Id. 7. S. a^yptocarpos, Id, Id. 8. Barbula agniria, Sw. 9. Neckera Korthalsiana, Dz. et Mb. 10. Meteoriwn patulitm, Dz. et Mb. 11. M. peni-- cillalum, Id. Id. 12. M. macranthum, Id. Id. 13. Hookeria dimricata, Id. Id. \k. Hypnum Surinamense, Id. Id. 15. /f. papillosum, Hornscb. i&. E.subsimplex, Hedw. 17. //. Kegeliamon, Muell. 18. H. microtheca, Muell. 19. II. pungens, Hedw. lBeti>aelitiiii$£eBi iielseï* die Knerj^iiiaiidcl» laiiifl «lie Gat- tims; Aniys:dalM«Biel»erii»ïi|»t {Considérations sio'les Amandiers ' nains et sur le genre Amygdalns en général), par M. D.-F. L.-V. Sch- lechtendal. Halle, 1854, in-4" de 30 pages. Extrait des Abhandlunyen der naturforsc/ienden Gesellschaft, zu Halle. Dans son introduction, M. de Schlechtendal rapporte à l'année 1784 et à James Sutherland {Horfiis Edinburgensis^ d'après Ailon et Sweet) la pre- mière mention de l'existence dans les jardins d'Kurope de VAmygdalus nana^ Un., qui cependant était déjà connu alors depuis un siècle. Il examine si celte espèce appartient à la llore de l'Allemagne, et il déclare le fait dou- teux. Il rappelle et discute les indications fournies à ce sujet par MM. Rei- chenbach, Neilreich, Schnizlein, Sadler, etc. Le corps de son Mémoire est ensuite divisé en quatre parties. I. Kspèces d'Amandiers nains considérées quant à leur délimitation actuelle. — L'auteur examine en détail, à ce point de vue, les espèces sui- vantes : 1. Aniygdalus nana, Lin.; 2. A. airnpestris, Bisser ; 3. A. sibirica, Tausch ; 4. A.pumila, Lour.; 5. A. fruticosa, W endcr ; 0. A. humilis, lùlgeworth. La conclusion générale a laquelle il est conduit par cet examen circonstancié est que, dans l'état actuel de nos connaissances, l'histoire des Amandiers n;iiiis exige encore de nombreuses observations pour être dcli- nitivcnent fixée. 126 SOCIÉTÉ BOTAMQLE DK FRANCE. II. Les Amandiers nains, en général. — Dansce chapitre, M. deSchlech- tendal étudie la végétation et l'ensemble des caractères des arbrisseaux qui forment le sujet de son Mémoire, t.es Amandiers nains rampent tous sous la terre, mais à des degrés un peu différents. Les feuilles de leurs jets radi- caux simples qui se développent chaque année portent des feuilles beaucoup plus grandes et un peu autrement configurées que celles de leurs tiges âgées de plusieurs années. Les fleurs varient, dans chaque espèce, de nombre, de grandeur; elles tendent toutes à développer mal, ou même pas du tout, leur pistil ; delà leur faible fertilité. En Allemagne, les fruits ne mûrissent qu'en septembre et octobre. Leur maturité est indiquée par l'ouverture d'une fente sur le bord le plus convexe du péricarpe, qui laisse ensuite le noyau de plus en plus à découvert. Les fruits entiers, et surtout les noyaux, four- nissent de bons caractères spécifiques, tandis qu'on admet généralement, à la vérité sans preuves directes, que les variations analogues, chez l'Aman- dier commun, n'ont absolument aucune valeur. Les Amandiers nains ont toujours la graine amère. Leurs fleurs sont rouges, excepté chez VAîiiyg- dalus carnpestris, Besser, qui les a blanches. Il faudrait vérifier expéri- mentalement si, comme l'a dit Ledebour, les fruits de ces fleurs blanches peuvent donner des pieds à fleurs rouges. III. Les espèces d'Amandiers nains exposées d'après les observations de l'auteur. — Ce chapitie contient la description étendue, mais non accompa- gnée de diagnose, ainsi qu'une discussion des espèces telles que les admet l'auteur. On sent que cette partie du Mémoire n'est pas susceptible d'ana- lyse. Voici les noms de ces espèces et leur synonymie. 1. Amijgdalus pallasiana = Amygdalus nana, Pall., FI. ross.^ tah. VI (Descr., p. 12, excl. formis plur.) ; Schkuhr, Handh., IF, tab. CXXX, I, p. 21; Bot. Magaz., t. 161. 2. Amygdalus Besseriana :=: Am. campestris, Besser, nec alior. auctor. 3. Amygdalus Gœrtneriana =z Am. nana, Gaertn, de fruc, H, p. 75, t. 93, f. 3. " U. Amygdalus Ledebouriana ^= Am. nana., altaica, Ledeb., FL ait. IV. Les autres groupes du genre Amygdalus. — L'auteur expose les con- sidérations qui forment ce chapitre, surtout dans l'intention de provoquer de nouveaux traxaux sur ce sujet. Oiisii>B'vali4Bai!4 on a reinai'Kable Cjcadeojzs plant fcotn Pnvt \i%tai [Obsovations sur une Cycadée remarquable de Port- Nûtal); par M. John Smith. Hooker's Journ. of bolany and Kew garden miscel.., 18.î/i, p. 88. La plante dont il est question dans cette note, quoique découverte depuis quelqueb umiees, n'a ete connue que tout récemment, soit dans sou orgaui- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. . 127 sation, soit relativement à la place qu'elle doit occuper dans le règne végé- tal. Elle a été décrite en 1853 (Hooker's Journ. of botan., p. 228), par M. Thomas Moore, dans un article intitulé : Liste des Fougères de Natal, recueillies par M. PlaiU, comme formant le type d'un <;ente nouveau, qui a reçu le nom de Stangeria, en rhonneiir du docteur Stanger, qui l'avait introduite, en 1851, au jardin botanique de Chelsea,et elle a pris rang dans ce genre sous le nom de S. paradoxa. Th. Moore. Mais ce botaniste n'avait pu, faute de matériaux suffisants, se faire une idée exacte de la famille à laquelle elle appartient, et ne sachant s'il avait sous les yeux une Fougère ou une Cycadée, il disait dans son Mémoire qu'elle paraissait être ou un Zamia semblable à une Fougère, ou une Fougère semblable à un Zamia. Cependant, ajoutait-il, son affinité paraît être plus grande avec lesCycadées qu'avec les Fougères. M. John Smith a pu étudier plus complètement cette plante remarquable, et il est arrivé à démontrer qu'elle appartient réellement à la famille des Cycadées. Du reste, l'erreur qui l'avait fait prendre pour une Fougère re- montait déjà haut; carie célèbre ptéridographe Kunze l'avait prise pour un Lomaria, qui lui avait semblé d'abord n'être que le Lomaria coriacea Schrad., mais qu'il avait bientôt reconnu pour une espèce distincte, à la- quelle il avait donné le nom de Lomaria eriopus (Voy. L.innœa, XlTl, 1839, p. 152). « Il est surprenant, dit M. John Smith, que Kunze ait rap- porté ses échantillons de cette plante au genre Lomaria, car le fait d'un stipe laineux est parfaitement suffisant pour montrer qu'elle n'a rien de commun avec ce genre. » Les matériaux sur lescjuels le botaniste anglaisa étudié le Stangeria poradoxa sont surtout deux pieds rapportés de JNatal par le capitaine Garden, deux cônes mâles, quelques fragments qu'on sup- pose appartenir a un cône femelle, enfni plusieurs petits individus, \oici les particularités nouvelles que lui ont montrées ces divers objets. « Chez lesCycadées, dit-il, la vernation, telle qu'on la caractérisée jus- qu'à ce jour, e.st droite; chez les Zamia et les genres voisins, les pinnules sont planes et pioyées en opposition l'une par rapport à l'autre; chez les Cycas, elles sont circinées. Le Stangeria diffère du caractère général de la famille, et aussi du caractère secondaire du genre, en ce que ses frondes sont infléchies dans la vernation ; la portion supérieure de la fronde qui porte les pinnules naissantes étant brusquement infléchie contre le stipe: comme son développement procède de l'axe d'accroissement, le stipe s'allonge gra- duellement, et la portion supérieure infléchie cjui porte les jeunes pinnules devient rectiligne. Comme chez les Zamia. les piininles se regardent face à face; mais, au lieu d'è'.rc planes comme chez ceux-ci, chacune d'elles s'en- roule longiludinalement. On voit dès lors([ue le Stangeria (WHiive de toutes les (>ycadées connues par sa vernation infléchie et involutée, et parce que les veines de ses pinnules naissent d'une véritable côte médiane, dont l'cxis- 128 SOCIÉTÉ BOTAlNiyLfc: DE FKANCE. teuce rend inadmissible le caractère par lequel on distingue habituellement les Fougères fossiles des Cycadées fossiles. » Uebei* die AB;y:eBt;;;att«in|::eii fEtlo^onitsni giiid Bolboclitete (Sur les genres d'Algues OEdogonium et Bolbochœte) ; par le docteur Aut. deBary. Abhondl. herausgeg. von d. Senckenbergischen naturforsch. Geselhchaft; I, 1" livr., p. 29-105, pian. 2, 3 etft. Francfort-sur-Mein, 185Zi, in-/;". Ce Mémoire est fort étendu, et renferme un si grand nombre de détails, qu'il serait impossible d'en donner une analyse suffisante sans dépasser les limites d'un article de cette Revue. Nous indiquerons cependant les princi- pales conséijuences déduites par l'auteur de ses observations. L'étude attentive des espèces comprises dans les deux genres Œdogonium et Bolbochœte a montré a M. de Bary que les cellules de ces Algues s'ac- croissent par leur extrémité. La portion essentiellement formatrice de ces cellules, ou l'utricule primordiale, sécrète la membrane cellulaire, com- posée de cellulose, sous la forme de couches plus ou moins nettes, parmi lesquelles les plus âgées sont toujours les plus extérieures, et dont la plus jeune entoure immédiatement l'utricule primordiale. La partie la plus jeune de la cellule s'allonge a son extrémité supérieure et perce à travers la vieille membrane; le nouvel allongement terminal se sépare, en qualité de cellule- lille, de la portion inférieure persistante, c'est-à-dire de la cellule-mère, et il se présente dans les mêmes conditions que la cellule-mère, ou bien il se rentle soit en sporange, soit en cellule-mère [Bolbochœte setigera), ou bien il devient une cellule-soie qui ne produira plus de eellule-fille. Dans d'autres cas, le contenu cellulaire organisable s'isole complètement de la membrane cellulaire en gonidie locomolite; il devient une cellule à végétation indé- pendante, et produit a son tour une famille de cellules semblable à celle de laquelle elle émane, c'est-à-dire un nouveau tilament cellulaire. Cet accroissement des cellules par leur extrémité, cette division en deux cellules d'inégale valeur, distingue les deux genres Œdogonium et Bolbo- chœte ù^?, Confervacées, parmi lesquelles on les a rangés jusqu'à ce jour. Celles-ci, comme les Zygnémacées et beaucoup d'autres, sont formées de cellules qui s'accroissent par les deux extrémités, et qui se multiplient par la production de cellules-fdles, dont la formation marque la mort de la cel- lule-mère. Les cellules des OEdogoniwn n'ont qu'un accroissement longitu- dinal, qu'une extrémité où ait lieu leur allongement, qu'un seul point végé- tatif, s'il est permis de s'exprimer ainsi. A ce point végétatif naissent des cellules essentiellement différentes, savoir : des cellules végétatives cylin- driques, produisant à leur tour des cellules-filles ou bien de-; cellules qui produisent f!cs goni'licsou desspoi-oset q'ii se rcntU'ii! souvent en globules, UliVUE HIBLIOGHAPHlULi:. 1'^') Chez le Bolbochœte, lu cellule lapins basse possède seule un point végé- tatif; toutes les autres en ont deux adjacents situés à leur extrémité supé- rieure, lesquels donnent deux cellules-filles divergeant en angle aigu, et qui diffèrent d'importance dans un ordre régulier, savoir : une cellule-soie, qui reste toujours indivise, et une cellule verte ou sporange. La similitude de la végétation, de la formation des spores, des gonidies, fait penser ix M. de Bary que les Œdogonium et Bolhodiœte doivent être sé- parés des autres Confervacées de Kûtzing en une famille particulière qui se place, sans doute possible, près des Vaucheria, Acidya et Saprolegnia. Voici le tableau de celte famille, tel que le trace l'auteur. OEDOGONIE.E. Cellules à croissance terminale, unies en filaments simples ou ramifiés, produisant avec tout leur contenu des gonidies dis- tinctes, motiles, ovoïdes-élargies. Sporanges plus ou moins renflés, formant avec tout leur contenu une spore globuleuse ou ovale. Geisbe 1, Œdogonium, Link. Cellules à croissance terminale dans une direction; de là filaments simples. Forme des cellules cylindrique, un peu élargie vers le baut. a. QEdogonia genuina, Kiitz. Sporanges globuleux ou ovales, renflés, dans la continuité du filament. Spores globuleuses, situées librement dans leur milieu, />. Isogonium, Kûtz. Sporanges cylindriques ou à parois moins prolongées sur la continuation du filament. Spores comme en a. c. Astrogonium, Itzigsobn. Sporanges en étoile, sur la continuation du filament. Spores comme en a et b. OEdogonium Itzigsohnii. d. Acrogonium. Sporange ovoïde, situé en cellule terminale sur l'exlré- mité du filament. Spore le remplissant entièrement. OEdog. acrosporum. GmRE 2. C y mat onema, Kulz. (OEdogonium undulatura, A. Br. msp.). Cellules à croissance terminale dans une seule direction ; illaments simples. Cellules cylindriques, avec (le plus souvent 5) étranglements transversaux, et par suite contour sinueux : sporanges? (Il se classerait peut-être mieux comme sous-genre à' Œdogonium.) Genbe 3. Bolbochœte, Ag. Cellules cylindriques- daviformes, avec contenu vert, a croissance terminale dans c?eMJ: directions, produisant des cellules-filles bétérogenes les unes après les autres, ou à croissance termi- nale dans une seule direction, sous la forme d'une soie incolore allongée avec une base demi-globuleuse, laquelle ne produit pas de cellules-iilles. Par suite, filaments dicbolomes, cellules vertes, situées sur l'extrémité su- périeure d'une cellule, soit par deux, soit isolément avec une cellule-soie (la cellule int's'rieure ne produisant alors des cellules-iilles que dans une direction). Sporanges naissant de la cellule-mère dans une seule direction, globuleux sur une portion inférieure cylindriqur, ou purement globuleux, 4dO SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. OU ovoïdes; spores remplissant entièrement la partie renflée du sporange, rouge écarlate à la matuiité. 1, Bolbochgete setigera, Ag.; 2. B. interniedia, de Bary ; 3. B. miner, A. Br. BOTANIQUE GÉOGRAPHIQUE. flCeclierclies ssit* le mode de réfiartition des véj^ctaux dasts le départeBiieitt de I» Câiroasde. Thèse de bolanique pour le doctorat es sciences naturelles, par M. J. Delbos. Ïn-W de kl pages. — Bordeaux, décembre \S5k (1). Ce lV[émoire a été écrit dans le but d'exposer la distribution des plantes dans le département de la Gironde, conformément aux idées de M. Thur- mann; c'est dire que M. .1. Delbos admet, comme l'auteur de la Phytosta- tique du Jura, que le soi influe sur la dissémination géographique des espèces végétales par ses propriétés physiques et non par sa composition chimique. Son travail comprend plusieurs paragraphes. 1° Une sorte d'introduction est consacrée à quelques définitions et â quel- ques explications préliminaires. I/auteur y examine successivement ce qu'on entend par régions botaniques ; l'influence, sur la répartition des plantes, du climat^ du sol, de Vaire de dispersion et de la quantité de dis- persion des espèces. Il expose les deux opinions régnantes et contradictoires au sujet de l'action du sol sur la distribution géographique des végétaux, dont l'une donne la plus grande importance à la composition chimique, tandis que l'autre l'attribue à l'état d'agrégation, de division, etc., ou plus généralement aux propriétés physiques. Il entre dans des développements assez étendus pour montrer que « dans chacune de ces manières de voir on a poussé peut-être quelquefois les conséquences trop loin, » et que « dans certains cas aussi, le désaccord peut bien ne s'être produit que faute de s'entendre. » Le paragraphe suivant est consacré au tableau des stations botaniques dans le département de la Gironde, et à l'indication des espèces qui appar- tiennent à ces diverses stations. Cette partie forme le corps même du travail de M. Delbos; mais il est presque inutile de dire qu'elle n'est pas suscep- tible d'être analysée. Tout ce qu'il nous semble possible de présenter ici , c'est le tableau des stations distinguées par l'auteur. Les stations botaniques du département de la Gironde se partagent en deux groupes : 1" la région maritime; 2" la région continentale. La RÉoroN MARiTiMK comprend la baude étroite qui s'étend le long de l'Océan, à (J) Ce Mi''ini>ii(' fsr icnro'luil d;uis le deuxic-mo caliicrdn loine I"' d^^s Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, p. 6'27-/|69. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 131 laquelle l'auteur réunit les dunes, qui établissent souvent une transition à la flore continentale. Dans cette rés^on se trouvent distingués : les eaux salées; les prés salés ; les sables maritimes, qui passent insensiblement aux dunes ; les dunes blanch^s^ c'est-à-dire mobiles ou non fixées : les dunes ense- mencées; les laites ou vallons qui séparent les dunes blanches, et qui éta- blissent le passa<:e des prés salés aux marais des landes et aux dunes; enfin les rochers maritimes. Dans la bégion costisestale se trouvent caractérisées par leurs plantes habituelles les stations suivantes : les eaux courantes; les eaux tranquilles ; les marais; les bords des eaux courantes ; les tourbières spongieuses ou. à Sphagnum; les tourbières sèches ou sables tourbeux; \es sables arides ; les pelouses naturelles; les rochers; les bois; les prairies ; le^i moissons : \e?' Jachères. Un troisième paragraphe est intitulé : Des rapport^ qui existent evtre le mode de répartition des plantes et la constitution géologique du pays. C'est ici particulièrement que l'auteur fait l'application des idées de M. Thurmann au département de la Gironde, Pour cela, il étudie successivement la consti- tution géologique des divisions naturelles de cette circonscription, c'est-à- dire : 1° de la partie occidentale ou des landes proprement dites; 2° de la partie médiane ou du triangle compris entre la Dordosne et la Garonne, partie qu'on nomme dans le pays V Entre-deux-mers : 3° de la partie a l'est (le la Gironde et de la Dordogne; h° des grandes vallées. li rapporte à chacune de ces divisions les principales espèces qui figuraient plus haut dans ses listes par stations; seulement il les distribue ici en raison de la constitution géologique du sol. Un quatrième paragraphe porte pour titre : Sur les aires de dispersion de quelques espèces. L'auteur distingue : 1" quelques espèces dont l'aire est très limitée, comprise tout entière dans le département de la Gironde, savoir : Silène lœfa, Erica lusitanica, E. m'^diterranea. Lobelia Dortmanna, .Snlvinia natatis, Scorpiurus subvillosn ; 2^ d'autres espèces qui se ratta- chent aux départements voisins, ou qui se sont naturalisées plus ou moins complètement. Un paragraphe intitulé : Résumé et conclusions, termine le Mémoire de M. Delbos. Voici les plus importantes de ces conclusions. Les terrains du département de la Gironde présentent quatre sols principaux nommés, d'après la nomenclature de M. Thurmann : 1° Eugeogène psammique (landes et molasses); 2" Eugetigène pelique (nliuvions); 3° Eugeogène pelop- sammique (diluvium) ; U" Dysgéogène pelique (calcaires de divers âges). I^ premier et le dernier de ces sols sont seuls importants à considérer, les deux autres n'offrant rien de bien particulier, dit l'auteur. Or, « si nous compa- rons les différentes listes des plantes des stations sur le sol psammique. nous remarquerons: l''gue quelques plantes des tourbières sponsieuses sont spéciales a notre région, mais que la plupart s'avancent au nord jus- 132 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DK 1 P.A.NCE. qu'à la Loire, et quelques-unes même beaucoup au delà; 2" que les sables tourbeux offrent certaines espèces qui s'avancent encore vers le nord, mêlées à d'autres spéciales {Viola lancifolia, Narclsms Bulbocodium, Alliurn ericetorum) ; 3" que les sables arides ont un certain nombre d'es- pèces spéciales, ou qui ne dépassent guère la Loire {Silène Portensis, Cistus alyssoides, Ornilhopus roseus, Lupinus reticulalus, Llnariajuncea, A.nthe- ricum planifolium, Avena Thorei) ; h" que les prairies et les moissons pro- duisent des plantes qui s'avancent très loin vers le nord. I) Sur le sol dysgéogène ou calcaire, on remarque : 1° que les plantes de nos pelouses ou friches rocailleuses sont, pour la plupart, assez indifférentes quant au climat. Cependant on voit apparaître dans ces stations des espèces dont le faciès est bien réellement méridional {Scorpiurus subvillosa, Linum strictum, Cotoneaster pyracantka), tandis que quelques autres ne s'avan- cent jusqu'à la Loire que par le concours de circonstances très favorables; 2" que la végétation rupestre présente des caractères analogues, peut-être même plus tranchés, et comprend des plantes des régions méridionales de la France, ou qui s'avancent peu vers le nord, comme Philbjrea latifolia, Jlhus Curiaria, Coriaria myrtifolia, Rhamnm Alaternus, Centaurea aspera; 3" que les moissons n'offrent pas de caractères bien particuliers. » En résumé général : « le sol psammi(jue des Landes produit plus d'espèces spéciales, le sol dysgéogène des coteaux calcaires plus d'espèces méridionales. » BOTANIQUE APPLIQUÉE. On l»vo fibres froi» Brazil [Sur deux matières textiles du Brésil); par M. Thomas G. Archer; avec une note de sirW. J. Hooker. Hooker's Journ. ofbotan. and Kew Garden HJiscelL, cah. de mars 1855, p. 8^. Les deux matières dont il s'agit dans cet article ont été importées, il y a quelques semaines, de Bahia à Liverpool. M. Archer les regarde comme nouvelles pour le commerce de l'Angleterre. L'une d'elles constitue une sorte de lin, et on la dit propre aux mêmes usages que cette utile matière; elle est en petits écbeveaux, longs d'environ 12 pouces anglais. Ses libres sont d'une linesse remarquable, et elles ont un aspect particulier, qui rap- pelle un peu la toison des moutons à longue laine. Elle est d'un vert pâle. Elle a été importée sous le nom de Tecum. En la comparant avec un échan- tillon qui se trouve dans la collection des matières d'importation de Liver- pool, M. Archer a été conduit à penser qu'elle provient d'une feuille de Palmier. Cet écliantillon, auquel il la comparée, était une matière fibreuse obtenue par une préparation gross'ère des feuilles du Carnaitba ou Car- nnhuha {Corypha cerifera). Quant à l'autre matière, elle consiste en fibres rouges très grossières et HEYLE BIBLIOGRAPHIQUE. 133 très longues ; c'est évidemment, dit M. Archer, la portion fibreuse d'une écorce d'arbre, probablement, pcnse-t-il, d'un Acacia. Aucune de ces deux matières n'a trouvé des acheteurs à Liverpool. Dans sa note, ajoutée à celle de M. Archer, M. Hooker dit que, grâce à des échantillons envoyés d'Amérique par M. Spruce, il a pu reconnaitre la véritable origine des deux matières dont il s'agit. La première est fournie par les feuilles des jeunes pousses, encore blanches, comme ne s'étant pas fait jour au dehors, du Palmier Tucum {Astrocanjum Tucum, Martius). Tordus, les filaments extraits de ces feuilles donnent des fils et des cordons excellents, forts et très beaux. Quant à la seconde matière, aux fibres rouges et grossières de M. Archer, elle n'est rien autre chose que le liber du Ber- tholldia excelsa, Humb,, dont les fruits arrivent maintenant en Europe sous le nom de Noix ou Amanfies du Brésil. Il paraît qu'on en fait grand usage à Para, pour calfater les navires, et qu'elle est parfaitement propre à cet usage. L'examen de ces dernières fibrts a conduit M. Hooker à examiner les lames de liber, avec lesquelles on fait, sur l'Amazone, les enveloppes de cigares, et qu'on nomme Tauaré. Ce liber provient d'un arbre immense que M. Spruce croit être un Lecythis différent de Vollaria, mais dont il n'a pu se procurer un échantillon, a cause de ses immenses proportions, et sur- tout de la hauteur exti-aordinaire de son énorme tronc. MÉLANGES. Ifliitliittas. 138 SOCIÉTÉ liOTANIQUE DE FRANCE. pour des végétaux autonomes et distincts. On doit donc croire que le re- dressement de ces erreurs diminuerait considéral)Iement le nombre iictifde ces végétaux inférieurs, en ramenant à des types spécifiques réels les formes qu'on avait faussement crues typiques. » L'Académie, désirant encourager des études locales dans le sens qui vient dêtre indiqué, met au concours la question suivante : « Etudier les Cryptogames inférieurs de la Gironde, et les classer en » cherchant dans l'observation directe l'application et l'examen des principes ') les plus récents. » « Le prix sera une médaille d'or de 300 francs. » Les pièces de concours, écrites en français ou en latin, seront reçues, franches de port, jusqu'au 30 septembre 1855, inclusivement, à l'hôtel de l'Académie, rue Saint-Don)inique, n"l, à Bordeaux. » Chacune de ces pièces portera une épigraphe, et, sous une enveloppe cachetée, attenante à la pièce, d'abord la même épigraphe, avec le nom et J'adresse de l'auteur; ensuite la déclaration que la pièce présentée est iné- dite, qu'elle n'a été soumise à aucun concours, et qu'elle n'a été com- muniquée à aucune autre Société scientifique. Toute pièce dont l'auteur aurait préalablement fait connaître son nom serait, par ce fait seul, mise hors de concours. » — M. D. B. Abrah. Massalongo, professeur à Vérone, va commencer pro- chainement la publication des Lichens de l'Italie, sous le titre de Lichenes ita- lici exsiccati. Impossible, on le conçoit sans peine, de déterminer exactement par avance le nombre de volumes que comprendra cette importante publica- tion; mais, d'après un calcul approximatif, M. Massalongo présume que ses Lichens, s'élevant a peu près au chiffi-e de 600 numéros, formei'ont au moins 20 volumes, à raison de 30 numéros par volume. Les volumes seront dans le format in-/;", reliés et formant boite, avec étiquettes imprimées et série de numéros. Autant qu'il sera possible, l'auteur donnera les espèces selon la succession des genres. 11 fera en sorte que tous les échantillons aient une origine italienne, et, dans le cas où il serait obligé d'en admettre d'un autre pays, il aura, dit-il, le soin d'indiquer d'où et de qui il les tient. Le premier volume paraîtra au mois de mai ; les volumes suivants suivront de mois en mois. Le prix est fixé à k florins par volume pour les personnes qui souscriront avant la fin du mois de mai, à 5 florins pour celles qui souscriront après cette époque. Les souscriptions doivent ètie adressées par lettres à M. Massalongo, à Vérone. — D'après la Botanische Zeitwig {& îxvvW 1855, col. 2^8), le docteur Fintelmann a fait la découverte intéressante que, lorsque du bois est placé verticalement et en sens inverse de sa position naturelle, c'est-à-dire la partie correspondante au haut du tronc située en bas, il est entièrement UEVLiE BIBLIOGHAPHIQUE. i'è9 respecté par les ver?. Des faits rapportes do divers côtés sont venus, dit-on, conlîrmer l'exactitude de cette observation. — II parait que l'accident survoiu a W. Zollinger, d'après les journaux allemands, auxquels le Z?»//e^«'yi avait emprunté l'annonce de ce fait, n'a pas eu toute la gravité qu'il pouvait avoir ; car ce zélé collecteur-botaniste va repartir pour Java daus des conditions qui lui permettront de former des collections parfaitement soignées. D'api'ès une lettre de M. Reichenbach iils à M. le comte Jaubert, M. Zollinger est à la tète d'une société puissante patronnée par le gouvernement bollandais, qui a pour objet la culture du Cocotier en grand dans l'île de Java. Les collections de plantes que M. Zollinger se propose de former seront divisées en diverses catégories. Il pourra d'abord y avoir deux sortes de souscripteurs : 1° ceux qui s'engageront a prendre des collections com- plètes ou qui seulement souscriront poui- une somme de 200 francs; les plantes leur saront livrées au prix de ^0 francs le cent; 2° ceux qui ne souscriront que pour une somme inférieure à 200 francs ; les plantes leur seront comptées à 50 francs le cent. En outre, M. Zollinger admet des souscriptions spéciales dans les condi- tions suivantes: 1" les collections de Cryptogames (les Algues et les Cbam- pignons exceptés), et celles de Graminées, de Cypéracées, seront comptées à /jOfrancs lecent. Il estentendu que, pour les petites Cryptogames, Lichens, Mousses, Hépatiques et petites Fougères, on tâchera de représenter chaque espèce par plusieurs échantillons; 2" pour les Algues, les Champignons, pour toutes les familles de monocotylédons autres que les Graminées et les Cypéracées, enfin pour les familles de dicotylédones, les collections spéciales seront payées à raison de 50 fiancs le cent. Ces prix pourront être diminués fortement, au moins de moitié, pour les personnes qui prendront un grand nombre d'échantillons de chaque espèce. Ces personnes devront traiter, pour cela, directement. Les souscripteurs recevront les échantillons les mieux choisis. On pourra s'entendre sur le prix auquel seront payés les objets autres qu'échantillons séchés, comme bois, fruits, graines, fleurs, etc., conservés dans l'esprit-de-vin. Les souscripteurs aux premières collections de M. Zollinger qui souscriront a celles dont il est question ici ne seront pas forcés de recevoir ni de payer les espèces (ju'ils auront déjà reçues. Le représentant de M. Zollinger, à qui doivent être adressées toutes les demandes, est M. Reichenbach iils, professeur au Mauricianum, a Leipzig. — La Société botanique de Londres a formé dans son sein un comptoii- d'échange de plantes avec les étrangers, sous le nom de Forcign Exclimigc J^O SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Club. Pour faciliter ces éclianges, elle a publié, il y a quelques années, le catalogue des espèces qu'elle peut offrir à ses correspondants. Ce catalogue a eu déjà quatre éditions. Un exemplaire de la quatrième édition vient d'être envoyé à la Société Botanique de France, avec une liste manuscrite des espèces françaises que le Foreign Exchange Club désirerait recevoir en écliange de ses plantes. Ces deux pièces sont déposées au secrétariat de la Société, rue du Vieux-Colombier, 24, où l'on pourra les consulter le lundi, le nsercredi et le vendredi de cbaque semaine. Voici, du reste, les conditions que la Société botanique de I.ondres met à ses échanges, telles que les indique une lettre de IM. John S. Syme : 1. Les botanistes étrangers peuvent devenir membres de la Boianical Society of London, en exprimant le désir de faire avec elle des échanges de plantes. 2. Ils sont priés d'envoyer une liste de desiderata en plantes britanniques, ou d'indiquer de que! pays ils désirent des plantes. 3. La Société leur enverra les échantillons ({u'elle possède au moment de la demande, ainsi que la liste de ses propres desiderata en plantes des pays qu'habitent les membres étrangers. h. De leur côté, les membres étrangers doivent envoyer les plantes, comprises parmi les desiderata de la Botanical Society, dont ils peuvent disposer. 5. Il est bon de demander les plantes britanniques au commencement de l'année, la Botanical Society en étant alors plus richement pourvue. 6. En ce moment, la Société de Londres peut offrir, outre les plantes britanniques, des espèces du cap de Bonne-Espérance, d'Amérique, et même d'Austialie, celles-ci en nombre moindre. 7. S'adresser à M. John S. Syme, curator of the botanical Society, 20, Bedfort Street, Covent Garden, London. — Nécrologie. — Dans la nuit du 2U février est mort Charles Antoine V. Meyer, directeur du jardin botanique impérial de Pétersbourg. La répu- tation de ce botaniste est basée sur sa collaboration avec Ledebour et Bunge a la Flora altaïca, sur de nombreux écrits relatifs à la botanique, ainsi que sur ses voyages dans le Caucase et son ascension de l'Elbrouz, en 1829. 11 était ué à Vitepsk, mais de parents allemands. BIBLIOGRAPHIE. VerliaiMlliingen «les zoologisch-botanischen Vereins in lYieii {Mémoires de l'Union zoologico-botanique de Vienne)^ vol, IV, an. 1854. Vienne, in-8'' de 122 et G28 pag. et XI planches, en commis- sion, chez A. Brauraueller. Ce volume est divisé eu deux parties : la première est consacrée au REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. . IZll compte rendu des séances de l'Union zoologico-hotanique ; elle a 122 pages ; la seconde comprend les Mémoires présentés à l'Union ; c'est la plus étendue des deux ; elle n'a pas moins de 628 pages. Voici le relevé des notes et mémoires sur la botanique imprimés dans le volume. 1" Comptes bendus des séances. Séance du 1" février 185i. — M. Mayer de Pernebyk : Ueber Maclura aurantiaca (Sur le Maclura aurantiaca), p. 12. — Séance du k mars. — D' ^Stur : Ueber Sisyi^incldwn unceps (Sur le Sisyrinchiuni anceps), p. 16. — Séance du 5 avril. — D"" F. Unger : Fossile Conileien (Conifères fossiles), p. 23. A. Senonner : Ueber botanische Abbildungen in Na- turselbstdruck (Sur les figures botaniques obtenues par l'impression natu- relle), p. 35. — Séance du 3 mai. — Docteur K. Fenzl : Ueber Aehrchen- Schuppcn von Cyperus (Sur les écailles de l'épiliet des Cyperus), p. 61. R. V. Heufler : Flora Tirols von Freih. v. Hausmaun (Sur la Flore du Tirol, par M. Hausmann), p. 65. — Séance du 5 juillet. — D'' A. Ker- ner : Erfahrungen ueber die Weinlese (Expériences sur la vendange), p. 85. F. Vucotinovicbde Rreuz : Neue Viola (Nouvelle Violette), p. 91. — Séance du 6 décembre. — F. Bayer de Pesth : Zur Flora von Oesterr. Schlesien (Additions à la flore de la Silésie autrichienne), p. 118. 2" IMÉMOIRES. J. Ortmann. Bemerkungen ueber niederoesterreichische Pflanzen (Re- marques sur quelques plantes de la basse Autriche), p. 9-14. Alois Pokorny. Vorarbeiten zur Kryptogamenflora von Unter-Oester- reich (Prolégomènes d'une flore cryptogamique de la basse Autriche), p. 35-168. Ce grand Mémoire comprend une introduction et deux parties. La première partie, intitulée : Révision de la littérature, est consacrée a une énumération systématique de tous les auteurs qui ont écrit sur les Cryptogames de la basse Autriche. Cette liste ne présente pas moins de 57 numéros, qui, en déduisant les doubles emplois, appartiennent à trente auteurs différents. La seconde partie, qui est naturellement la plus consi- dérable des deux, est intitulée : Enumération systématique des Crypto- games de la basse Autriche mentionnées jusqu'à ce jour par les auteuis. Elle comprend 1,218 numéros, qui correspondent à tout autant d'espèces. .T. -G. Béer. Versuch einer Eintheilung der Bromeliaceen ( Kssai d'une division des Broméliacées), p. 185-188. F. Pluskal. ÎNachtrag zur Phanerogamenflora von Lomnitz (Complément à la flore phanérogamique de Lomnitz), p. 197-200. J.-G. Bekr. Funktion der Luftwurzel der tropischcn Orchidcen (Fonc- ions des racines aériennes des Orchidées tropicahs), p. 211-212. l/l2 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRAiNCIi. A. Kernek. Beitrag zur KeniUiiiss der Flora des Muehivierlels (Note relative à la flore du Muehlviertel), p. 213-220. H.-W. Reichardt. Verzeichniss aller von Herrn J. Ch. Neumann in lioehmen gesammelten Pflanzen (Liste de toutes les plantes recueillies en Bohême, par J.-Cb. Neumann, dressée d'après son herbier), p. 253-284. Cette liste comprend 853 espèces, dans lesquelles il y a 199 Cryptogames. Gkobo FRAUENFEr.D. Aufzaehiung der Algen der dalmatinischen Rueste (Énumération des Algues des côtes de la Dalmatie), p. 317-350. — N. B. Cette liste a été dressée d'après une collection de M. Vidovich, de Sebeuico, a laquelle l'auteur a joint des matériaux de son propre herbier, et ceux d'une collection formée par M. P. Titius, et qui se trouve dans l'herbier de l'Union. Les genres y sont rangés par lettre alphabétique : ils sont au nombre de 113. AuG. ^EiLRE\cH. Vehev Acoiiitum Stoerkianum, Rcbc. [Suv VAconitunt ^toerkianum, Rcbc), p. 535-540. Slooker's Jo«ii*iial of îîottasBy and Î4ew Garden Miscellaaiy {Journal de botanique de M. Booker et Miscellanées du jardin de Ketv) ; publié par sir William Jackson Ilooker, directeur du jardin royal bota- nique de Kew. Articles originaux publiés en 1854 (suite et fin). John Smith. — Observations on a remarkable Cycadaceous Plant from Port-Natal (Observations sur une Cycadée remarquable de Port-Natal), p. 88-90. W. J. Hooker. — On the Argan-tree of Marocco (Sur l'Argan du Maroc, Argania Sideroxylon), p. 97-107 ; pi. III, IV. M. J. Derkeleij. — Décades of Fungi (Décades de Champignons), p. 127- 143, pi. Vil, Vlll, p. 161-174, 204-212, 225-235. W. H. Harvey. — Short characters of three new Algae from the shores of Ceyion (Caractères succincts de trois nouvelles Algues des côtes de Ccy- lan), p. 143-145, pi. V, VI. W. H. ^arye//. — Notes on the boîany of King George's Sound (Notes sur la botanique de la baie du Roi Georges), p. 180-184. G. Bentham. — Notes on North brazilian Gentianeœ, from the collections of M. Spruce and sir Robert Schomburgk (Notes sur les Gentianées du Bré- sil septentrional, qui se trouvent dans les collections de M. Spruce et de sir Robert Schomburgk), p. 193-204. W. II. Harvcij. — Notes on the botany of Cape Riche (Notes sur la bota- nique du cap Riche, dans l'Australie occidentale), p. 217-219. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 1/j3 G. Bentham. — On thetree supplyingthe Sabicv wood of Cuba (Sur l'arbre qui fournit le bois de Sabicu de Tile de Cuba), p. 2-35-237. C. It. Nesbitt. — Vegetable fibres of tbe Bahamas (Fibres végétales pré- parées dans les iles Babama; lettre adressée à M. W. J, Hooker), p. 237- 2Zi'l. Berthold Seeman. — Revision of the gênera Cresccntiu, Parmeiitiera and Kigelia (Révision des genres Crescenlia, Parmenticra et Kiyelia), p. 269- 277. C. J. Millier. — Extract of a letter dated Patna, october 28, 1853, relating to préparations from Cannabis saliva in India; adressed to 1)'' Hooker (Extrait d'une lettre datée de Patna, 28 octobre 1853, relative aux pré- parations obtenues dans l'Inde du Chanvre cultivé, adressée au D"" Hoo- ker), p. 277-279. ./. D. Hooker. — On some species of Amomum, collected in western tropi- cal Africa by D"" Daniell (Sur quelques espèces A' Amomum recueillies dans l'Afrique tropicale occidentale, par le docteur Daniel!), p. 289-297. G. Bentham. — On the nordth Brazilian Euphorbiacese in the collections of M. Spruce (Sur les Euphorbiacées du Brésil septentrional qui se trouvent dans les collections de M. Spruce), p. 321-333, 363-377. Bichard Spruce. — Extract of a letter relating to vegetable oils, etc., dated San Carlos del Rio Negro, Venezuela, 19 th. march, \S5U (Extrait d'une lettre relative à des huiles végétales, etc., datée de San Carlos, du Rio Negro, Venezuela), p. 333-337. G. Bentham. — On Henriquezia verticillata, Spruce; a new genus oï Bi- gnoniacea;, from the Rio Negro, in North Brazil ;Sur V Henriquezia ver- ticillata, Spruce, nouveau genre de Bignoniacées, du Rio Negro, dans le Brésil septentrional), p. 337-339. John Macgillivray. — Letter from, dated Sydney, march 3rd, 1854 (Lettre datée de Sydney, 3 mars 1854), p. 353-363. J. D. Hooker et T. Thomson. — On Maddenia and Diplarche, new gênera of Himalayan plants (Sur \q Maddenia et le Diplatrhe, nouveaux genres de plantes de l'Himalaya), p. 380. Berthold Seemann. — Note on the gênera Streptostigma, Regel, and Strep- lostigrna, Thwaites (Note sur les genres Streptostigma, Regel, et Strcp- tostigma, Thwaites), p. 384. Flora oiler allj8:eiikeiiie B)otani!§cl»e Zeittin;^ , herausgegeben von der Kœnigl. bayer, botanischen Gesellscliaft zu Regensburg {Flora, ou Journal botanique général, publié par la Société royale bavaroise de lllll SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. botanique, siégeant à Ratisbonne). 12* année, 1" et 2'= tomes de la nou- velle série, ou 33* année et 1*'' et 2* tomes de la série entière. Articles originaux publiés en 185i (suite). Wimmer. — Zwei neue Arten ans der Flora der Schweiz (Deux nouvelles espèces appartenant à la flore de la Suisse : Carex Laggeri, Salix Laggeri), p. 161-162. Th. Guembel. — Beitrag zur Moosflora des bayerischen Waldes (Addition "à la flore bryologique de la Forêt bavaroise), p. 179-183. Krempelhuber . — Lichenologisciie Beobachtuugen auf einer Wanderung durch den bayeriscben Wald (Observations lichénologiques faites pen- dant une excursion dans la Forêt bavaroise), p. 193-202, 209-223. F. Schultz, de Weissenburg. — Drei Bastardarten aus der Gattung Mentha (Trois by brides du genre i)/en^//a), p. 225-227. Guembel. — Die Wurzelblaetter von Hanunculus Flammula, durcb das Mikroskop entdeckt (Les feuilles radicales du Banunciilus Flammula découvertes à l'aide du microscope), p. 228-230. Eisenbarth. — Ueber die Vegetationsverbaeltnisse der noerdiichen Umgebung von Muencbeu, zwiscben der Amber und Isar (Sur la végétation des environs de Municb, au nord, entre l'Amber et llsar), p. 2Zil-255. W. Hofmeister. — Ueber die BefruclituDg der Farrnkraeuter (Sur la fécondation des Fougères), p. 257-259. C. H. Schultz Bipont. — Zollingeria, eine neue Gattung der Artemisieen [Zollingeria, nouveau genre d'Artémisiées), p. 273-275. Joh. Heiiffel. — Ueber einige verwechselte Arten der Flora Ungarns (Sur quelques espèces méconnues de la flore de Hongrie). 1. Saxifraga Flitt- neri, Heuff. 2. Oenanthe banatica, Heuff. 3. Symphyandra Wanneri, Heuff. — P. 289-293. K... — Die licbenologischen Scbriften der Herrn Prof. Massalongo zu Verona (Sur les écrits licbénologiques du professeur Massalongo, de Vérone), p. 305-320. Sendter. — Die Suedbayerischen Hieracien (Les Hieracium de la Bavière méridionale), p. 321-335, 337-3/i6, 353-365. Leybold. — Ranunculus minutas und Artemisia norica in den oestlichen Centralalpen [Ranunculus minutus et Artemisia norica dans l'est des Alpes centrales), p. 369-370. Paris, — Iiii|>rirnerie de L. Martinet, rue .Mignon, i. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. SËANCK DU MARS 1855. PRÉSIDENCE DE JI. DECAISSE. 31. de Scliœnefeld, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 23 février, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. le Président proclame l'admission de : M. Mackenna (Benjamin-Vicunna), du Chili, actuellement à Paris, rue Madame, hO, présenté par MiAl. Bureau et Viaud- Grandmarais. M. le Président annonce, en outre, cinq nouvelles présentations. Dons faits à la Société : 1" ParM3I. Puel et ftlaille : Cotaloguede Vherhierde Syrie, publié par AI\f. J. Blanche et C. Gail- iardot, fascicule 2. 2» De la part de 31. Vital Bavoux : Notice sur quelques plantes du département du Doubs. 3° En échange du Bulletin de la Société : L'Institut, février et mars 1855, deux numéros. M. de Schœnefeld, secrétaire, donne lecture de la communication suivante adressée à la Société : NOTE SLT. FN MODE DE MULTIPLICATION DU COSVÛLVULUS SEPWM, L., pnr M. I>.tSjtT. Moissac, 24 février 1855. Si l'on voulait étudier les végétaux au point de vue seulement de leurs modes de reproduction, on pourrait en faire trois catégories : T. H. 11 illQ SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. La première comprendrait ceux qui se reproduisent exclusivement au moyen de germes ; La seconde, ceux dont les germes avortent normalement et qui ne se re- produisent que par division ; Enfin, dans la troisième, viendraient se ranger toutes les espèces dont la reproduction a lieu tout à la fois par germes et par division. Dans cette dernière catégorie rentrerait le Convolvulus sepium, L., d'après une observation que j'ai faite cette année et que je crois nouvelle. Si elle est déjà consignée dans les archives de la science, ces lignes auront peu d'intérêt, sans doute, mais elles prouveront du moins que celui qui les a tracées tient à honneur de concourir à l'œuvre entreprise par les bota- nistes fiançais. La tiwe du Liseron des haies, comme celle d'une foule d'autres plantes, est souterraine. Vers le milieu du printemps, les bourgeons qu'elle a pro- duits l'année précédente prennent de l'accroissement et se développent en rameaux aériens. Ces rameaux sont de deux sortes : les uns s'enroulent sur les végétaux voisins et se couvrent, en été, de fleurs et de fruits ; les autres restent couchés sur le sol et ne portent que des feuilles; on les dirait frap- pés de stérilité. Cependant, il n'en est point ainsi : lorsque, après les pre- mières pluies du mois de septembre, ou observe un de ces rameaux, on remarque que son extrémité supérieure s'est courbée vers la terre et y a pénétré a une profondeur de 1 à 3 centimètres. Bientôt le bour- geon qui le termine semble se dédoubler, et deux nouveaux rameaux se développent presque parallèlement. Ces rameaux souterrains sont plus épais que celui qu'ils terminent ; ils sont d'une couleur blanchâtre et d'une con- sistance charnue ; leurs articulations sont très marquées ; elles portent de très petites feuilles blanchâtres et charnues, de la même forme que les feuilles aériennes, et, à l'aisselle de chacune d'elles, se voit un bourgeon plus ou moins bien formé, mais parfaitement distinct. Vers le mois d'octobre, ces rameaux ont de 8 a 10 centimètres de lon- llongées tout à fait analogues à celles de l'épiderme de l'axe. Cet (1) La des plus riches de l'Ailemagne, Therhicr de M. Soiulor renferme entre autres une des colleclions les plus complètes qui existent de Pimmcnse série végé- tale qui a été rapportée du cap de Bonne-Espérance par M. Drège. 174 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. appendice est creux à l'intérieur, tandis que l'axe est solide. Dans plusieurs espèces {Holcus lanatus, Holcus annuus), la fleur en état de maturité, se détachant de l'axe, reste souvent fixée par un petit filet transparent à l'ex- trémité recourbée de l'éperon. Cette circonstance a fait croire à M. Baiansa qu'il y avait ici deux axes soudés, dont le plus fort appartenait à une fleur qui, normalement, devait toujours avorter. Mes recherches, fréquemment réitérées et exécutées avec le plus grand soin, m'ont persuadé que cela n'est pas le cas, et que cette adhérence par le petit filet est simplement un effet de la structure des couches corticales de l'axe et de l'éperon son appendice. On verra, d'ailleurs, que cette hypothèse du dédoublement de l'axe n'est nullement appuyée par la fleur supplémentaire de Y Holcus setiger, dont je vais donner une description détaillée. Tels sont les faits généraux de la structure florale dans le genre Holcus; quant à V Holcus setiger, en particulier, c'est une plante annuelle, cespi- teuse, fournissant plusieurs chaumes grêles, dressés, variant de 13 à 50 cen- timètres de longueur et velus au-dessous de leurs nœuds. Feuilles molle- ment velues-pubescentes. Gaines allongées, les supérieures un peu renflées, velues comme les feuilles. Ligule membraneuse, tronquée, ciliée-dentée. Panicule contractée à rameaux pubeseents. Kpillets pédicellés, ovoïdes, comprimés, contenant normalement deux fleurs. Glumes presque égales, pubescentes, l'inférieure oblongue, uninerviée, aiguë-allongée, la supérieure plus large, ovoide, trinerviée, prolongée en une longue arête qui dépasse quelquefois le double de la longueur de l'épillet. Fleurs dépassées par leurs glumes. L'inférieure hermaphrodite, pédonculée , mutique^ la su- périeure mâle, beaucoup plus petite que l'autre, portant une arête ge- nouillée, un peu rude au-dessous de son sommet. La première a deux paillettes; l'inférieure ovoïde, un peu carénée, quinquénerviée, lisse; la supérieure binerviée, bicarénée , à carènes ciliées, le sommet denticulé. Squamules deux, lancéolées ; étamines trois; anthères linéaires ; ovaire glo- buleux; stigmates terminaux, sessiles, plumeux. Caryopse oblong, com- primé, lisse. La fleur supérieure reste très rudimentaire et se montre souvent réduite aux deux paillettes, dont l'inférieure est munie d'une arête dorsale. Après cette description de la plante normale, il me reste à dire quelques mots sur l'épillet à trois fleurs. Cette troisième fleur se trouve dans l'aisselle de la glume supérieure, sa paillette inférieure qui regarde celte même glume (sa feuille-mère), qui tourne par conséquent le dos à l'axe de l'épillet, est membraneuse, ciliolée vers son sommet, binerviée et bicarénée, à carènes ciliées. La paillette supérieure membraneuse carénée, uninerviée, squa- mules nulles. Deux étamines, qui sont placées des deux côtés de l'ovaire stérile, ovoïde, à deux stigmates plumeux. Celte fleur a donc une organisa- tion tout à fait différente des fleurs des Graminées connues jusqu'ici. Il y a plusieurs genres {Anthoxanthwn, /ieynaudia, Phalaris) qui présentent la SÉANCE DU 23 MARS 1855. 175 paillette supcrieure uniiierviée, mais la paillette inférieure binerviée et les étaraiues, qui sont au nombre de deux, forment un singulier contraste avec les fleurs normales de notre plante et de la plupart des Graminées. La 1. Un èp'MrUrittwc d'IIolcus setiger. 2. Le nii'mo (■iiiHi'l ilnnt on a ôlé les ghinies : a. le nuliineiit de la glume inférieure; 6. celui ile la gliiuio supérieure. La tk-ur supplémentaire se trouve dans l'aisselle de la glume supérieure. 3. Le diagramme de l'épillet. La fleur supplcmentairo n'a que deux étamines. 4. La fleur supplémentaire ouverte, 5. La paillette supérieure uninerviée de celte fleur. G. La paillette inférieure Ijincrviéc. fleur normale en état de maturité reste aussi fixée au sommet recourbé de l'éperon ; la llcur supplémentaire, cependant, a son propre pédoncule très 176 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. court, en effet, mais parfaitement perceptible, qui ne peut pas, d'ailleurs, être confondu avec le pédoncule de la fleur fertile, qui est bien plus long. Comment expliquer le phénomène delà fleur supplémentaire? Sa paillette inférieure me parait être la préfeuille d'un rameau floral naissant à l'aisselle de la giume supérieure ; ce rameau ne porte qu'une seule feuille repré- sentée par une paillette uninerviée et se termine par la fleur imparfaite, composée de deux étamines et de l'ovaire stérile. Comparée à la fleur fer- tile normale de l'épillet, la glume supérieure jouerait ici le rôle de la paillette inférieure, et la paillette binerviée correspondrait à la paillette supérieure de la fleur normale. La paillette supérieure de la fleur anomale serait, pour ainsi dire, un organe surnuméraire, puisque normalement le rameau floral ne porte que sa préfeuille, car il ne me parait pas probable que cette pail- lette uninerviée soit le produit de la soudure de deux squamules, à cause de sa nervure médiane et de sa grandeur. M. Cosson demande à 31. Grœnland s'il ne serait pas disposé à con- sidérer l'éperon situé à la base de l'axe qui supporte la première fleur des Holcus, comme un prolongement celluleux du callus. Cet éperon a paru à M. Cosson, dans toutes les espèces qu'il a été à même d'examiner, se continuer directement avec cette partie de la glu- melle inférieure. 31. Grœnland ne se prononce pas d'une manière absolue à cet égard. Il faudrait pour cela avoir suivi le développement complet de la plante. Le tissu de l'appendice ne difl'ère pas de l'épiderme de l'axe. 31. Weddell demande à 31. Cosson comment il explique la décur- renco du callus. 31. Cosson répond que l'éperon est exclusivement celluleux et n'est qu'une décurrence de l'épiderme de l'extrémité inférieure du callus. 31. Gay ajoute que le fait de V Holcus setiger étant isolé, la décou- verte en appartient sans conteste à 31. Grœnland. 31. le comte Jaubert donne lecture d'un 3Iémoire intitulé : Sur ren- seignement de la Botanique. 31. Cosson donne lecture à la Société d'une lettre adressée par M. le docteur Reboud à 31. Durieu de 3Iaisonneuve sur les récoltes botaniques qu'il a faites pendant l'expédition de Tuggurt (1). (1) L'extrait de ceUe lettre sera publié dans le compte rendu de la séance du 13 avril, pour être annexé à une communication de M. Cosson sui' les plantes re- tueillies par M. Rebond dans son voyage. SÉANCE hv 23 MAi'.s 1855. i77 M. LaboLirel fait à la Société la communication suivante : NOTE SUR UN CARACTÈRE DIFFÉRENTIEL POUR SERVIR A L'ÉTUHE DE LA FAMILLE DES CACTÉES, par M. J. LABOrREl". Jusqu'à ce jour, les i';u'i'Ctères spécifiques adoptés pouf différencier les espèces de Cactées les unes des autres dans un même genre, ont été tirés du nombre des côtes, de leur forme, du nombre, de l'inserlion et delà couleur des aiguillons. Je me suis proposé, dans celte note, d'examiner à un point de vue nouveau le caractère relatif au nombre, des aiguillons, etspécialeraent celui qui est relatif à leur mode d'insertion. On a remarqué que, dans V Echinopsis formosa, l'évolution de l'aréole est continue; qu'après avoir été déplacée du sommet de la plante par les aréoles nouvelles elle continue à végéter et montre pendant longtemps de nouveaux aiguillons. Dans un article de V AUgemeine Gartenzeituncj deMIM. Otto et Dietricb, de l'année 1853, M. Poselger fait remarquer que « dans les plaines arides, ') exposées au soleil, où il tombe peu de pluie, la tige de ces plantes se rata- » tiue, le nombre et la longueur des aiguillons augmentent singulièrement. » Plus loin il ajoute que le nombre des côtes varie également. Les faits que je viens de citer se produisent sur un grand nombre de plantes, particulièrement sur ([uelques Echinucactus des sections Stenogoni et Gibbusi, sur la plupart des Echinopsis, Cereits, Opuntia et Peirescia. J'ai remarque que, sur un grand nombre de plantes, l'évolution de l'aréole s'opère d'un seul coup, c'est-à-dire que tous les aiguillons apparaissent simultanément comme des petites pointes qui percent le duvet qui garnit les aréoles, bien que les aiguillons infériiurs atteignent leur entier déve- loppement avant les autres. Cette simultanéité dans l'apparition et cette inégalité dans la durée du développement se remarquent particulièrement sur les plantes du genre Mamillaria. i Sur d'autres plantes, celles des genres Echinopsis, Cereus^ Opuntia et Peirescia, dans les groupes cités du genre Echinocactus, l'évolution de l'aréole présente plusieurs périodes. Un certain nombre de points annoncent la premièi-e apparition des aiguillons; pendant qu'ils se développent ou après leur développement, une seconde série de points se montre , et de même, après l'apparition de cette série, il s'en présente successivement une troisième, une quatrième, etc. Sur certaines plantes, j'ai remarqué jusqu'à sept stratmn qui se sont montrés successivement. En un mot, il est constant pour moi que ces plantes présentent, les unes des aréoles à slmftim uni(|ue dont les parties se développent simultanément et avec plus ou moins de rapidité; que d'autres prc'sentent des stmtuni successifs, dont les parties se développent aussi sinuiltanéaient et avec plus T. II. 13 178 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. OU moins de rapidité. Ces stratum se présentent les uns après les autres, soit avant que le dernier ait atteint son entier développement, soit après. Les faits relatifs au dédoublement ou à l'avortement de quelques aiguil- lons me paraissent anormaux et peuvent toujours être appréciés par la loi de compensation. Ces diverses observations montrent la difficulté d'apprécier le nombre des aiguillons, et l'insuffisance delà connaissance du nombre des aiguillons d'un stratum, comme caractère différentiel : car en prenant ce nombre il arrivera que deux aréoles d'un même sujet seront différenciés, qu'une mère et la gemme qu'elle a produite constitueront deux espèces distinctes diffé- renciées par les nombres divers de leurs aiguillons. Afin de sortir de ces complications, j'ai cherché s'il existe un caractère auquel on puisse reconnaître que l'évolution est terminée, que l'aréole ne donnera plus d'aiguillons. Pour cel.'i j'ai étudié un très grand nombre de plantes dont les têtes avaient été coupées afin d'obtenir des gemmes pour la multiplication. J'ai observé que l'aréole donne une gemme; quelquefois simultanément deux, mais jamais deux successivement ; que la plante mourait ou donnait une nouvelle tige partant d'une aréole voisine du collet ou du prolongement d'un des faisceaux tronqués de la base médullaire, sans qu'une aréole pût devenir prolifère une seconde fois. Les gemmes se présentent assez indistinctement sur les aréoles qui ont montré partie ou totalité de leurs aiguillons; mais une fols la gemme formée, le nombre des aiguillons n'a jamais varié. Les mêmes circonstances se sont présentées pour les fleurs et pour les gemmes produites sur les plantes normales. J'en conclus que le développement d'une gemmp ou d'une fleur arrête l'évolution de l'aréole; mais on ne peut en conclure qu'elles indiquent la fin de son évolution, puisque ces développements se produisent sur des aréoles présentant des nombres inégaux d'aiguillons. Kn comparant des aréoles florifères et des aréoles qui étaient station- naires depuis longtemps, le fait le plus caractéristique, quanta la limite de l'évolution de l'aréole, se trouve dans la symétrie ; ainsi une de nos plantes les plus remarquables, Eddnocactus Monvilli, montre bien cet état sta- tionnaire quand l'insertion des aiguillons supérieurs et inférieurs est symétrique. Un fait que je noierai ici en passant, parce qu'il est en dehors de ceux observés, c'est une insertion florale intra-apicillaire sur deux espèces. Une autre circonstance qui peut aider dans beaucoup de cas, c'est l'alté- ration dans la force et la forme des aiguillons qui terminent l'aréole; géné- ralement, ils s'aplanissent et présentent leur face plane vers le centre de l'aréole. SÉANCE DU 23 MARS 1855. 179 N'ayant pas de caiacteies absolus pour lixer la limite de l'évolution des aréoles, J'ai cherche si dans rinsertion et le nombre des aiguillons qui com- posent une aréole il existe certaines lois qui permettent d'arriver au même but par des observations indirectes. J'ai choisi des plantes qui, dans un état normal, donnaient des gemmes, et j'ai comparé entre elles les aréoles de ces gemmes avec les aréoles nou- velles et anciennes de la plante-mère. J'ai toujours trouvé sans exceptions, sauf les cas de lésions manifestes, que le premier stratum se présente toujours identiquement le même pour le nombre et l'insertion des aiguillons ; Que les stratum de mêmes rangs sont éga